‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinction (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nos lecteurs viennent de juger M. Warden , eni appréciant son ouvrage. U» ont vu, dans Tun » un bon homme qui tranche du capable , et dans lautre un amalgame bizarre de notions hasar« dées et de véridiques documens. Tel doit être le résultat dune curiosité vorace, qui, semblable à un appétit désordonné , avale sans choisir et rend sans digérer,

A l'apparition des lettrés de M. Warden, tous les habitans de Longwood éprouvèrent un sentîmient mêlé de surprise , d'indignation et de mépris. Ils s'étonnèrent qu'un homme auquel sa profession suppose du sens, en manquât au point d'accumuler tant de bévues , de méprises , de niaiseries , et de les offrir comme le fruit de ses studieuses observations ; ils furent indignés de ce que , pavané d'orgueil et fanfaron d'ingratitude, il se targuât d'avoir insulté le grand homme* dont réellement il avait révéré l'auguste infortune. Toutefois 9 en réfléchissant à la position

ÀVAJfT-PROPOS. 3o5

précaire dun pUébotomiste , dont sou gouver-^

ment veut enchaîner la pensée , parce qu'il paie les services ; eu songeant surtout au caractère de M. Warden, triste et singulier mélange de fierté britannique et d'humilité naturelle» ils le prirent en pitié. C'est je crois « cette réunion de sentimens qu'auront éprouvé les lecteurs*

Cependant son recueil, tout informe qu'il fût , avait produit sur tout ce qui sait lire et penser, une sensation profonde. U y avait dé}à longtemps que les douleurs de Longwood re<tentissaient dans les cœurs français ; seulement celui qui en était le principal objet eût désiré» qu'épuré par la vérité , leur récit devint digne de la France , comme la résignation qui les lui faisait supporter était di^e de lui.

A mesure donc que TEmpereur examinait le recueil de M. Warden , il réunissait sur chacune des lettres qui le composent, une série d'obser*^ vations critiques , de remarques judicieuses et surtout de documens anecdotiques. Ce Prince n'ignorait pas que la renommée qui plane sans cesse sur la tète des hommes tels que lui , s'empare de toutes leurs actions qu eHe dicte à

3o6 AVÀNT-PROIPOS.

rhîstoire ^ et dont celle-ci ,^flp^ose ses pages immortelles : il . eût tonlu (]^^celles de son tii'>fbrttine , devinssent comme . ceHes de ses pro6«* pérités f dignes des générations auxquelles il a li^tié Tune et Taûtre gloire. Voilà rdrijg^ine ^u recueil connu soûs le titre de Lettres écrites du Cap de Bonne'Espérance : c'est celui que ù<mê Mpfoduisons.

Aycc l'esprit de Fempereur Napoléon , on y reconnaîtra celui qui animait ses illustres amis i tout fut inspiré , tout fut dicté pair lui ^ tout fut saisi , tout fut constaté par eux. L'autlieatieité B'a pas de caractères (dus décisifs.

La traduction de ces deux correspondaocMy fiaiite aTec scrupule, a été conférée de nouwau sur l'original publié en anglais. L'Editeur Va enricbie de notes et.de citations extraités d'outrages ana. ïogues, et qui fouissetit d'une estime Incontestée - Son patrlottisme éprôuré periïiMKtena aiséibèM que sur cet objet , domine dans tovs ceu'x qu'if ptiblîe, il a réuni ses efforts pour la m^mfe^atiôli et te triomphe de là vérité.

LETTRES

"^ • ÉCRIÏËS

DE LOJSGW.OOD;

i ,£X C09JIUSS jusqu'ici SOU&liE TITRi; ,..

OS

Dû CAp DË fiÔNNE lËgPÉkANCÉ/

• f • il

h ; 'PREMIÈRE LETTRE.

