Voyez cette fable, p
2 RlilCURIL DR MORCEAUX CHOrSIS.
Hssayoïs d'en retrouver quelqifes^tins. Et d'abord tâchons de bien connaître nos personna:2:es. Qu'est-ce qu'un grillon, car pour le papillon, vous en avez tous vu. 11 n'en est peut-être pas de même du grillon pour plusieurs d'entre vous? — E. Je le connais également, j'en ai vu dans les ehamps : on «n 4rouve aussi dans les maisoïis : ils se tiennent près <lu foyer, et font entendre le soir un petit cri triste et monotone que j'ai bien souvent remarqué. Ceux des maisons sont noirs, ceux des jardins ont le corps d'un beau vert avec des nuances changeantes : on les appelle encore des sergents,
M, Voilà bien le signalement général d'un grillon ; mais il s'agit de celui de notre fable, et il ne biiit pas seulement connaître sa robe: il est bon de connaître aussi son caractère. Vous savez bien que ce n'est pas sur la mine seule qu'il faut juger les gens. Quel est donc le caractère du grillon qui no\is occupe? Vous semblez embarrassé. Il est vrai que l'auteur ne parle pas de son caractère, mais il fait parler et agir le grillon, c'est à nous à le juger d'après ses paroles et ses actes.
Voyons donc ce que fait notre grillon. Nous le trouvons caché dans rherbe fleurie. 11 regarde un papillon qui voltige dans là prairie ; il admire l'éclat de ses ailes, la liberté de ses allures, le bonheur de pouvoir courir comme lui de fleurs en fleurs : il lui envie ces avantages. Nous avons donc afiaire à un petit grillon sans expérience , oisif, imprudent, vaniteux, et que son inexpérience et sa vanité font bientôt envieux et jaloux. Aussitôt l'envie et la jalousie produisent en lui leurs efl'ets ordinaires. Elles le rendent ingrat et injuste envers la Providence : Dame nature pour fui fit tout, et pour moi rien. Elles déprécient à ses yeux tous les avantages qu'il en a reçus : Je n*ai poifit de talent , encor moins défigure. Elles aigrissent son orgueil blospé : Nul ne prend garde à moi. Von mHgnore ici-bas, EHes le rendent enfin profondément malheureux: Autant vaudrait n'exulter pas. Voilà donc notre petit grillon parfaitement caractérisé et dépeint*. Que se passe-t-il? Survient une troupe d'enfants, et voilà que précisément les avantages que le grillon enviait au papillon, c'est-à-dire l'éclat de ses couleurs, la vivacité de son vol, attirent l'attention de ces enfants, et amènent non pas seu-
1. Ces diTerses cbserrations pcuvenl^ être proroqnëes par les qneatloBs du maître, qni doit chercher It lee obtenir directement des élèves. Comme cette marche exigerait des développements et un espace qne la nature de ce livre nous interdit, nous avons été oblicrés de les présenter sans ioterniptlon, en les mettant dans la bouche dn maître ; mais il est facile de voir la place de ces questions et la manière dont il convient de les poser.