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c Mes chers amis et boas voisins, il est certain que les impôts sont lourds; cependant, si nous n'avions à payer que ceux que le gouvememœt nous demande, nous pourrions espérer d'y faire face plus aisément; mais nous en avons une quantité d'autres beaucoup plus onéreux. Par exemple, notre paresse nous prenddeux fois autant que le gouvernement, notre oi^eil trois fois, < et notre imprévoyance quatre fois autant encore. Ces taxes sont d'une telle nature, qu'il n'est pas possible au gouvernement d'en diminuer le poids, ni de nous en délivrer.
c S'il existait un gouvernement qui obligeât ses sujets à donner r^lièrement la dixième partie de leur temps pour son service, on trouverait assurément cette condition fort dure; mais la plupart d'entre nous sont taxés , par leur paresse, d'une manière beaucoup plus tyrannique. Car, si vous comptez le temps que vous passez dans une oisiveté ^solue, c'est-à-dire, ou à ne rien Mre, ou dans des dissipations qui ne mènent à rien, vous trouverez que je dis vrai. L'oisiveté amène avec elle des incommodités et raccourcit sensiblement la durée de la vie. Combien de temps ne donnons-nous pas au sommeil au delà du nécessaire? Avec de Tacti.vité nous ferions beaucoup plus avec moins de peine. La paresse rend tout difficile; le travail rend tout aisé.
c Que signifient les désirs et les espérances de temps plus heureux ? Nous rendrons le temps meilleur si nous savons agir. Quiconque est laborieux n'a point à craindre la disette ; car la faim regarde à la porte de l'homme laborieux, mais elle n'ose pas y entrer. Les commissaires et les huissiers n'y entreront pas non plus : car le travail paye les dettes et le désespoir les augmente. 11 n'est pas nécessaire que vous trouviez des trésors, ni que de riches parents vous fassent leur légataire. L'activité est la mère de la prospérité, et Dieu ne refuse rien au travail.
« Mais, indépendamment de l'amour du travail , il faut encore avoir de la constance, de la résolution et des soins ; il faut voir ses affaires avec ses propres yeux, et ne pas trop s'en rapporter aux autres. 11 faut de plus de l'économie, si nous voulons assurer le succès de notre travail. Si vous voulez être riches, n'apprenez pas seulement comment on gagne, sachez aussi comment on ménage.
« Renoncez donc à vos folies dispendieuses, et vous aurez moins à vous plaindre de la dureté des temps, de la pesanteur des taxes et des charges de vos maisons. »
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LIVRB III. 477