AVANT-PROPOS
Nos lecteurs viennent de juger M. Warden , eni appréciant son ouvrage. U» ont vu, dans Tun » un bon homme qui tranche du capable , et dans lautre un amalgame bizarre de notions hasar« dées et de véridiques documens. Tel doit être le résultat dune curiosité vorace, qui, semblable à un appétit désordonné , avale sans choisir et rend sans digérer,
A l'apparition des lettrés de M. Warden, tous les habitans de Longwood éprouvèrent un sentîmient mêlé de surprise , d'indignation et de mépris. Ils s'étonnèrent qu'un homme auquel sa profession suppose du sens, en manquât au point d'accumuler tant de bévues , de méprises , de niaiseries , et de les offrir comme le fruit de ses studieuses observations ; ils furent indignés de ce que , pavané d'orgueil et fanfaron d'ingratitude, il se targuât d'avoir insulté le grand homme* dont réellement il avait révéré l'auguste infortune. Toutefois 9 en réfléchissant à la position
ÀVAJfT-PROPOS. 3o5
précaire dun pUébotomiste , dont sou gouver-^
ment veut enchaîner la pensée , parce qu'il paie les services ; eu songeant surtout au caractère de M. Warden, triste et singulier mélange de fierté britannique et d'humilité naturelle» ils le prirent en pitié. C'est je crois « cette réunion de sentimens qu'auront éprouvé les lecteurs*
Cependant son recueil, tout informe qu'il fût , avait produit sur tout ce qui sait lire et penser, une sensation profonde. U y avait dé}à longtemps que les douleurs de Longwood re<tentissaient dans les cœurs français ; seulement celui qui en était le principal objet eût désiré» qu'épuré par la vérité , leur récit devint digne de la France , comme la résignation qui les lui faisait supporter était di^e de lui.
A mesure donc que TEmpereur examinait le recueil de M. Warden , il réunissait sur chacune des lettres qui le composent, une série d'obser*^ vations critiques , de remarques judicieuses et surtout de documens anecdotiques. Ce Prince n'ignorait pas que la renommée qui plane sans cesse sur la tète des hommes tels que lui , s'empare de toutes leurs actions qu eHe dicte à
3o6 AVÀNT-PROIPOS.
rhîstoire ^ et dont celle-ci ,^flp^ose ses pages immortelles : il . eût tonlu (]^^celles de son tii'>fbrttine , devinssent comme . ceHes de ses pro6«* pérités f dignes des générations auxquelles il a li^tié Tune et Taûtre gloire. Voilà rdrijg^ine ^u recueil connu soûs le titre de Lettres écrites du Cap de Bonne'Espérance : c'est celui que ù<mê Mpfoduisons.
Aycc l'esprit de Fempereur Napoléon , on y reconnaîtra celui qui animait ses illustres amis i tout fut inspiré , tout fut dicté pair lui ^ tout fut saisi , tout fut constaté par eux. L'autlieatieité B'a pas de caractères (dus décisifs.
La traduction de ces deux correspondaocMy fiaiite aTec scrupule, a été conférée de nouwau sur l'original publié en anglais. L'Editeur Va enricbie de notes et.de citations extraités d'outrages ana. ïogues, et qui fouissetit d'une estime Incontestée - Son patrlottisme éprôuré periïiMKtena aiséibèM que sur cet objet , domine dans tovs ceu'x qu'if ptiblîe, il a réuni ses efforts pour la m^mfe^atiôli et te triomphe de là vérité.
LETTRES
"^ • ÉCRIÏËS
DE LOJSGW.OOD;
i ,£X C09JIUSS jusqu'ici SOU&liE TITRi; ,..
OS
Dû CAp DË fiÔNNE lËgPÉkANCÉ/
• f • il
h ; 'PREMIÈRE LETTRE.
