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Terne l'onivers. Le mot dame dont il est précédé est une de ces appellations que les poëtes emploient devant certains noms pour éveiller l'idée de quelque qualité qui caractérise les personnages mis en scène. Le moi dame, qui signifie mal/rcwe, comme dofn signiGe maître et seigneur^ rappelle assez bien ici la puissance de la nature.
D'après les règles absolues de la grammaire, la proposition elliptique et pour moi rien, ne serait pas régulière, le verbe de la première proposition /a i7 tout, qui est affîrmatif, ne saurait grammaticalement régir le complément rien de la seconde, parce que ce complément exige que son verbe soit accompagné d'une négation. Cependant, l'usage des bons écrivains autorise, comme on voit, ce tour qui est plus vif et qui est aussi clair. Une remarque analogue pourrait être faite en Sens inverse sur le vers suivant :
Je n'ai point de talent , encor moins de flgnre.
La régularité grammaticale demanderait :fai encore moins de figure.
Comme il parlait, dana la prairie Arrive une tronpe d'enfants; Aussitôt les Toiik courants Après le papillon, etc.
Gomment est écrit le mot courants ? — £^. Il est écrit avec un s à la fin parce qu'il rime avec enfants,
M, Cela est-il correct?—^. Non; o^v courant est ici participe présent et doit être invariable.
M, Vous avez raison ; et l'usage s'accorde cette fois avec la grammaire pour condamner celte faute. Examinez la construction do la même phn.se : tous les mots y sont-ils à leur place? — E, Non ; le sujet, au lieu d'être placé devant le verbe et son complément, ne vient qu'après. — M. L'usage autorise dans beaucoup de cas ce changement de place des mots, auquel on a donné le nom d'/nversion. Retenez bien ce nom et cberchez d'autres exemples d'inversion. — £. Le mot dans la prairie , qui est complémeni du ^ erbe arrive et qui devrait être placé après, le précède cependant : c'est une inversion. — M, Quel est le sujet du verbe? — E, Une troupe d* enfants. -7- M. Comment appelie-t-on en grammaire ces sortes de sujet? — E. On les appelle collectifs, — M, N'y a-t-il pas une particularité à remarquer sur l'accord de ces espèces de sujet avec le verbe? — E. Oui; après ua nom collectif au singulier on peut mettre le verbe au pluriel, surtout
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quand le nom coilcclif est précédé de l'article indéfini un, une, rt que le nom pluriel qui 8uit le collectif n'est précédé d'aucun article. On pourrait donc dire aussi : Une troupe d'en/anfs arri^ vent dans la prairie.
Chiipeaux, moacholn, bonnets, lerreat i rattraper.
Remarquez devant tous ces noms la suppression de ^article qui donne à la phrase un tour plus vif et plus animé.
M. Que remarquez-vous sur Torthographe des mots arriver et Attraper àsitis ces phrases?— £. La consonne qui suit la voyelie initiale y est redoublée. — M. Pourriez-voua en expliquer la raison? — E. Oui ; les deux verbes sont composés des radicaux trape et rive et de la préfixe ad, qui indique un mouvement de rapprochement : attirer auprès d'une trappe, prendre, saisir par surprise ; aller vers la rive, vers le but, joindre, arriver. D'après une règle générale d'euphonie , la consonne douce d de ad placée devant une consonne forte se change en une consonne de même nature, et de là la double consonne de attrape, arrive, — M. Pourriezvous me citer d'autres exemples de consonnes ainsi redoublées par la transformation d'une préfixe? — E. Attirer, formé de ad et de tirer; affecter^ formé de ad et Affecter; irrégnlier de in et de régulier , etc.
L'un le niait par Toile, vn autre par le eorpa.
Que remarquez-vous sur la seconde proposition de cette phrase? — E. Qu'elle est elliptique; le verbe déjà exprimé dans la première y est sous-entendu , ce qui donne plus de rapidité à la
Jlf. Voilà plusieurs mots terminés par la syllabe or qui figurent dans ce morceau, tels que or, fort ^ corps. Vous avez vu précédemment les mots : le bord de la Seine. Pourriez-vous me dire si cette syllabe s'écrit par les mêmes lettres, et s'il y a un moyen de reconnaître les lettres que la prononciation n'annonce pas et qui figurent cependant dans l'orthographe de la syllabe? ^£. La syllabe or dans les quatre mots s'écrit d'une manière différente par suite des lettres muettes qui y sont ajoutées. Pour reconnaître si une syllabe finale contient des lettres muettes et quelles sont ces lettres, il faut chercher les dérivés du mot auquel appartient la syllabe, et presque toujours ces dérivés mettent en évidence la consonne muette et la font connaître.