Câp de Borttïc-Ë8|)ëfaiicr; t^ ti%ri\ 1817. Ma GilERE AMIE,

JLm lettre» ééfites par H. Wj&rd6H;:dihnii%ién

"^ Hprtkuinb0fiandj^me soijt parvenues dans laba

YeiJMiie/ J'apprends que ce rediiefl a en 'plttsieurs

éêSUtmt ,'et c^ne depièis loDg^empe aitcuxi . oil-<^

ÏM^; i^'ii '«iM»iK «KciCé ta otificysité .'do pûEUc ;

'et Vétts IM^ 'dlJÉlàâtlei'môii f«|;emmt sur la tié-

^¥Mffft tfë^FëatèW^ lut TâUttiéiÀticité âeilbiM

~2fàfA yjipfk)i^rérJ'a{ céùWL M. Wîmten, tunt à

l>«iiNl àa N&fthwnkrtmd , qé^A Sà^ui^ HëlélM ;

^\tLi a <30titrilmé à riâlérét |it<ior|id<(i«ié pttrMn

0it>Wii(fév Cest â'«îlleiiirs un homme ^ûit^m pu»

5o& PIÈÇES'SUR CE IPUlSONlflEa

sans talent. D'abord « il se signala par son avide curiosité pour tout ce qui concerne Napoléon ; mais ignorant le français et l'italien , seules langues modernes que parle ce grand homme, ii n'a pu rien apprendre que par le comte Las CSa* ses » ou par le comte Bertrand. Or , le premier, qui a résidé quelques années ^n Angletenre , parle peu correctement notre langue , quoiqu'il Fentende fort bien ; et Tautre la parle plus mal encore. Des Français embarqués a la suite de l'Empereur ^.madame Bertrand est la seiile qui parle l'anglais aveo facilité et le prononce cor* rectement. Sur cette observation , vous jugerez de l'exadtititde de M. .Warden et <fe la: véradté de sa narration; et je n'ajoiiteraia rien , si vour ne désiriez d'amples détinls, et que je . répondisw ii vos nombreuses questions. ' Je ne. pgiiYV^ d'ailleurs trouver d'^xcMe pour m^im^ieat le temps ne mermasi^pie pas; je Siiiis vemu ai| jCfi|p pour des affaires qui m'y feronf pi^loiig^ iqoiii séfoor; ntato\i|kiQ;chaleur exp^M^e: et les t<M|i|r-* bilk>iw^4e |iQ«i)M^ me retiennenl^^ la maijKm la plusgrapABtjpar^l^Ja j^piirnée. Au lieu doi|c de psmâr vc^nttmfsmtKGuiak^jXkof^

dijçf^ dM GâffreSy-et lord. Somoçierset » }e remplotmicà Vous transmettre d'intéressantes partioïdarités. M. Wardeitayant dif isé son trayail ea huit lettres , je suivrai le même j^an : chacune des miennes présentera les observations provoquées par la lecture de sa relation ; et j'y ajouterai de nouvelles anecdotes , afin de satisfaire plus amplement votre ouiriosité.

Vous n'ignorez pas qu'un assez long séjour en France, m'a rendu familière la langue de ce pays, ^ que je la parle aveo^ quelque facilité. J'ai pu aussi parcoiuir plusieurs manuscrits importans, sur les événemens mémorables qui se sont passés depuis, vingt années» et dont, quelques-uns ont été'dictéa.par Napoléon lui-niéme aux oflSiciers de sa suite*

Pendant la traversée du Northumberland , j'avais l'honneur , une fois ou deux par semaine, de converser queues minutes avec Napoléon ; et je n'ai pas , je crois , passé on, seul jour sans n'entretenir avec ses officiers. A Sainte-Hâène, je déjeûnais souvent avec madame Bertrand ; enfin j'ai eu deux entrevttibs de plus d'un quart d'heure chacmie, et que je pourrais dire intimes^

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rhîstoire ^ et dont celle-ci ,jflp|>ose ses pag^s immortelles : il . eût totilù (^p^celks de son in^ fortune , devinssent comme , eeHes de ses pros^ j^rités , dignes des géoérations auxquelles il « ïégaé Tune et laùtre gloire. Voilà rdrijgine du recueil connu soùs le titre de Lettres écrites du Cap de Borme'Espérance : c'est celui que âonâ ^produisons.

Atec Tesprît de l-empereur Napoléon , on y reconnaîtra celui qui animait ses illustres amis : tout fut inspiré , tout fut dicté par lui ^ tottt fut saisi , tout fut constaté par eux. L autlieiitieité B'a pas de caractèi^s (dus décisifs.