Câp de Borttïc-Ë8|)ëfaiicr; t^ ti%ri\ 1817. Ma GilERE AMIE,
JLm lettre» ééfites par H. Wj&rd6H;:dihnii%ién
"^ Hprtkuinb0fiandj^me soijt parvenues dans laba
YeiJMiie/ J'apprends que ce rediiefl a en 'plttsieurs
éêSUtmt ,'et c^ne depièis loDg^empe aitcuxi . oil-<^
ÏM^; i^'ii '«iM»iK «KciCé ta otificysité .'do pûEUc ;
'et Vétts IM^ 'dlJÉlàâtlei'môii f«|;emmt sur la tié-
^¥Mffft tfë^FëatèW^ lut TâUttiéiÀticité âeilbiM
~2fàfA yjipfk)i^rérJ'a{ céùWL M. Wîmten, tunt à
l>«iiNl àa N&fthwnkrtmd , qé^A Sà^ui^ HëlélM ;
^\tLi a <30titrilmé à riâlérét |it<ior|id<(i«ié pttrMn
0it>Wii(fév Cest â'«îlleiiirs un homme ^ûit^m pu»
5o& PIÈÇES'SUR CE IPUlSONlflEa
sans talent. D'abord « il se signala par son avide curiosité pour tout ce qui concerne Napoléon ; mais ignorant le français et l'italien , seules langues modernes que parle ce grand homme, ii n'a pu rien apprendre que par le comte Las CSa* ses » ou par le comte Bertrand. Or , le premier, qui a résidé quelques années ^n Angletenre , parle peu correctement notre langue , quoiqu'il Fentende fort bien ; et Tautre la parle plus mal encore. Des Français embarqués a la suite de l'Empereur ^.madame Bertrand est la seiile qui parle l'anglais aveo facilité et le prononce cor* rectement. Sur cette observation , vous jugerez de l'exadtititde de M. .Warden et <fe la: véradté de sa narration; et je n'ajoiiteraia rien , si vour ne désiriez d'amples détinls, et que je . répondisw ii vos nombreuses questions. ' Je ne. pgiiYV^ d'ailleurs trouver d'^xcMe pour m^im^ieat le temps ne mermasi^pie pas; je Siiiis vemu ai| jCfi|p pour des affaires qui m'y feronf pi^loiig^ iqoiii séfoor; ntato\i|kiQ;chaleur exp^M^e: et les t<M|i|r-* bilk>iw^4e |iQ«i)M^ me retiennenl^^ la maijKm la plusgrapABtjpar^l^Ja j^piirnée. Au lieu doi|c de psmâr vc^nttmfsmtKGuiak^jXkof^
dijçf^ dM GâffreSy-et lord. Somoçierset » }e remplotmicà Vous transmettre d'intéressantes partioïdarités. M. Wardeitayant dif isé son trayail ea huit lettres , je suivrai le même j^an : chacune des miennes présentera les observations provoquées par la lecture de sa relation ; et j'y ajouterai de nouvelles anecdotes , afin de satisfaire plus amplement votre ouiriosité.
Vous n'ignorez pas qu'un assez long séjour en France, m'a rendu familière la langue de ce pays, ^ que je la parle aveo^ quelque facilité. J'ai pu aussi parcoiuir plusieurs manuscrits importans, sur les événemens mémorables qui se sont passés depuis, vingt années» et dont, quelques-uns ont été'dictéa.par Napoléon lui-niéme aux oflSiciers de sa suite*
Pendant la traversée du Northumberland , j'avais l'honneur , une fois ou deux par semaine, de converser queues minutes avec Napoléon ; et je n'ai pas , je crois , passé on, seul jour sans n'entretenir avec ses officiers. A Sainte-Hâène, je déjeûnais souvent avec madame Bertrand ; enfin j'ai eu deux entrevttibs de plus d'un quart d'heure chacmie, et que je pourrais dire intimes^
3o6 AVÀNT-PROIPOS;
rhîstoire ^ et dont celle-ci ,jflp|>ose ses pag^s immortelles : il . eût totilù (^p^celks de son in^ fortune , devinssent comme , eeHes de ses pros^ j^rités , dignes des géoérations auxquelles il « ïégaé Tune et laùtre gloire. Voilà rdrijgine du recueil connu soùs le titre de Lettres écrites du Cap de Borme'Espérance : c'est celui que âonâ ^produisons.
Atec Tesprît de l-empereur Napoléon , on y reconnaîtra celui qui animait ses illustres amis : tout fut inspiré , tout fut dicté par lui ^ tottt fut saisi , tout fut constaté par eux. L autlieiitieité B'a pas de caractèi^s (dus décisifs.