Ainsi ses dérivés e^ré, dorée, montrent que la syllabe or dans ie mot l'or se termine simplement par un r. Les dérivés bor-
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dttre^ border, de bordy iadiqueni au conlralre la cooaomifi muetto d après le r, comme les moits sortir , svTtihêgey dérivé» de sori^ indiquent le t. Enfin, les mots corporel^ corporation, dérivés de corps y indiquent le p muet. -— M* Le mot corps a de pUis un s muet que la dérivation n'iadique pas* et qui 6$t un reste de Torthographe du mot latin corpus, dont le mot français corps a été dérivé.
Un trobi^me lurrlent et I« pre.nd par la tôt».
Quel est le sens du mot survient? •— E, 11 veut dire arriva sur ces entr(>f8ites, Tient sur, après les autres. —Jtf. Ce mot eatil simple ou composé? — E, Il est composé du mot venir et de ia préfixe sur qui veut dire par* dessus, venir par-^daaant. -^ M. Pourriez-vous indiq^ier d'autres puéBxes entrant en composi-^ lion avec venir f — E. Advenir , convenir, devenir, énénemeut^ inventeur, intervenir , parvenir y prévenir ^ provenir y rêve* nir, etc. — M. Pourriez^vous me trouver des applications de etm divers mots dans les morceaux que vous avea déjk étudiés?*-^ £. Dans la fkbie le Lion et le Rai .*
Cependant U aM»t gn'au sortir des f(y,êtB»
pour il arriva. Dans la foble du Lièvre et delà Toriue:
SaroLc quoi« ce n*e8t pim raffalre, Ni de quel juge Von convint,
pour on s*entendit à jnendrCy on fut d'accord de prendre.
Oh I oh ! dit le grillon, je ne suis pins fftchtf.
Voici la seconde interjection que nous trouvons dans celte fal>le. Quelle était la première? — E. /Ih. ! disait le grillon. — M» Ces deux interjections difrèrcnt-elles do sens? — * E, Beaucotip. La première est une expression de tristesse, de regret, d'envie, ei correspond à hélas, La seconde, au contraire, est uiae eiifkreigSiioa de surprise, d'élonnemcnl.
Pour vivre heurcnx, vivons cache.
Cette phrase ne vous présente-t-elle aucune apparence dVré« gularité dans son orthographe? — E. Le participo caché, qui se rapporte au sujet du verbe, semblerait devoir être mis au pluriel, puisque le verbe est lui-même au pluriel. U faudrait donc, d'après la règle : vivons cachés. — M, On peut cependant justifier cette phrase. Rappelez-vous qu'à la secrndo personne du singulier ou
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emploie la forme plurielle du pronom et du verbe, bien qu^on ne parle qu'à une seule personne, et alors l'adjectif resle au singulier. Exemples : Fous êtes brutal, vous paraissez libéral. De même on emploie quelquefois la forme plurielle à la première personne de Timpératif, lors môme qu'il n'est question que d'une seule personne. Ainsi un homme seul se dira à lui-même : allons, montrons-nous libéral^ ou bien, en parlant à quelqu'un, au lieu de dire ne soyez pas brutal , il dira à la première personne, d'après un tour que Tusage autorise , ne soyons pas brutaL L'auteur a donc pu écrire par cette raison : vivons cac/ié^ en mettant cette phrase dans la bouche même du grillon.
Observation. — Nous croyons utile de répéter qu'en donnant cet exemple d'explication d'une leçon sous le rapport de la grammaire et du style , nous sommes très-loin de penser que ce morceau puisse être expliqué dans une classe avec tous les développements et tous les détails dans lesquels nous venons d'entrer. Le temps de la leçon y suffirait à peine. Un commentaire aussi prolongé fatiguerait l'attention des élèves, et cette fatigue en ferait perdre le fruit. D'ailleurs les remarques qui soulèvent successivement des questions d'orthographe et de grammaire, qui traitent de la signiBcation absolue et relative des mots , et qui s'élèvent des principes de l'étymologie et de la synonymie jusqu'aux formes et aux mouvements de style et aux appréciations de goût, resteraient fréquemment en dessus ou en dessous de la moyenne des connaissances et du développement intellectuel d'une classe. Si nous les avons ainsi réunies et assemblées dans cet exemple, c'est afin de montrer aux maîtres comment l'explication d'un morceau, sous le rapport de la langue seulement, peut être mise à la portée de tous les élèves, depuis ceux qui commencent l'étude de la grammaire jusqu'à ceux qui sont assez avancés pour s*occuper de style et de compositions. C'est donc aux maîtres de choisir dans nos explications celles qui se rapprochent de la nature des études et de la portée d'intelligence de leurs élèves, sans craindre toutefois de revenir de temps en temps en arrière ou de faire des excursions anticipées sur des sujets plus élevés.
Il y a toujours utilité à ramener de temps en temps les enfants sur des matières déjà parcourues; d'un autre côté, il ne faut pas trop les tenir en lisière, et il est quelquefois bon d'élever un peu l'enseignement au-dessus des leçons du jour et de leur ouvrir à l'avance des horizons sur les contrées où ils pénétreront plus lard. Ces retours en arrière et ces anticipations sont un exercice égale*