La traduction de ces deux correspondaBeesy fiaiite aTec|(crupule, a été conférée de nouwau sur Toriginal publié en anglais. L'Editeur Va enrichie de notes et.de citations extraites d-oût rages ana. lojgues» et qui îouissent d'une estime încônlestéer Son patrlottiame éprouté .pertfiMKtena aisétiièiil que sur cet objet , domine dans tovs ceu-x qu'if ptiblie, il à réuni ses efforts pour ta m^nifeAatîôti étle triomphe de là vérité.

et du capitaiiiie Maitland. Enfin vou$ aurez fait attention à sa nianière. de vivre , soit pendant la traversée , soit durant le peu de t^mps que le vaisseau resta à Torbay et à Plymouth, où il ne lui fut permis de séjourner que vingt jours. Je réserve pour une autre occasion mes remarques sur la décision que Ton .prit à cette époque. Je ne puis rien ajouter à la profonde impression que cette narration simple et sans artifice aur^ produite Sjir votre esprit. Cependant lauteur a omis d y insérer la lettre que l'Empereur écrivit au Prince-régent. Quoiqu'elle ait été déjà publiée 9 je crois devoir l'insérer ici , telle que je l'ai reçue de l'officier qui la copia sur l'original. Cette lettre prouve la confiance qu'avait l'Empereur en nos lois , en notre constitution , et dans la grandeur de notre caractère national.

Altesse Roy AIE l c En but aux factions qui divisent mon pays,

« et à l'inimitié des principales puissances de

« rËurope , j'ai terminé- ma carrière politique. « Je viens , comme Thémistocle , m asseoir sur le « foyer britannique; je me mets soiis la prolec-

Sia PIÈCB5 SUR LB FaiSOIfNIER

« tioQ de ses lois que je réclame de Votre Altesse

« Royale, comme du plus puissant , du plus con- « stant, et du plus généreux de mes ennemis.

Napoléon.

Rochelbrty i3 juillet x8i5.

Après la formalité d'un désarmement, que

plusieurs personnes jugèrent un acte au moun inutile , et après qu'il eut été déclaré prisonnier de guerre , Napoléon arriva , le 4 ^^^^ i8i5 , à bord du Narthumberland^ où, pour h, première fois , j'eus rhonneur de le voir. Le même jour , après diner, il eut une conversation d'à-peu-près une heure avec lord Lowther et M. Lyttleton ; conversation qui, pour le dire en passant , a été rapportée d'une manière inexacte dans les journaux. Dans la soirée il parla avantageusement de la politesse de lord Lowther et surtout des sentimens qu'il avait manifestés : il s'informa de son nom et de sa qualité. Tant qu'il fut a bord du Northutnberland^ on se servit rarement en s'adressant à lui , du titre de général^ qualification à laquelle il avait déclaré qu'il ne répondrait pas. M. Warden désirait trop gagner sa confiance et entrer dans son intimité , pour

OK 8ÂIlfT£-HSLÈBIE. 5l3

commettre une inconvenance qu'il savait offensante pour ce prince. A la vérité» lés dépêches du gouvernement lui ont .toujours donné ce titre ; mais, hors de là, on évita autant que possible de s'en servir.

c Les droits de l'Empereur à porter la pour« pre impériale , dit le général Montholon , ont été reconnus par toutes les puissances; et quant au parti récemment proclamé en Eu<* rope, sous le titre mystique de parti de là Légitimité^ son objet parait en opposition avec les saintes écritures , les lois , les coutumes de relise et les maximes de la religion. Les événemens des siècles passés peuvent -ils persuader aux nations qu'elles appartiennent de droit divin , et à perpé^ité , à quelques familles? Lorsque David détrôna la famille de Saùl, pour lui succéder «David était-il légitime? lui, qui déclara qu'il ne se considérait roi que par l'onction ?

c En France, ajouta Montholon, plusieurs familles se sont succédé au trône et ont formé diverses dynasties , soit par la volonté ou le consentement du peuple , représenté par

3l4 PIÈGES SUR'Ir^ StRISOltinER

f les nsseinblées du Champ de Mars au de.Mf^U f 3Qili par les suffrages des parlemens , cooipo- « ses dévéques et de barons^ qui, à ces époques, ft constituaientla natiou. Dans votre propre pays«

< continua-t-il, combien de différentes maisons « uej^esonti^Uespassucçessiveiiient remplacées? « La maisou d-HanoTre q\ii succéda aux Stuarts, « en les détrônant , règne aujourd'hui , parce

