‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 61 sur 65 · PLANCHE XXXVIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXVIII

Les vases peints, nommés long-temps vases Étrusques , et ensuite vases Grecs et Campanieng; ont été illustrés principalement dans ces derniers temps par des ouvrages, où Ion a réuni le luxe typographique^ la pureté 4u hujm, et l'érudition la plus étendue (i). Çes monunxens. plaisent généralement par l'élégance et la variété de leurs formes^ ils intéressent les artistes et les chimistes par leur compo^ sition ; les sujets de la fable et de l'histoire héroïque qui y sont représentés , ainsi que ceux qui ont rapport aux mœurs et aux usages des anciens , offrent un vaste champ à l'étude et aux recherches des savans. , ,

Les vases peints sont d'un grand prix aux yeux des amateurs; on en trouve dans la Grèce et dans l'Italie, principalement à I\ ola, Gapoue, Santa Agatha, dans la Fouille, etc. Ceux que l'on découvre dans le voisinage d'Athènes son^ le plus souvent d'un petit volume , avec des figures d'ancien style Grec et de couleur noire sur un fond rouge clair. U existe des collections nombreuses et intéressantes de vases peints en Italie , en Angleterre , en Allemagne et en Russie; il n'en reste plus en France de remarquables que celle de M.E. Durand, dans laquelle nous avons choisi pour ltspu* blier ceux qui sont gravés dans cette planche , et qui sont inédits, et la collection de M. Tochon d'Annecy, qui est moins nombreuse que la première, mais aussi riche en sujets d'érudition^ et dont Je Recueil sera bientôt publié par le possesseur.

(i) Montfaucoa, Caylus , Passer! , Gori , d'Hancanrille ; Derapster , Tischbeio, M. MïIIld , M. le comte de Laborde, M. MaUooueuTO, eic

I ET IL

L'événement le plus remarquable des temps héroïques est, si Ton en excepte la guerre de Troyes , 1 expédition des Argiens contre les Thébains , 33 ans avant la ruine dllium, 461 ans avant la fondation de Rome, et environ 1 236 avant Jésus-Christ.

Œdipe, ayant découvert le crime dont il a etoit involontairement souillé en épousant sa mère, se creva les yeux de désespoir. Chassé de Thèbes par ses fils , il se retira à Colonne où il mourut. Etéocle etPolyniceétoient jumeaux j Us convinrent de régner alternativement; mais Etéocle, qui occupa le trône le premier, ayant refusé de le rendre à son frère, celui-ci se retira chez A ciras te , roi d'Argos, qui lui donna en mariage Argie, Tune de ses filles ; l'antre, nommée Déiphile , épousa Tydée , fts d'Oénée , roi de Calydon en Étolie, qui s etoit dans le même temps réfugié à la cour -d'A-rgos. Adraste îe députa vers Etéocle pour le sommer de remplir la convention faite avec Polynice; et sur un nouveau refus , il lui déclara la guerre ; Tydée à son retour fut «attaqué par une troupe de Thébains qui s'étoient mis en embuscade sur son passage , mais il les tailla en .pièces "jusqu'au dernier.

Adraste partageoit la souveraineté de l'Argolide avec le devin Amphiaraùset Jphis; il ne pouvoit rien entreprendre d'important sans leur consentement; il obtint aisément -celui d'Ipnis , mais Amphâaraûs, instruit par son art du sort qui l'attendoit devant Thêbes , se cacha pour éviter de s'y rendre. Polynice. en offrant à sa femme Eriphile un collier *Tor, riche présent fait à Harmonie par «Vulcain, obtint d'elle le secret de la retraite d'Amphiai aus : forcé de par-

tir , il voulut du moins se venger de la trahison de sa femme, et ordonna à son fils Âlcméon de la tuer aussitôt que le bruit de sa mort lui seroit parvenu ; ce fils dénaturé se conforma en effet à cet ordre barbare.

Les chefs de l'expédition contre Thèbes furent, Adraste, Amphiaraûs, Capanée et Hippomédon, qui étoient Argiens, Polynice né à Thèbes, Tydée dans l'Étolie et Parthénopée dans l'Arcadie; Pausanias dit qu'ils étoient en plus grand nombre , et quelques auteurs , entr autres Eschyle dans sa tragédie des sept chefs devant Thèbes , ne font point mention d'Adraste, et mettent à sa place Étéoclus, fils d'Iphis. L'armée des Argiens étant arrivée du fond du Péloponèse dans la Béotie, rencontra les Thébains au bord du fleuve Ismène. Un grand combat fut livré; mais ces derniers plièrent, et cherchèrent une asyle derrière leurs murailles. Les Argiens mirent le sièÇe devant Thèbes, que Pindare nomme Heptapyle à cause de ses sept portes, et dont ils confièrent l'attaque à chacun des sept chefs. Cette entreprise ne fut pas heureuse; Capanée, qui* le premier avoit escaladé les muràilles , en fut renversé, et périt accablé de pierres et percé de flèches. C'étoit un impie qui bravoitles Dieux, et se vantoit de ne pas craindre la foudre plus que la chaleur du Midi ; ce qui a fait dire aux poètes que le maître du tonnerre le foudroya pour le punir de son impiété. Hippomédon fut tué par lsménus; alors les deux frères, impatiens de terminer leur querelle, convinrent de se battre seuls ; leur acharnement etleur fureur leur firent recevoir presqu'en même temps de la main N&n de l'autre le coup mortel qui termina leur vie comme elle avoit commencé, au même instant. Cette double perte ranima les deux partis qui en vinrent aux mains de nouveau. Les