La traduction de ces deux correspondaBeesy fiaiite aTec|(crupule, a été conférée de nouwau sur Toriginal publié en anglais. L'Editeur Va enrichie de notes et.de citations extraites d-oût rages ana. lojgues» et qui îouissent d'une estime încônlestéer Son patrlottiame éprouté .pertfiMKtena aisétiièiil que sur cet objet , domine dans tovs ceu-x qu'if ptiblie, il à réuni ses efforts pour ta m^nifeAatîôti étle triomphe de là vérité.
et du capitaiiiie Maitland. Enfin vou$ aurez fait attention à sa nianière. de vivre , soit pendant la traversée , soit durant le peu de t^mps que le vaisseau resta à Torbay et à Plymouth, où il ne lui fut permis de séjourner que vingt jours. Je réserve pour une autre occasion mes remarques sur la décision que Ton .prit à cette époque. Je ne puis rien ajouter à la profonde impression que cette narration simple et sans artifice aur^ produite Sjir votre esprit. Cependant lauteur a omis d y insérer la lettre que l'Empereur écrivit au Prince-régent. Quoiqu'elle ait été déjà publiée 9 je crois devoir l'insérer ici , telle que je l'ai reçue de l'officier qui la copia sur l'original. Cette lettre prouve la confiance qu'avait l'Empereur en nos lois , en notre constitution , et dans la grandeur de notre caractère national.
Altesse Roy AIE l c En but aux factions qui divisent mon pays,
« et à l'inimitié des principales puissances de
« rËurope , j'ai terminé- ma carrière politique. « Je viens , comme Thémistocle , m asseoir sur le « foyer britannique; je me mets soiis la prolec-
Sia PIÈCB5 SUR LB FaiSOIfNIER
« tioQ de ses lois que je réclame de Votre Altesse
« Royale, comme du plus puissant , du plus con- « stant, et du plus généreux de mes ennemis.
Napoléon.
Rochelbrty i3 juillet x8i5.
Après la formalité d'un désarmement, que
plusieurs personnes jugèrent un acte au moun inutile , et après qu'il eut été déclaré prisonnier de guerre , Napoléon arriva , le 4 ^^^^ i8i5 , à bord du Narthumberland^ où, pour h, première fois , j'eus rhonneur de le voir. Le même jour , après diner, il eut une conversation d'à-peu-près une heure avec lord Lowther et M. Lyttleton ; conversation qui, pour le dire en passant , a été rapportée d'une manière inexacte dans les journaux. Dans la soirée il parla avantageusement de la politesse de lord Lowther et surtout des sentimens qu'il avait manifestés : il s'informa de son nom et de sa qualité. Tant qu'il fut a bord du Northutnberland^ on se servit rarement en s'adressant à lui , du titre de général^ qualification à laquelle il avait déclaré qu'il ne répondrait pas. M. Warden désirait trop gagner sa confiance et entrer dans son intimité , pour
OK 8ÂIlfT£-HSLÈBIE. 5l3
commettre une inconvenance qu'il savait offensante pour ce prince. A la vérité» lés dépêches du gouvernement lui ont .toujours donné ce titre ; mais, hors de là, on évita autant que possible de s'en servir.
c Les droits de l'Empereur à porter la pour« pre impériale , dit le général Montholon , ont été reconnus par toutes les puissances; et quant au parti récemment proclamé en Eu<* rope, sous le titre mystique de parti de là Légitimité^ son objet parait en opposition avec les saintes écritures , les lois , les coutumes de relise et les maximes de la religion. Les événemens des siècles passés peuvent -ils persuader aux nations qu'elles appartiennent de droit divin , et à perpé^ité , à quelques familles? Lorsque David détrôna la famille de Saùl, pour lui succéder «David était-il légitime? lui, qui déclara qu'il ne se considérait roi que par l'onction ?