< que vos aïeux Font voulu ainsi , et parce qu'il c était indispei^sable qu'elle gouvernât pour « conserver leurs intérêts., leurs opinions poli- C tiques et reli^eyses, Nos vieillards ont vu les « efforts tentés par la dernière branche des

< Stuarts, pour effectuer une descente en Ecosse, « OÙ elle fut secopdée par ceux dont les opic nions et les seutimens étaient conformes aux V siei^; maii$ elle fut rejetée et chassée par « l'immense iBa)oi;'ité du peuple Anglais , dont «les nouveaux intérêts et les opinions nouvelles « étaient en opposition avec ceux de cette fa- «.. mille. dégénéréiQ.

> Si Pfapoléoiifut élevé à lempire par le choix t libi:e, du peMple Fraaçais , c'est qu'il était le « seul, ou qu,'îl lej>arut,. qui put conserver les in-

^« 1^ 9 ./été reçonniji, *no¥i7sei|}einQOt par |e^ «utor

« celigioA ,c»kttoIîquè ; et. a!v6ué par tPUtQ^: les « paiisaiioeft><}e TEur^p^ , oauéôKe (iai^fJAi^le'* « terif q . ^^ ^lAS^é 4^ Pi^i W Cpnflul # vî^ ^^ a k Pép^Jiq»ei fçajçfÇftiwvLartf Witbw)rtliijiit

a ds^^ fiit'eâ.vôyé avec la même qualité p]:è$ «ellQ de ^S^nMames. fin i8Q&,;lord L^uder-^ à»h reç»I| def let^yes ^e çréaoce, cop»^ pl4t4poteDtiaire dii roi de la Gra^^e<-Bret:(agiie , pour traiter de 1^, pais^ avec Napoléoa comm^ Emp^r4nr. Cet acte seul ne suffit^il pas poui; prouver qu'il a été reçoDDUsp^x* ll^iigletGFre ^ comme Empereur d^s FrançaU ? Lord Çd^t^ lèreagh , en aiguant à CbÂtiUop i'lJMm¥^^um de ]8i4vlc recomlut da nouveau: avec, toute VEm^opeen calto ^ qualité. Pour que v^re gouvernement fut autor^é ià: o^.l^i idft^^er que k titre 4e f^^r^s.U .^Hdçai* q^' iH p« leût ^maîs r^coimU; Wiia^e. qkffè^ vie 4e>I^ fipubtiqiii^ française; qv^e Ic^-lcçd^ It^a^^^*

3i6 tiicc's dijR xft pRisoifNiER

c t^le et Castlèi'eagh , au nom dii jpeujple et du ir gouverneinent anglais, iie Tenssëiit jamais rei connu Emperéut i/^j^' Franpats. Ou il faudrait que la guen^ qu'on liu feisait alors , eût pour ol^ d6 lui disputer ^ ce titre; circonstance qui certatnemeùt n'a' jam«iB été aUéguée; Vous ifttes, par exemple, autorisés à ne pas reconnaître Joseph tommë )roi d'Espagne , puisque son élévation è cette dignité a occasionné la guerre dans la Péninsule , et qu'elle a empêché l'ouverture des négociations. Pour que Napoléon soûfirit qu'on ne lui donne que le titre de général, il faudrait que la république française , ainsi que la quatrième d^astie n'eussent jamais existé : ce serait en convenir tacitement. Dànis la situation extraordinaire des choses , on : aurait' pu suivre une mesure qui aurait -prévenu ces^ controverses ; c'était ' de lui donner le nom de Napoléon , ou tout autre nom convenu, qui n'emportât pas de qualificati6n;'lnais oh voulait accumuler les outrages' sur Hiomme extraordinaire qui a ^ élevé au- trj&ne les nàaisons de Bavière » de « Saxe et de- Wurtëmbei|[. Votre ftiaison d'Ha-

« novt^ cOo^éwie , iii^ lui doit-elle pas la c^^ c ronne qu'elle. a écjhaiigée çoitfresoii ^o^c^t « éle<HioFa)?»

