‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 335 sur 466 · L'am^nr da pays natal · texte numérisé non relu

L'am^nr da pays natal

C'est lorsque nous sommes éloignés de notre pays que bous sentons surtout l'instinct qui nous y attache. Au défaut de réalité, on cherche à se repattre de songes. Tantôt, c'est une cabane qu'on aura disposée comme le toit paternel ; tantôt, c'est un bois, un vallon, un coteau à qui Ton fera porter quelques-unes de ces douces appellations de la patrie. Andromaque ^ donne le nom de Simoïs à un ruisseau. Et quelle touchante vérité dans ce petit ruisseau qui retrace un grand fleuve de la terre natale l Loin des bords qui nous ont vus naître, toute la nature est diminuée, et n'est plus que Tombre de celle que nous avons perdue.

Une autre ruse * de l'instinct de la patrie, c'est de mettre un grand prix à un objet en lui-même de peu de valeur, mais qui vient de notre pays, et que nous avons emporté dans l'exil.*

L'âme semble se répandre * jusque sur les choses inanimées qui ont partagé nQs destins : une partie de la vie reste attachée au duvet où sommeille notre bonheur, et surtout à la paille qui compta les veilles de notre infortune; les plaies de Tâme, comme les blessures du corps, laissent leur empreinte sur tout ce qu'elles touchent. Le peuple a une expression énergique pour peindre cette langueur d'âme qu'on éprouve hors de sa patrie ; il dit : Cet homme a le mal du pays. C'est véritablement un inal, et qui ne peut se guérir que par le retour.

Que si l'on nous demandait quelles sont ces fortes attaches par lesquelles nous sommes enchaînés au lieu natal^ nous avouons que nous aurions de la peine à répondre. C'est peut-être le sourire d'une mère, d'un père, d'une sœur ; c'est peut-être le souvenir d'un vieux précepteur qui nous éleva, et des jeunes compagnons de notre enfance ; c'est peut-être les soins que nous avons reçus d'une bonne nourrice, d'un domestique âgé, partie si

1. Andivmaque. Princesse troyenne emmenée en captivité en Epire aprës U àestructiou de Troie. — Simoïs. Fleuve de la Troade, eu Asie Mineure.

2. Mot un peu détourné de son acceptiou ordinaire. U indique ici les Ulusiona au moyen desquelles l'instinct de la patrie trompe la douleur de Vexil.

8. On dit épanclur sa joie, ses douleurs, etc., par une métaphore analogue U celle qu'emploie ici Chateaubriand.

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74 RECUEIL DB MOîtÔÉkVX CHOISIS.

esSënOelld de te ttiflisdfi *■ ; èn!tfi cd i^t leë d^(?ofn^slh(*è9 les pltid simples^ di l'oh veut ttiéme les plus triviales : urt chien qui aboyait la nuit dans la campagne, un rt«slgnoI qui reveftsfit totis les ans dart« lé vefger, le nid de l'hi rondelle à la fenêtre, le clocher de l'église que Ton voyait au-dessus des arbres, l'if du cimetière, le tombeau g^iiùqudy voilà \%^U Mais ces petits moyens démontrent d'autant mieux la réalité d'une providence, qu'ils ne pourraient être la source des grandes vertus patriotiques, si Dieu tié Fa? ait ordonné.

CHATBADBMÂÏfD.

ti, — Hymiw à la France.

France « 6 belle éôntrée , d teri^ génér^se , Qae le ciel complftisaitt forma poivr être hecrreosel Ta ne sens point dti Nord les gla^ntes borreuFS , Le Midi de ses feui t'épargne les furettrs; Tes arbres innoeetits n'ont point d'ombres^ ittertèftles^,' Ni des p(nsonsé[>ars dans tes herbes notivelles Ne trompent une main crédule ; ni tes bars Des tigres frémissants ne redoutent la \o\t : * Mi les vastes serpents ne traînent sur tes plantes En longs cercles hideux leurs égailles sonnantes.

Les chênes, les sapins et les ormes épais En utiles rameaux ombragent tes sommets. Et de Beaone et d'Âï' les rives fortunées, fit la riche Aquitaine^, et les hauts Pyrénées, Sous leurs bruyants pressoirs font couler e<i riiisêeaux Des vins délicieux mûris snr leurs eôteeax< La Frovèntie odorante et de Zéphire aimée ttespire sur les mers une haleine embaumée, Au bord des flots coitvfant, délicieon trésor, L'o»a»ge et le eitron de leurs tuniqued û'ot; Et pies leift, au penchant des coilines pierreuses, Forme Id grasse olive aux Hqueurs savonneuses^,

1. Maison. Ce mot eat iffls Ict noA daas le sens â*édfflce, mais dans celui de MHilte. BriTéteM h tottt c«f qtA eenfétltoe le ménagé ei le àiode A'e^fstetaee de H fuftHlttrf Cet* âane ee lea» 4«*on dit la mai99n de l'empereur, la maimm au prince, et, dans une acception encore plus étendue, la maison de Bourbon, la maison d'Autriche.

1. AHastOQ auit tfmafiatlons dâétëres et aux sucs rénéneux de certahiB arbres et de certaines plantes exotiqueàr.

t. CAnfons de la Bourgogne renommés par leuri rita. —V Aquitaine est l'ancien nom de la Gascogne.

4, épithète de mauyais gofttj il y a aussi bien de la recherche dans là phfase ■nlvante.

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