Fat. Sot, présomptueux
4. &■ bonnement. Avec tant de franchise et de simplicité. Expression pleine d'une «nalice charmante dans ïa circonstance.
•5. Courtisan. Personne de la cour des princes; se dit de toute personne qui, par intérêt, cherche à plaire et k flatter.
6. Réflexion fort sage qui donne It cette simple anecdote le mérite d'une leçon *e morale.
7. Harpagon. Nom devenu synonyme d'avare, de rapace. Il songe )i se remarier et s'occupe des préparatifs d'un souper et d'une fête qu'il veut donner k cette occadon.— Yaltre, jeune homme qui aspire K épouser la fille d'Harpagon.— U^ JaC' im, li la fois cuisinier et cocher dans la maison d'Harpagon.
M* JACQUES. Est-ce à votre cocher, monaeur, ou bien à votre cuisinier que vous voulez parler? car je suis Tun et Tautro. HARPAGOiH. C'est à tous Ibs deux.
M* JACQUES. Mais à qui des deux le premier? HARPAGON. Au cuisinier.
u"" JACQUES. Attendez donc, s*il vous platt.
( Mal'iire Jaoquei ^ M eauque de cocher et paraît réta en cuisinier. )
HARPAGON. Quelle diantre de cérémonie est-ce cela?
u* JACQUES. Vous n'avez qu'à parler.
HARPAGON. Je me suis engagé, maître Jacques, à donner ce soir à souper.
M* JACQUES , à part. Grande merveille 1
HARPAGON. Dis-moi un peu , nous feras-tu bonne chère?
M*' JACQUES. Oui, si vous me doiinez bien de l'argent.
HARPAGON. Que diable, toujours de l'argent! 11 semble qu'ils n'aient autre chose à dire : de l'argent, de l'argent, <ie l'argent! Ahl ils n'ont que ce mot à la bouche, de rargentl loujours parler d'argent! Voilà leur épée de chevet ', de l'argent!
VALÈRB. Je n'ai jamais vu de réponse plus impertinente que celle-là. Voilà une belle merveille que de faire bonne chôre avec bien de l'argent! c'est une chose la plus aisée du monde, et il n'y a si pauvre esprit qui n'en Ht bien autant; mais, pour agir en habile homme, il faut parler de faire bonne chôre avec peu d'argent!
M" JACQUES. Bonne chère avec peu d'argent!
VALÈRE. Oui.
M" JACQUES, à Taière. Par ma foi, monsieur l'intendant, vous nous obligerez de nous faire voir ce secret , et de prendre mon office de cuisinier; aussi bien vous môlez-vous souvent d'être le factotum?
HARPAGON. Taisez-vous! Qu'est-ce qu'il nous faudra?
M" JACQUES. Voilà monsieur votre intendant, qui vous fora bonne chère pour peu d'argent.
HARPAGON. Haïe! je veux que tu me répondes.
M* JACQUES. Combien serez-vous de gens à table?
HARPAGON. Nous sorous huit ou dix ; mais il ne faut prendre que huit. Quand il y a à manger pour huit, il y en a bien pour dix.
VALÈRE. Cela s'entend.
1. Leur épie de ehevet. É^ qu'on met sons le chevet du lit, qa'on ne qnitt* Jamais, et par extension et figure, parole qu'on a toujours à la bouche.
LIYRB III. 487
H* JACQUES. Eh bien I il faudra quatre grands potages et cinq asskUes... Potages... Entrées...
HARPAGox. Que diable ! voilà pour traiter toute une ville en-
lièro.
U* JACQUES. Rôt*..
HARPAGON , motUDl U ft.aiu sar U boucha >1« mattro luqo«s. Ah I tratlrO ,
tu manges tout mon bien.
M* JACQUES. Entremets...
HARPAGON 9 meiUaft tncore U main snr U boneh* d« maître laequM. En*
core.
VALÈRB, k maître JaequM. Est-CO qUO VOUS BVeZ Onvlo dO fairO
crp.ver * tout lo monde? et monsieur a-t-il invité des gens pour les assassiner à force de mangeailie? Allez-vous-en lire un peu les préceptes de la santé, et demander aux médecins s'il y a rien de plus préjudiciable à Thomme que de manger avec excès.
OARPAGON. Il a raison.
