‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 3 sur 466 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Le mattre lit d'abord ou fait lire un morceau qu'il a donné dV ▼anoe à préparer; 11 s'assure par des questions qu*on en a bien saisi le sens général et qu'on a étudié les notes qui accompagnent le texte; puis, dans Tesprit de ces notes mémes^ et selon l'exemple que nous avonr donnée procédant toujours par interrogations, il fait sur les mots, leurs sens divers, leur emploi, leur dériyation, leurs rapports, toutes les remarques qu^il juge à propos. seloQ Tàge et le degré d'avancemeut de ses élèves.

Le morceau expliqué sert de leçon pour le lendemain et d'exercice de récitation; les observations, dont les élèves ont rapidement pris note, sont la matière du devoir écrit. Ce devoir montre an maître si ses explications ont été bien comprises; il est pour lui un moyen facile de mesurer le travail et l'intelligence de ses élèves. On comprend combien ces exercices peuvent être animés, intéressants et féconds en progrès; combien ils sont faits pour exciter l'esprit, stimuler l'ardeur et tenir l'attention en éveil.

Si l'étude des langues est l'instrument le plus propre à développer rintelligence , il appartient aux lettres de développer les bons sentiments et de former la conscience morale, de préparer des esprits droits et des cœurs honnêtes. Notre recueil, à cet égard, a été composé avec un soin minutieux. Dieu manifestant dans la création sa providence iâfinie, la religion, la famille^ la patrie, les devoirs de l'homme envers ses semblables et envers lui-même, tel est le fonds des grands et •étecnei/s fi&^imm^ Sû]SLq£iels, sous des formes variées^ se rapportent ;l<fu:i&,]Ios;mondBaa.i.* li '«â'èn est pas un qui ne prête, pour le maître, à ces-cfmiiiQnoirei^tf morale familière qui sont à la fois pour lui un devoir.^imi^Iég^mÀt aux matières plus arides d'enseignement.

Nous avoni^DMlÀs ie^lfearèfté là nouveauté dans nos choix que la convenance complète atl biti '({ue'nôus nous proposions. Un certain nombre de morceaux s'imposent d*cux-mêmes dans tout recueil fait pour les classes. Ainsi les fables de La Fontaine, dont Peufant sent les grâces originales et piquantes avant de se les expliquer, les fables de Florian,

1. Voir page 1, explication de la fable le Grillon aa point de vue da aenB, ~ et page 70, an point de tho de Texpresalon et de In grammaire.

PBÉFACE. ▼!!

d'une langne si facile et si aimable, les détu admirables tragédies sacrées de Racine, la première partie du Traité de Vexisfewx de Dieu, où toute la gr^e da bean génie de Fénelon, s'anit à tine exquis* simplicité dans Texpression des idées les pins élevées : ce sont là des sources abondantes où tous les maîtres doivent aller puiser, au risque de se rencontrer souvent dans leurs choix. De môme, parmi les moderneSy le poème touchant du petit Savoyard, les deux messéniennes sur Jeanne dtÂrc, le joli conte du Meunier de Sans-Souci, sont des pages qui font de droit partie de tout recueil. Nous espérons que les morceaux nouveaux^ que nous avons empruntés pour une part à nos auteurs classiques, pour une autre aux contemporains, quelquefois aux meilleures traductions des ouvrages étrangers, ne faibliront pas à côté des morceaux consacrés.

Nous avons été plus sobres de poésies proprement religieuses qu'on ne Test d'ordinaire : c'est que nous n*avons pas voulu mettre de pièces qui, par la pensée ou par Texpression, ne fussent pas en rapport avec l'âge des enfants pour lesquels ce petit livre est composé. Ce n'est pas à des en» fants, par exemple, que s'adressent les tendres et sévères paraphrases que Corneille a faites de l'Imitation, Pourquoi la religion se présenterait-elle à l'enfance sous ces dehors de tristesse? Mais, d'autre part, la religion répugne plus encore à cette mollesse pleine d'afféterie que les modei-nes ont trop souvent portée dans les sujets religieux. Aussi avons-nous complètement exclu ces sortes de morceaux de notre recueil. Le sentiment religieux s'y trouvera môle aux tableaux de la nature, aux scènes de la famille, aux grands traits de l'histoire sainte et de l'histoire nationale, comme il se môle à tous les instants de l'existence pour les individus et pour les sociétés.

Quant à la distribution des morceaux par groupes, nous n'avons pas cru devoir, dans ce l*' volume, adopter le classement ordinaire en descriptions, tableaux, narrations, etc. Ces divisions ne sont utiles quo si l'on se propose de donner à l'élève des modèles de petites compositions françaises, et alors le texte doit être accompagné d'arguments d'analyses, de commentaires. Nous avons préféré grouper les morceaux d'après les idées et les sentiments qu'ils expriment , de

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