‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 114 sur 466 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Que Taveagle à tâtons, au détour <rune ruo,

Près du malade se trouva ; fl entendit ses cris, son âme en fut émue*

Il n'est tels que les malheureux

Pour se plaindre les uns les autres, c J*ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux.

— Hélas! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,

Que je ne puis faire un seul pas,

Vous-même vous n'y voyez pas :

A quoi nous servirait d'unir notre misère?

— A quoi ? répond Taveugle, écoutez : à nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire.

J'ai des jambes, et vous des yeux :

Moi, je vais vous porter; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés, Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais noire amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile em[)loi, Je marcherai pour vous , vous y verrez pour moi. »

FkORIAir.

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