VALÈRB. Apprenez, maître Jacques, vous et vos pareils , que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes; que, pour se bien montrer ami de ceux que Ton invite, il faut que la frugalité règne dans les repas qu'on donne ; et que, suivant le dire d'un ancien, il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger»
HARPAGON. Ahl que cela est bien ditl approche, que je t'embrasse pour ce mot. Voilà la plus belle sentence que j'aie entendue de ma vie : Il faut vivre pour manger, et non pas manger pour ri... Non, ce n'est pas cela. Comment est-ce que tu dis?
VALÈRB. Qu'ï7 faul manger pour vivre, et non pas vivre pour manger,
HARPAGON, k maître iaeqaet. Oui. EntondS-tU ? (a Val.^re) Qui OSt lO
grand homme qui a dit cela?
VALÈRB. Je ne me souviens pas maintenant de son nom.
HARPAGON. Souviens-toi de m'écrit e ces mots : je les veux faire graver en lettres d'or sur la cheminée de ma salle.
VALÈRB. Je n'y manquerai pas; et, pour votre souper, vous n'avez qu'à me laisser faire, je réglerai tout cela comme il faut.
HARPAGON. Fais donc.
M' JACQUES. Tant mieux! j'en aurai moins de peine.
HARPAGON , à Taièr*. II faudra do ces choses dont on ne mange guère, et qui rassasient d'abord; quelque bon haricot bien gras, avec quelque pAté en pot bien garni de marrons. Là, que cela foisonne.
!• Crenr, Uonrlr. Lo mot Mtdtrenu ftiUonrd'hui flunlU«r et bat.
yalIerb. Reposoz-YGUS sur moi.
HARPAGON. Maintenant, maître Jacques, il faut nettoyer mon carrosse.
u* lACQUBS. Attendez; ceci s'adresse au cocher. (Maître j&oqu«f
teoMi M casaque.) VOUS ditOS?...
HARPAGON. Qu'il faut nettoyer mon carrosse et tenir mes chevaux tout prêts pour conduire à la foire '.•.<
M" JACQUES. Vos chevaux, monsieur? Ma foi, ils ne sont point du tout en état de marcher. Je ne vous dirai point qu'ils sont sur la litière : les pauvres bêtes n'en ont point, et ce serait mal parler; mais vous leur faites observer des jeûnes si austères, que ce ne sont plus rien que des idées ou des fantômes, des façons de chevaux.
HARPAGON. Les voilà bien malades! ils ne font rien.
M* JACQUES. Et pour ne faire rien, monsieur, est-ce qu'il ne faut rien manger? Il leur vaudrait bien mieux, les pauvres animaux *, de travailler beaucoup, de manger de même. Cela me fend le cœur, de les voir ainsi exténués ; car, enGn, j'ai une tendresse * pour mes chevaux, qu'il me semble que c'est moi-même quand je les vois pâtir. Je m'ôte tous les jours pour eux les choses de la bouche ; et c'est être, monsieur, d'un naturel trop dur, que de n'avoir nulle pitié de son prochain *,
HARPAGON. Le travail ne sera pas grand d'aller jusqu'à la foire.
" M« JACQUES. Non, monsieur, je n'ai point le courage de les mener, et je ferais conscience de leur donner des coups de fouet dans l'état où ils sont. Comment voudriez-vous qu'ils traînassent un carrosse, ils ne peuvent pas se traîner eux-mêmes!
VALÈRB. Monsieur, j'obligerai le voisin Picard à se charger de les conduire; aussi bien nous fera-t-il besoin ici pour apprêter le souper.
M* JACQUES. Soit. J'aime mieux encore qu'ils meurent sous la main d'un autre que sous la mienne.
VALÈRE. Maître Jacques fait bien le raisonnable!
1. A la foire. Rtfanion de marchands de toutes sortes oU tout Paris se rendait alors pour y trouver des distractions. Spectacle qui convient à l*ayare parce que la Tue n*en coûte rien.
2. Les pauvres animaux. Tour ^ remarquer; forme ezclamatlTe )i la jdace de è eei patutreê animaux que demanderait la construction régulière de la phrase.
8. iTai une tendresse.,, qvfil me semble. On dirait aujourd'hui une tendresse telle, tant de tendresse. Remarquer aussi Tellipse : il me semble que e*est tnmi-miine quand je Us vois pâtir , pour que c'est moi-même qui pâtis.
4. De son prochain. Dans ton attachement pour les chevaux. Me Jacques va Jniquii en faire U prochain.