L*Égitse
Jetoiia leg yeux sur TÉglige, c'esti-à^dire sur eett^ société visible des enfants df» Dieu qui a été coBservée dans tous les teinp^ : e*est le Foyauroe qui n'aura pa8 de fin. Toutes les autres puissances s'élèvent et tombent : après avoir étonné le monde, ailes disparaissent. L'Église seule, malgré les tempêtes du dehors et les scandales du dedans, demeure immortelle. Pour vaincre, elle ne fait que souffrir ; et elle n*a pas d'autres armes que la eroii.
Considérons cette société sous Moïse, Pharaon la veut opprfiœer, les ténèbres deviennent palpables en Egypte^; la terre s*y couvre d'insectes; la mer s'entr'ouvre, ses eaux suspendues s'élàvent comme deux murs ; tout un peuple traverse Tablme k pisd sec; un pain descendu du ciel le nourrit au désert; Thomme parle à la pierre, et elle donne des torrents' : tout est aiûraefe pendant quarante années, pour délivrer TÉglise captive...
Mais tournons nos regards vers TËglise, que Rome païenne, cette Babylone enivrée du sang des martyrs, s'efforce de détruire. L'Église demeure libre dans les chaînes, et invincible ^u milieu des tourments. Dieu laisse ruisseler, pendant trois cents ans, le sang de ses enfants bi@n-aimés. Pourquoi croyez-ypu$ qu'il le fasse? C'est pour convaincre le monde entier, par une si longue et si terrible expérience, que l'Église, comme spspendue entre le ciel et la terre, n'a besoin que de la main invisible dont elle est soutenue. Jamais elle ne fut si libr^, si forte, si flori3^nte, si féconde.
Que sont devenus ces Romains (jui la persécutaient? Ce peuple, qui se vantait d'être le peuple-roi, a été livré aux natipns barbares; l'empire éternel est tombé; Rome est ensevelie dans ses ruines avec les faux dieux ; il n'en reste plus do mémoire que par une autre Rome sortie de ses cendres, qui, étant pure et sainte, est devenuo à jamais le centra du royaume de Jésus- Christ.
L'Église n'a garde d'ébranler les royaumes de la terre, elle qui tient dans ses mains les clefs du roysiume du çiel> Elle uo désire rien de tout ce qui peut être vu ; elle n'aspire qu'au royaume de son époux, qui est le sien. Elle est pauvre et jalouse du trésor de sa pauvreté; 'elle est paisible, et c'est elle qui donna uno psix
1. AJliuioa au plates d'égjrpte. Ténèbru palptUtltit c*«it^-dlr« ai tfpOases 40*elle« pauTent êtra toucbéea, palpées. Métapliora hnwrlwUfliia d^«M grtnda énergie.
3. Passai» da la mu Baaga, nftaaa tera^éa 4P (Ni fùéh» A*H(Hrab.
que le inonde ne peut donner ni ôter; elle est patiente, et c'est par sa patience jusqu'à la mort de la croix qu'elle est invincible. Elle n'oublie jamais que son époux s'enfuit sur la montagne, dès qu'on voulut le faire roi ; elle se ressouvient qu'elle doit avoir en commun avec son époux la nudité de la croix, puisqu'il est l'homme des douleurs, l'homme écrasé dans l'infirmité, l'homme rassasié d'opprobres *.
0 Église romaine ! ô cité sainte ! ô chère et commune patrie de tous les vrais chrétiens 1 II n'y a en Jésus-Christ ni Grec, ni Scythe, ni Barbare, ni Juif, ni Gentil. Tout est fait un seul peuple dans votre sein. Tous sont concitoyens de Rome, et tout catholique est Romain. La voilà cette grande tige qui a été plantée de la main de Jésus-Christ. Tout rameau qui en est détaché se flétrit, se dessèche et tombe. 0 mère 1 quiconque est enfant de Dieu est aussi le vôtre.
Fsinu.ox« 2. -* Le Pr«fbyl«re
Une cour le précède , enclose d'une haie
Que ferme sans serrure une porte de claie.
Des poules ; des pigeons, deux chèvres, et mon chien,
Portier d'un seuil ouvert et qui n'y garde rien,
Qui jamais ne repousse et qui jamais n'aboie,
Mais qui flaire le pauvre et l'accueille avec joie;
Des passereaux montant et descendant du toit,
L'hirondelle rasant l'auge où le cygne boit ,
Tous ces hAles, amis du seuil qui les rassemble,
Famille de l'ermite, y sont en paix ensemble ;
Les uns couchés à l'ombre en un coin du gazon,
D'autres se réchauffant contre un mur au rayon*;
Ceux-ci léchant le sel le long de la muraille ,
Et ceux-là becquetant ailleurs l'herbe ou la paille...
Trois ruches au midi sous leurs tuiles ; et puis
Dans l'angle sous un arbre, au nord, un large puits
Dont la chaîne rouillée a poli la margelle',
El qu'une vigne étreint* de sa verte dentelle :
Voilà tout le tableau. Sept marches d'escalier"
!• Esyressions des prophètes.