Les derniers loManli de Soeratc
Le jour de sa mort ses disciples se réunirent de grand matin dans sa prison. Il avait dormi d'un sommeil paisible. 11 les reçut^ comme il avait coutume de les recevoir, avec le même sourire, la même sérénité. Leur admiration égalait leur douleur. Il leur
1. L^auteur a dit plus bant : « Jamais le sonvenii* de cet premiers temps de son fige ne s'effaça de la pensée du général Dronot : dans la glorieuse ftamée des ^ batailles, au c6tés mdmes de l'homme qui tenait toute rEurope.atteutivc, il rere- * nait, par une vue du cœur et un sentiment d'actions de grâces, k Thumble maison qui avait abrité avec les vertus de son père et de sa mère la félicité de sa propre enfiince. Puis avant de mourir, comparant ensemble tontes les pbases de sa cai^ ribre, U écrivait : « J'ai connu le véritable bonheur dans l'obscurité, l'innocence et la pauvreté de mes premières années, n
S. Cette métaphore peint bien l'abondance de la grâce divine, et &it comprendre la joie intérieure qui inondait le cœur de l'enlknt et lui formait une fête myslé^ rieuse de cette vie de travail et d'innocence.
8. Dans cette courte phrase, l'auteur résume, en le distinguant, ce qui forme l'homme tout entier : le corps et ses organes, l'esprit ou l'intelligence , la conscience, enfin l'ftme, qui n'est antre que le principe de rintelligence, delà conscience et de la raison.
4. Paroles émouvantes qui terminent cet éloquent morceau par la plus consolante leçon. La pauvreté unie au travail, l'innocence et le dévouement an devoir, portent en sol leur récompense, indépendamment de tout succès, et la félicité qui les accompagne conserve nu charme si puissant, que le cœur se prend à les regretter au milieu des Jouissances de la fortune et de la grandeur, et dans les enivrements de la gloire elle-mfime.
5. Socrale. Philosophe athénien qui, faussement accusé d'attaquer la religion et de corrompre la Jeunesse, dédaigna de sauver sa vie en s'humiliant devant ses Juges. Il mourut l'an 400 av. J.-Ch.
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parla de Dieu et de réâernité. Jamais son langage n'ayaît été plus noble, jamais ses idées n'avaient paru plus sublimes que dans cet instant. Ils l'écoutaient avec ravissement; mais la réflexion leur rappelait que bientôt ils ne l'entendraient plus» que bientôt allaient s'éteindre ces yeux où brillait la flamme du génie, que cette bouche si éloquente se fermerait bientôt, et se fermerait pour toujours. Alors les sanglots des disciples étoufiOûent la voix du maître»
II passa dans une petite pièce pour se baigner. Cri ton ' le suivit : ses autres amis s^entreiinrent des discours qu'ils venaient d'entendre, et de l'état où sa mort allait les réduire; ils se regardaient déjà comme des orphelins privés du meilleur des pères, et pleuraient moins sur lui que sur eux-mêmes. On lui présenta ses trois enfants : deux étaient encore dans un âge fort tendre. Il donna quelques ordres aux femmes qui les avaient amenés, et après les avoir renvoyés, il vint rejoindre ses amis.
Un moment après, le garde de la prison entra ; c Socrate, lui dit-il, j'espère que vous ne m'attribuez pas votre infortune; vous en connaissez les auteurs ; tâchez de vous soumettre à la nécessité. » Ses pleurs ne lui permirent pas d'en dire davantage, et il se relira dans un coin de la prisun. « Adieu, lui répondit Socrate, je suivrai votre conseil. » Et se tournant vers ses amis : a Cet homme est bon, leur dit-il; pendant que j'étais ici, il venait quelquefois causer avec moi ; voyez comme il pleure I Criton, il faut lui obéir : qu'on apporte le poison ', s'il est prêt, et s'il ne l'est pas, qu'on le prépare. »
Criton voulut lui remontrer • que le soleil n'était pas encore couché, que d'autres avaient eu la liberté de prolonger leur vie de quelques heures, c Ils avaient leurs raisons, dit Socrate, et j'ai les miennes pour agir autrement. »
Criton donna des ordres, et quand ils furent exécutés, un esclave apporta la coupe fatale. Socrate lui ayant demandé ce qu'il avait à faire : « Vous promener, après avoir pris la potion, répondit cet homme, et vous coucher sur le dos, quand vos jambes commenceront à s'appesantir. » Alors, sans changer de visage et d'une main assurée, il prit la coupe, et après avoir