c En France, ajouta Montholon, plusieurs familles se sont succédé au trône et ont formé diverses dynasties , soit par la volonté ou le consentement du peuple , représenté par
3l4 PIÈGES SUR'Ir^ StRISOltinER
f les nsseinblées du Champ de Mars au de.Mf^U f 3Qili par les suffrages des parlemens , cooipo- « ses dévéques et de barons^ qui, à ces époques, ft constituaientla natiou. Dans votre propre pays«
< continua-t-il, combien de différentes maisons « uej^esonti^Uespassucçessiveiiient remplacées? « La maisou d-HanoTre q\ii succéda aux Stuarts, « en les détrônant , règne aujourd'hui , parce
< que vos aïeux Font voulu ainsi , et parce qu'il c était indispei^sable qu'elle gouvernât pour « conserver leurs intérêts., leurs opinions poli- C tiques et reli^eyses, Nos vieillards ont vu les « efforts tentés par la dernière branche des
< Stuarts, pour effectuer une descente en Ecosse, « OÙ elle fut secopdée par ceux dont les opic nions et les seutimens étaient conformes aux V siei^; maii$ elle fut rejetée et chassée par « l'immense iBa)oi;'ité du peuple Anglais , dont «les nouveaux intérêts et les opinions nouvelles « étaient en opposition avec ceux de cette fa- «.. mille. dégénéréiQ.
> Si Pfapoléoiifut élevé à lempire par le choix t libi:e, du peMple Fraaçais , c'est qu'il était le « seul, ou qu,'îl lej>arut,. qui put conserver les in-
^« 1^ 9 ./été reçonniji, *no¥i7sei|}einQOt par |e^ «utor
« celigioA ,c»kttoIîquè ; et. a!v6ué par tPUtQ^: les « paiisaiioeft><}e TEur^p^ , oauéôKe (iai^fJAi^le'* « terif q . ^^ ^lAS^é 4^ Pi^i W Cpnflul # vî^ ^^ a k Pép^Jiq»ei fçajçfÇftiwvLartf Witbw)rtliijiit
a ds^^ fiit'eâ.vôyé avec la même qualité p]:è$ «ellQ de ^S^nMames. fin i8Q&,;lord L^uder-^ à»h reç»I| def let^yes ^e çréaoce, cop»^ pl4t4poteDtiaire dii roi de la Gra^^e<-Bret:(agiie , pour traiter de 1^, pais^ avec Napoléoa comm^ Emp^r4nr. Cet acte seul ne suffit^il pas poui; prouver qu'il a été reçoDDUsp^x* ll^iigletGFre ^ comme Empereur d^s FrançaU ? Lord Çd^t^ lèreagh , en aiguant à CbÂtiUop i'lJMm¥^^um de ]8i4vlc recomlut da nouveau: avec, toute VEm^opeen calto ^ qualité. Pour que v^re gouvernement fut autor^é ià: o^.l^i idft^^er que k titre 4e f^^r^s.U .^Hdçai* q^' iH p« leût ^maîs r^coimU; Wiia^e. qkffè^ vie 4e>I^ fipubtiqiii^ française; qv^e Ic^-lcçd^ It^a^^^*
3i6 tiicc's dijR xft pRisoifNiER
c t^le et Castlèi'eagh , au nom dii jpeujple et du ir gouverneinent anglais, iie Tenssëiit jamais rei connu Emperéut i/^j^' Franpats. Ou il faudrait que la guen^ qu'on liu feisait alors , eût pour ol^ d6 lui disputer ^ ce titre; circonstance qui certatnemeùt n'a' jam«iB été aUéguée; Vous ifttes, par exemple, autorisés à ne pas reconnaître Joseph tommë )roi d'Espagne , puisque son élévation è cette dignité a occasionné la guerre dans la Péninsule , et qu'elle a empêché l'ouverture des négociations. Pour que Napoléon soûfirit qu'on ne lui donne que le titre de général, il faudrait que la république française , ainsi que la quatrième d^astie n'eussent jamais existé : ce serait en convenir tacitement. Dànis la situation extraordinaire des choses , on : aurait' pu suivre une mesure qui aurait -prévenu ces^ controverses ; c'était ' de lui donner le nom de Napoléon , ou tout autre nom convenu, qui n'emportât pas de qualificati6n;'lnais oh voulait accumuler les outrages' sur Hiomme extraordinaire qui a ^ élevé au- trj&ne les nàaisons de Bavière » de « Saxe et de- Wurtëmbei|[. Votre ftiaison d'Ha-
« novt^ cOo^éwie , iii^ lui doit-elle pas la c^^ c ronne qu'elle. a écjhaiigée çoitfresoii ^o^c^t « éle<HioFa)?»