Pour . en l^eresiir à la situation de ce JPrixice,, sur le ^^^riAitinéMriani/, les besoios de Napoléon étaient si limités, que les midelota en étaientt émerveillés : lia disaient fréqpieminent qu'iyi simple lieut^n^nt causajt plus d'embarnis qpie luL II était, . wmme disent les Français, ùnpoê-^ st6/tf (1)4 n employait une partie de la nuit et de la matinée è lire, ou à écrire , sans sortir , de son appartement. U déjeûnait à dix heures. Vers quatre heures il se rendait dans la grande cahi^iç, ou il jouait aux échecs;: à cinq, l'amiral entiaitdaqs cette cabine , d'où ils passa|iei(it dans une au^ pour dtner. Il semble avoir CK>nCracté rhabitujde de rcfiteriMW.de temps â table, un, quart d'heure â'-peu^près. NéaiHnofa^, pour se conformer à nos usages, il .y paswt une deini-*heure ; alors Qjie levait , montait. «trié, tillac avec le général ;9^'' irand et le[ o^mte Jf^^ Ç^&f» • s'y promenait quel-

(i) Si firaolaa ilMMfw. ed^j rimpavidum ;^dii|t ruinaeu : .. , Bçux.

3i8 prisses 6€ii 0ft prisôHnier

qnès instàns et parfois VaésayàilMirlafi^td'irn tàûûù. Ube héûte àptéi , léft dflialéMtefrtlli teste de la compagnie se levaient de taUè. ^firès urne cottrte conTeitiàtroii ; 9 « relH^if âaÉ^ sâ^cuAine 'et halntiiéttieitféM tnîf'e wiàf et iàlx bewes daas 'ftbtt âppaHétfiéttt. TeHe ét^t Fimif^rmité de ta ^Vié:iAyknt eu FftMùettrde dinei* fréqtteminfiiit Mllteclùr, j-àbM^viirctirltittàihgètdebbn appela fort vite; ^tiesft boisse^ ordiniilfc^efiff dH:r/aîrel (vin deÈordéâM) ilièlàBgé^deui^i€(is}dVKBni; ^i^^ 'flairait et MonillaMi' seuleâm^i f tes lèirôs tle'la Ii<{il«îir q«'Mi lui;pfëieAtaîti;.Jba q^ d«- 'bMd me parut une habitude sîugidifere et même %i2Atfe , teaid dont )e tr<mt«i PexpUisation ^ |par te'i{ue fiappris de tefiAei^sè Mqaisdtde-sen^oAt ét'dë la subtilité de «on odMftt«Ceatmèiiief«r fMUe de ccfttè ' délicatesse ^1f pai«t bôuffi^llr de Vàdéikt ât là peintttv^, à bwd d« tftnthumkek^ hnU , et dûMM- iimê kuràvwsée. Pisndani «a ^j^iéfeiia^ im^ le fàht, â ¥Wr]«t:^vob)ntier8:â ihtiAdër de qtett, au tm^trè d*équ^>age et tkx

*chapelaiâ. H aimait ^ être présent lorsque le ^mSttv&fétkféStiS&A oMwvatiMÉ'èlfMiiiait l^i hauteur. Souvent il adressait des questions éf- MM,

TTa+dfen ■ et OTSéarar , iat là santé tié Téqûipag^ et, SUT quelqtfèîf j^ômts^e Fàtt de guériï, dit àùiAt il âîmàit â* is'entrctèriîl' ', tommû fôisaiit l^attie des srcîetices naturelles. H discourait ^Vêt le jmîmstrè des dogmes et des rit i, des- diffâ^ rentes secte* iieligieusès de FAii^lèteri^e. Airec fe capitaine des soldats- de noiàrîiiè , qui aVall-^tlé soirs tes ordres du' chevalier Sîdhey Smillify àii si^e de Saint<-leafeh^ Acre^ il |[)ariait toH:Vent èe ce ^îége mémorable. Sur tous ces points le tableau qu'a tracé TM. Wardett est exacte. Depuis la catastrophe de Waterloo , jusqu'à son at*l4t6c à Sainte-Hélène , les officiers affirtùètit qu'il tih manifesté àuctm syttipt6med'impatîein(de,de nlauvaise humeur, ou d'abattement; dijé^pen^.qiMs sa figure, 9a contenance et ses lîabitddeft lotit été scrupul^eu«emeift observées et fidèlement *èprésentées par iàotre compatriote. tjiiâtld*il]fmi4è, c^est' plutôt pour inièïrojg;ei' qde pour réponde* Cela ^Vnt, ôtiiré ôâ supériorité nattirello > d^b grande habitude" tie recevoir tmé Ibiilfe dé' pet^sonnes de dinéréntbs prorëssibns ; paY'îâ il s'est accouMmé à entreten'ir 'cha'cùn de celle" quH eWrce^ Je 1 m vu coiwcffèèr à Sbinte-Hélèûe p^n-

