La manie de Jaffcr
PBTIT-JEAN tratsant un gro» tao do frooii.
Ma foi ! sur Tavenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi dimanche pleurera.
Un juge. Tan passé, me prit à son service;
Il m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse K
Tous ces Normands ' voulaient se divertir de nous:
On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups.
Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre.
Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre.
Tous les plus gros monsieurs *■ me parlaient chapeau bas.
Monsieur de Petit-Jean, ah! gros comme le bras :
Mais, sans argent, l'honneur n'est qu'une maladie.
Ma foi ! j'étais un franc portier de comédie :
On avait beau heurter et m'ôter son chapeau,
On n'entrait pas chez nous sans graisser le marteau.
Point d'argent, point de suisse ^^ et ma porte était close.
Il est vrai qu'à Monsieur j'en rendais quelque chose :
Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin
De fournir la maison de chandelle et de foin ;
1. Sens trës-dëtouni^ de l'acceptioa ordinaire , et pourtant d'un effet très-juste id. Tout ce que l'esprit ne peut pas comprendre, partout oh 11 ne Toit ni horizon ni limite, lui fiait éprouver un sentiment de surprise, qui tient Jusqu'à un certain point 11 la crainte, an frémissement, k rhorrenr.
2. Suiae. » Portier, concierge, n II était de bon ton dans les grandes maisons de prendre nn Suisse pour portier. Par métonymie on a ensuite donné ce nom aux portiers.
8. La scène de la comédie des Plaideurs se passe en Normandie.