‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 191 sur 466 · Le Vgtieatt. Palais des papes h Kome · texte numérisé non relu

Le Vgtieatt. Palais des papes h Kome

LIIPRB III. 465

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M. Parmentier % qui avait appris à connaître la pomme de terre dans les prisons d'Allemagne, où il n*avait eu souvent que cette nourriture, seconda les vues du ministre ' par un examen chimique* de cette racine, où il montrait qu'aucun de ses principes n'est nuisible. H fit mieux encore : pour apprendre au peuple à y prendre goût, il en cultiva en plein champ, dans des lieux trèsfréquentâ, les faisant garder avec appareil pendant le jour seulement, heureux quand il apprenait qu'il avait excité ainsi à ce qu'on lui en volât quelques-unes pendant la nuit. Il aurait voulu que le roi , comme on le rapporte des empereurs de la Chine, eût tracé le premier sillon de son champ : il en obtint du moins de porter, en pleine cour, dans un jour de fête solennelle, un bouquet de fleurs de pommes de terre à la boutonnière, et il n'en fallut pas davantage pour engager plusieurs grands seigneurs à en faire planter. Il n'est pas jusqu'à Tart de la cuisine raffinée que M. Parmentier ne voulût aussi contraindre à venir au secours des pauvres, en s'exerçant sur la pomme de terre; car il prévoyait bien que les pauvres n'auraient partout des pommes de terre en abondance, que lorsque les riches sauraient qu'elles peuvent aussi leur fournir des mets agréables. Il assurait avoir donné un jour un dîner entièrement composé de pommes de terre, à vingt sauces différentes, où l'appétit se soutint à tous les services.

Mais les ennemis de la pomme de terre, hors d'état de prouver qu'elle fait du mal aux hommes, ne se tinrent pas pour battus ; ils prétendirent qu'elle en ferait aux champs et les rendrait stériles.

Il n'y avait nulle apparence qu'une culture qui aide à nourrir plus de bestiaux et à multiplier les engrais, pût jamais avoir pour résultats d'effriter* le sol; néanmoins il fallut encore répondre à celte objection, et considérer la pomme de terre sous le point de vue agricde. M. Parmentier reproduisit donc, sous diverses formes, tout ce qui regarde sa culture et ses usages, même pour la fertilisation des terres; il ne se lassait point d'en parler dans des ouvrages savants, dans des instructions populaires, dans des journaux, dans des dictionnaires de tout genre.

1- Parmentier. Célèbre agronome, ne )i Montdidier en 1737, mort en 1818.

2. Turgot, ministre de Louis XVI, de 1774 k 1776, et qui signala son court ni- Qist^re par les réformes les plus utiles pour les classes populaires.

3. Examen chimique. La cbimie se rend compte de tous les éléments dont sa composent les corps.

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