‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 334 sur 466 · La cliârUé ebréttcnne · texte numérisé non relu

La cliârUé ebréttcnne

Dieu des chrétiens, quelles choses n^as-tu point faites ! Partout oti l'on tourne les yeux, on ne voit que les monuments de tes

1. Angoiste. <« Tourment» torture. » Ce mot iq^partltnt pir U racine ang à W Ikmnie de angine, maladie qui serre et brûle la gorge comme l'angoisse ferra «t brûle le cœur. Remarquer que les mots anxiété, étrangler, angle, appartlennenl k la même famille.

3. napprocher de ce morceau Vadmirabto passace de rSTimgUe §vt le jngwatal' demior.

bienfoits. Dans les quatre parties du monde, la religion a distribué ses milices^ et placé ses vedettes^ pour l'humanité. Le moine maronite ' appelle, par le claquement de deux planches suspendues à la cime d'un arbre, l'étranger que la nuit a surpris dans les précipices du Liban : ce pauvre et ignorant artiste n'a |)as de plus riche moyen de se faire entendre. Le moine abyssinien vous attend dans les bois au milieu des tigres ; le missionnaire américain veille à votre conservation dans ses immenses forêts. Jeté par un naufrage sur des côtes inconnues, tout à coup vous apercevez une croix sur un rocher. Malheur à vous si ce signe de salut ne fait pas couler vos larmes 1 Vous êtes en pays d'amis : ici sont des chrétiens. Vous êtes Français, il est vrai, et ils sont Espagnols, Allemands, Anglais peut-être ; et qu'importe? n'êtes- vous pas de la grande famille de Jésus-Christ? Ces étrangers vous reconnaîtront pour frère; c'est vous qu'ils invitent par cette croix. Ils ne vous ont jamais vu, et cependant ils pleurent de joie en vous voyant sauvé du désert.

Mais le voyageur des Alpes n'est qu'au milieu de sa course ; la nuit approche, les neiges tombent; seul, tremblant, égaré, il fait quelques pas, et se perd sans retour. C'en est fait, la nuit est venue ; arrêté au bord d'un précipice, il n'ose ni avancer ni retourner eu arrière. Bientôt le froid le pénètre, ses membres s'engourdissent, un funeste sommeil cherche ses yeux ; ses dernières pensées sont pour ses enfants et son épouse. Mais n'est-ce pas le son d'une cloche qui frappe son oreille à travers le murmure de la tempête, ou bien est-ce le glas ^ de la mort que son imagination effrayée croit ouïr au milieu des vents? Non, ce sont des 8(ms réels, mais inutiles, car les pieds de ce voyageur refusent maintenant de le porter. Un autre bruit se fait entendre , un chien jappe sur les neiges; il approche, il arrive, il hurle de joie; un solitaire le suit.

Ce n'était donc pas assez d'avoir mille fois exposé sa vie pour sauver des hommes, de s'être élabli pour jamais au fond des plus affreuses solitudes; il fallait encore que les animaux mêmes apprissent à devenir l'instrument de ces œuvres sublimes, qu'ils

1. Milices. « Soldats, s Vedettes. (V. page 12.) Les prêtres cathoUqaea forment comme ane grande armée tot^onra sur pied ponr yeiller an saint de rhnmanlté, armée qui se renouvelle sans cesse, et dont l'auteur énnmbre éloquemment ici les principaux corps.

S. Les maronites sont des peuplades chrétlemies qui habitent le Liban.

s. Mot imitatif (onomatopée) qui rappelle à Toreillc le tintement lent et triste dal* clocbe. Bemarqner cette racine gl dans glas, glapir, changée en cl dans clav, clocbe, claquer, cliquetis, etc.

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