Pour . en l^eresiir à la situation de ce JPrixice,, sur le ^^^riAitinéMriani/, les besoios de Napoléon étaient si limités, que les midelota en étaientt émerveillés : lia disaient fréqpieminent qu'iyi simple lieut^n^nt causajt plus d'embarnis qpie luL II était, . wmme disent les Français, ùnpoê-^ st6/tf (1)4 n employait une partie de la nuit et de la matinée è lire, ou à écrire , sans sortir , de son appartement. U déjeûnait à dix heures. Vers quatre heures il se rendait dans la grande cahi^iç, ou il jouait aux échecs;: à cinq, l'amiral entiaitdaqs cette cabine , d'où ils passa|iei(it dans une au^ pour dtner. Il semble avoir CK>nCracté rhabitujde de rcfiteriMW.de temps â table, un, quart d'heure â'-peu^près. NéaiHnofa^, pour se conformer à nos usages, il .y paswt une deini-*heure ; alors Qjie levait , montait. «trié, tillac avec le général ;9^'' irand et le[ o^mte Jf^^ Ç^&f» • s'y promenait quel-
(i) Si firaolaa ilMMfw. ed^j rimpavidum ;^dii|t ruinaeu : .. , Bçux.
3i8 prisses 6€ii 0ft prisôHnier
qnès instàns et parfois VaésayàilMirlafi^td'irn tàûûù. Ube héûte àptéi , léft dflialéMtefrtlli teste de la compagnie se levaient de taUè. ^firès urne cottrte conTeitiàtroii ; 9 « relH^if âaÉ^ sâ^cuAine 'et halntiiéttieitféM tnîf'e wiàf et iàlx bewes daas 'ftbtt âppaHétfiéttt. TeHe ét^t Fimif^rmité de ta ^Vié:iAyknt eu FftMùettrde dinei* fréqtteminfiiit Mllteclùr, j-àbM^viirctirltittàihgètdebbn appela fort vite; ^tiesft boisse^ ordiniilfc^efiff dH:r/aîrel (vin deÈordéâM) ilièlàBgé^deui^i€(is}dVKBni; ^i^^ 'flairait et MonillaMi' seuleâm^i f tes lèirôs tle'la Ii<{il«îir q«'Mi lui;pfëieAtaîti;.Jba q^ d«- 'bMd me parut une habitude sîugidifere et même %i2Atfe , teaid dont )e tr<mt«i PexpUisation ^ |par te'i{ue fiappris de tefiAei^sè Mqaisdtde-sen^oAt ét'dë la subtilité de «on odMftt«Ceatmèiiief«r fMUe de ccfttè ' délicatesse ^1f pai«t bôuffi^llr de Vàdéikt ât là peintttv^, à bwd d« tftnthumkek^ hnU , et dûMM- iimê kuràvwsée. Pisndani «a ^j^iéfeiia^ im^ le fàht, â ¥Wr]«t:^vob)ntier8:â ihtiAdër de qtett, au tm^trè d*équ^>age et tkx
*chapelaiâ. H aimait ^ être présent lorsque le ^mSttv&fétkféStiS&A oMwvatiMÉ'èlfMiiiait l^i hauteur. Souvent il adressait des questions éf- MM,
TTa+dfen ■ et OTSéarar , iat là santé tié Téqûipag^ et, SUT quelqtfèîf j^ômts^e Fàtt de guériï, dit àùiAt il âîmàit â* is'entrctèriîl' ', tommû fôisaiit l^attie des srcîetices naturelles. H discourait ^Vêt le jmîmstrè des dogmes et des rit i, des- diffâ^ rentes secte* iieligieusès de FAii^lèteri^e. Airec fe capitaine des soldats- de noiàrîiiè , qui aVall-^tlé soirs tes ordres du' chevalier Sîdhey Smillify àii si^e de Saint<-leafeh^ Acre^ il |[)ariait toH:Vent èe ce ^îége mémorable. Sur tous ces points le tableau qu'a tracé TM. Wardett est exacte. Depuis la catastrophe de Waterloo , jusqu'à son at*l4t6c à Sainte-Hélène , les officiers affirtùètit qu'il tih manifesté àuctm syttipt6med'impatîein(de,de nlauvaise humeur, ou d'abattement; dijé^pen^.qiMs sa figure, 9a contenance et ses lîabitddeft lotit été scrupul^eu«emeift observées et fidèlement *èprésentées par iàotre compatriote. tjiiâtld*il]fmi4è, c^est' plutôt pour inièïrojg;ei' qde pour réponde* Cela ^Vnt, ôtiiré ôâ supériorité nattirello > d^b grande habitude" tie recevoir tmé Ibiilfe dé' pet^sonnes de dinéréntbs prorëssibns ; paY'îâ il s'est accouMmé à entreten'ir 'cha'cùn de celle" quH eWrce^ Je 1 m vu coiwcffèèr à Sbinte-Hélèûe p^n-
320 PIECES SUR LE FEISOlfNIER
dant plus d*une demi-heure , avec un vieil clave de JSiam, aux réponses duquel il me sembla prendre quelque plaisir. Son attention marquée de rendre le salut aux personnes du plus bas étage , aux esclaves eux-mêmes , me parut d'abord aflfectée ; mais j'appris que telle avait touîours été son invariable habitude. A cet égard U avait déclaré qu'il était du devoir du chef d'une nation, de rendre le salut à tout le monde, parce qu'à ses yeux tous les hommes avaient 1^ mêmes . droits politiques et pouvaient réclamer une^ptection égale du souverain , qui est l'orw gane vivant et permanent de la loi.