320 PIECES SUR LE FEISOlfNIER

dant plus d*une demi-heure , avec un vieil clave de JSiam, aux réponses duquel il me sembla prendre quelque plaisir. Son attention marquée de rendre le salut aux personnes du plus bas étage , aux esclaves eux-mêmes , me parut d'abord aflfectée ; mais j'appris que telle avait touîours été son invariable habitude. A cet égard U avait déclaré qu'il était du devoir du chef d'une nation, de rendre le salut à tout le monde, parce qu'à ses yeux tous les hommes avaient 1^ mêmes . droits politiques et pouvaient réclamer une^ptection égale du souverain , qui est l'orw gane vivant et permanent de la loi.

L'éqpipage avait conçu pour lui une aflfection respectueuse; et je reconnus qu'il recevait avec le plus graqd plaisir l'attention que les aspirans lui témoignaient , en formant autour de sa personne une espèce de garde d'honneur, pendant 1^ manœuvres , dans la crainte que les matelots ne rapprochassent trop. J*étais présent le jour où on liii présenta un jeune gentilhomme , fils

du général Robert Wilson , . dont il connaissait fort bien les ouvrages (i); et ne remarquai sur

(i) Ce géaéral Jrà'alwtd iBOfiiilé au général Bonaparte

Î)É SAINTE-HÉIÈNF. . 5^1

ia contenance de l'Empereur aucune émotion qui contraignît son sourire bienveillai^t. Je me. hâte de terminer cette longue lettre , par remarquer que dans une discussion qui eut lieu il y a quelques mois , lorsque Napoléon fut informé qu'on avait émis une opimon semblable à celle énoncée par M. Wai^den , savoir : « Que ce qui « avait déterminé $on abdication était une « fausse lettre du prince de Metternich , au su- « jet des intentions de l'Autriche sut son filsj « lettre qui lui avait été présentée par Fôuché; >. il déclara que cette assertion jetait fausse et même ridicule; à quoi il ajouta qu'il était étonnant qu'on l'eût avancée, plus étonnant qu'on l'eût crue. ...

Les motifs qui ont décidé l'Empereur à abdiquer , ainsi que les négociations secrètes avec la

Tempoisonnement des pestiférés : mieux informé , et éclairé par une explication du docteur Desgenettes, il s'est rétracté; et 0 résulte de cette explication qu'une dose d'opium mêlée aux médîcamens d'un très-petit nombre de malades 5 a prévenu des souffrances inévitables^ et terminé paisiblement une vie que des douleurs atroces pro'^ longeaient sans espoir.

Russie et TAutriche à cet égalai , sont exposés avec tant de force et de clarté dans l'ouTrage dont nous ayons parlé , qu'il serait difficile d'y rien ajoutera

Je ne me souviens pas que M. Warden ait eu de fréquentes conversations avec Napoléon à bord du N arthumberland ; mais j'ai observé que ce Prince le recevait toujours avec plaisir, et souriait à son approche. Par occasion j ai remarqué que sa bouch^ est la partie la plus expressive de sa physionomie: elle décèle rapidement et énergiquement les différentes émotions

de son âme (i).

(i) Dans son Introduction à V Histoire de l* Empire Français y ouvrage qui fait, mieux qu'aucun peut-être^ connaître Napoléon 9 parce qu'il est l'histoire de son âme et de son caractère 5 voici le portrait qu'en a jtracé M. Regnault Warin: «L'âme forte et inflexible du prec mier ^ Brutus était entrée dans son sein. On eût dit « qu'ayec cette âme républicaine tX despotique il avait c revêtu 1^ traits de celai qu'elle inspira. Sur ce front c large s'assied la volonté opiniâtre ; l'impatiente codira- € diction plisse ces noirs sourcils ; oe teint pâle est celui « de l'ambition rêveuse; et de ces lèvres amincies sont « prêts à sortir les arrêts qui la fek*ont triompher. » -— Tom. I. s* édit. , pag. 11.

SE SAINTE HÉLÈITE. 3a3

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