On dirait aujourd'hui : « et personne ne se trouvant
mettant un pied sur un des rayons de la roue, et l'autre sur une borne, d'une résolution enragée, lui porta un coup de couteau entre la seconde et la troisième côte> un peu au-dessus du cœur. A ce coup le roi s'écria : « Je suis blessé 1 » Mais le méchant, sans s*effrayer, redoubla et le frappa dans le cœur, dont il mourut tout à l'heure •, sans avoir pu jeter qu'un grand soupir. L'assassin était si assuré, qu'il donna encore un troisième coup, mais qui ne porta que dans la manche du duc de Montbazon. Après cela il ne se soucia point de s'enfuir, ni de cacher son couteau , mais se tint là, comme pour se faire voir et pour se glorifler d'un si bel exploit.
Quand le bruit de cet accident si tragique fut répandu par tout Paris, et qu'on sut assurément * que le roi, qu'on ne croyait que blessé, était mort, le mélange d'espérance et de crainte, qui tenait cette grande ville en suspens, éclata tout d'un coup en de hauts cris et en de furieux gémissements. Les uns devenaient immobiles et pâmés de douleur; les autres couraient les rues tout éperdus; plusieurs embrassaient leurs amis, sans leur dire autre chose, sinon : « Ah ! quel malheur ! » Quelques-uns s'enfermaient dans leurs maisons ; d'autres se jetaient par terre. On voyait des femmes échevolées, qui hurlaient et se lamentaient. Les pères disaient à leurs enfants : « Que deviendrez-vous, mes enfants, vous avez perdu votre père î » Ceux qui avaient plus d'appréhension pour l'avenir, et qui se souvenaient des horribles calamités des guerres passées *, plaignaient les malheurs de la France, et disaient que le funeste coup, qui avait percé le cœur du roi, coupait la gorge à tous les Français. On raconte qu'il y en eut plusieurs qui en furent si vivement touchés, qu'ils en moururent, quelques-uns sur-le-champ et les autres peu de jours après. Enfin, il ne semblait pas que ce fût le deuil de la mort d'un homme seul, mais de la moitié de tous les hommes. On eût dit que chacun avait perdu toute sa famille , tout son bien et toutes ses espérances par la mort de ce grand roi.
PÊBZFIZX.
1. Dont il mourut. Tour hors d'nsage, le pronom relatif ne pouTRnt m rapporter h un membre de phrase. On dirait aujoard'hui : « Ce qni amena immédiatement la mort. — La locution tout à t'heurCy prise pour « sur Vheure, sur-le-champ, w a ég.ilemeiit vieiUi.
3. Ascurénuut. On dirait aujourd'hui « d'une manière certaine, positirement. » 8. Les guerres de religion qui araient désolé la France sons Gliarles IX, Henri III (1560-1689) et sous Henri IV, Jusqu'à la paU de Verrlns et redit de Mantes (1608).