L'éqpipage avait conçu pour lui une aflfection respectueuse; et je reconnus qu'il recevait avec le plus graqd plaisir l'attention que les aspirans lui témoignaient , en formant autour de sa personne une espèce de garde d'honneur, pendant 1^ manœuvres , dans la crainte que les matelots ne rapprochassent trop. J*étais présent le jour où on liii présenta un jeune gentilhomme , fils
du général Robert Wilson , . dont il connaissait fort bien les ouvrages (i); et ne remarquai sur
(i) Ce géaéral Jrà'alwtd iBOfiiilé au général Bonaparte
Î)É SAINTE-HÉIÈNF. . 5^1
ia contenance de l'Empereur aucune émotion qui contraignît son sourire bienveillai^t. Je me. hâte de terminer cette longue lettre , par remarquer que dans une discussion qui eut lieu il y a quelques mois , lorsque Napoléon fut informé qu'on avait émis une opimon semblable à celle énoncée par M. Wai^den , savoir : « Que ce qui « avait déterminé $on abdication était une « fausse lettre du prince de Metternich , au su- « jet des intentions de l'Autriche sut son filsj « lettre qui lui avait été présentée par Fôuché; >. il déclara que cette assertion jetait fausse et même ridicule; à quoi il ajouta qu'il était étonnant qu'on l'eût avancée, plus étonnant qu'on l'eût crue. ...
Les motifs qui ont décidé l'Empereur à abdiquer , ainsi que les négociations secrètes avec la
Tempoisonnement des pestiférés : mieux informé , et éclairé par une explication du docteur Desgenettes, il s'est rétracté; et 0 résulte de cette explication qu'une dose d'opium mêlée aux médîcamens d'un très-petit nombre de malades 5 a prévenu des souffrances inévitables^ et terminé paisiblement une vie que des douleurs atroces pro'^ longeaient sans espoir.
Russie et TAutriche à cet égalai , sont exposés avec tant de force et de clarté dans l'ouTrage dont nous ayons parlé , qu'il serait difficile d'y rien ajoutera
Je ne me souviens pas que M. Warden ait eu de fréquentes conversations avec Napoléon à bord du N arthumberland ; mais j'ai observé que ce Prince le recevait toujours avec plaisir, et souriait à son approche. Par occasion j ai remarqué que sa bouch^ est la partie la plus expressive de sa physionomie: elle décèle rapidement et énergiquement les différentes émotions
de son âme (i).
(i) Dans son Introduction à V Histoire de l* Empire Français y ouvrage qui fait, mieux qu'aucun peut-être^ connaître Napoléon 9 parce qu'il est l'histoire de son âme et de son caractère 5 voici le portrait qu'en a jtracé M. Regnault Warin: «L'âme forte et inflexible du prec mier ^ Brutus était entrée dans son sein. On eût dit « qu'ayec cette âme républicaine tX despotique il avait c revêtu 1^ traits de celai qu'elle inspira. Sur ce front c large s'assied la volonté opiniâtre ; l'impatiente codira- € diction plisse ces noirs sourcils ; oe teint pâle est celui « de l'ambition rêveuse; et de ces lèvres amincies sont « prêts à sortir les arrêts qui la fek*ont triompher. » -— Tom. I. s* édit. , pag. 11.
SE SAINTE HÉLÈITE. 3a3