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Argiens furent vaincus ; Tjdèe fut blessé à mort par Menalippe , Parthénopée périt de la main d'un autre fils d'Astacus ; on ne put retrouver le corps d'Amphiaraùs , ce qui fit dire qu'il avoit été englouti vivant; on l'adora dans la suite comme un dieu, et on institua des fêtes en son honr neur. Adraste revint seul à Argos avec les débris de son armée , et dix ans après il engagea les (ils des chefs qui avoient péri à venger leur mort. Cette expédition, qui futnoinmée des £pigones, (nés après ) , fut aussi commandée par sept chefs : Egialée, fils d'Adraste; Thersandre, fils de Polynice; Polydore, fils d'Hippomédon ; Promachus, fils de Parthénopée ; Alcméon , fils d'Amphiaraùs ; Diomède , fils de Tydée , et Sthénelus , fils de Capanée. Les Thébains furent vaincus , et Thersandre monta sur le trône de Béotie; Egialée seul périt, et sa mort causa celle de son père qui avoit régné plus de cinquante ans.

Les poètes et les historiens ont célébré la première expédition des Argiens contre Thèbes ; Eschyle en a fait le sujet d'une tragédie, et Stace celui d'un poème épique en douze chants.

On reconnoît aisément sur notre vaseN.° I les sept chefs Argiens au moment de leur départ. Pausanias dit ( Béotiq. ) qu'Adraste eut pour auxiliaires dans cette expédition, les Messéniens et les Arcadiens. Les trois boucliers ronds caractérisent les Argiens et leurs alliés; nous croyons reconnoitrePolynice dans le guerrier qui est debout , sans casque, la téte ceinte du bandeau royal y avec une épée passée dans un baudrier, et une cuirasse courte et serrée qui prend exactement la forme de son corps; c'est le seul des chefs auquel convient le bouclier Béotien que lui présente Minerve , et qui semble indiquer que c étoit pour lui que la

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gtièire'^tbif ^fltreprisie. Le vieillard assis , vêtu d'une tonique et ddh manteau , et appuyé sur un bâton, pourroit être Araphiaraus , dont les chefs debout devant lui s'efforcent de vaincre la résistance. Cinq de ces (guerriers ont des "chèques à visière,1 <et avec idée couvre-joues ( Vmnurmpu ) tiéneïasteres \ Homèrer (IHadt XTII 394) dit que le casque (THfypdthfcus a dès joues d'airain ( KakurKapiw ) ; tous ont les jambes couvertes de cnémides.

Dé tous les monumens qui ; ont rapport à l'expédition côntre ïliebes , le beau Scarabée de Stosch.est le plus remarquable. On Jr voit Polybice, Parthéhope*,: Adra^ie* Tydée et AmpbiaraUs, avec leurs noms en caractères Pélasges; on connoît aussi des pierres gravées sur lesquelles on voitTjrdée et Capanée Nwus pensons que le vase de

'terré' dë Noîa avec des figurés noinessur un fond rouge , du cabinet de M. Fauris de saintVinqentà Aix, qne M. lyiillin a Fait graver ( Voyage dans le midi' de la France ^ Tome II , )pag. aaa-), représente anssi cinq des chefe Argiens. Nous regrettons que ^ce savant n'ait pas fait des recherches

' plus étendues sur le magnifique vase du Recueil de M.Mai,son-Nenve ( Tome H. Pl. rg ) qto a beaucoup 4e rapport avec le notre pour le style et la composition ; on y voit , entr a utres anssi / un guerrier armé d'un bouclier, orné d'une jambe tenant à la cuisse. Le vase que nous publions a onze ponces et demi kle hauteur , et cinq pouces de diamètre ç les figurés sont noires sur un fo«d rouge Clair; nous les avons fait copier avec toute l'emctitude possible.

(1) WincLelmann. HUt. de l'art. T. I. Ut. III , c. i. — Catalogue de» pierre» gravée* du baron Ae Stosch.

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III /IV

Ce1 vase est de la mèrti& dmiëhston que le précédent ; mais la peinture y est eti'seus opposé j îe fond est noir- eçt la figure en rouge; on ne peut y uiéconnoîtré là fille du Soleil, qui lé précède, et, de ses doigts de roses ouvrant les portés de l'Orient, dissipeles térièbrés'de laNtiit.fjAtt^ roreest ici vêtue d'uriè longue tunîquëàlàrgesraànenes , et d'un PepJus flottant; maïs tout ce vêtement estirànsparenï, et d'une légèreté aérienne; ses ailes sont étendues , sa tête est ornée du sphindone, elle tient deux vases à trois anses* \ sur lun on lit , KAAE , et sur 1 autre EH2 . de la belle Autorel On aperçoit les traces de l'H qui se trouve eftacé ët *pii commençoit le mot heos. On tnouvë souvent sur les vases peints le mot Kalos Beau, suivi d'un nom propre, et quelquefois seul; on a pensé que o'étoit une acclamation galante, et que ce mot désignoit là personne que Iciti àmVoit. On croit aussi que les inscriptions de çe genre qui sont tracées sur les vases , avoient rapport à leur destination. On trouve dans lé Recueil de M. Maison-Neuve ( T. II. R 34 et 35 ), deux vases sur lesquelles on voit l'Aufore poursuivant lé beau Céphale^ avec cette Inscription : HE£12, KAA02 KE-

QAAOX, en caractères Grecs anciens.

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