‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 297 sur 466 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

OÙ Ton n'entendait que le bruit de mes pas. Les chambres étaient à peine éclairées par la faible lumière qui pénétrait entre les volets fermés : je visitai celle où ma mère avait perdu la vie en me mettant au monde, celle où se retirait mon père, celle où j'avais dormi dans mon berceau, celle enfin où Tamitié avait reçu mes premiers vœux dans le sein d'une sœur. Partout les salles étaient détendues^, et l'araignée filait sa toile dans les couches abandonnées. Je sortis précipitamment de ces lieux, je m'en éloignai à grands pas, sans oser tourner la tête. Qu'ils sont doux, mais qu'ils sont rapides, les moments que les frères et les sœurs passent dans leurs jeunes années, réunis sous l'aile de leurs vieux parents 1 La famille de l'homme n'est que d'un jour ; le souffle de Dieu la disperse comme une fumée *. A peine le fils connait-il le père, le père le fils, le frère la sœur, la sœur le frère 1 Le chêne voit germer ses glands autour de lui ; il n'en est pas ainsi des enfants des hommes*

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