LETTRE IX
.Cap de Bonne -Espérance, a5 tuai 1817.
Ma ghèke amie,
. G^TTE lettre sera une continufition de la précédente, et je la commencerai en vout donnant la substance d'une. cpnTçrsation que j'ai eue avec Bertrand, au sujet de l'élévation de Bonaparte.
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;« Napoléon, dit-il, est.panrènu au soH^met des grandeurs humaines pte fies moyens droits.» et sans aToir commis une séote action qui pût bti^ser' la morale iâ plur séyètf e. Sôus ce jraipport , ' ]Son éiévatîon . est umcpuié dhms «l'hiMpire; car* poikr régner, David dMruiait la iSuniUe do &rûl ,. son , biènfaiteior; Géaar rotjiorsa le . gôuveammnènt de soa pays ; Grôra- .well- fit périr son roi sur un écliafiîttd ; une impératrice du nçrd fit étrangler: son mwi. Napoléon^ au contraire, fut étrangier à tous- les .4crimes de la révolution : avant qu'il çut commencé sa tflrrière militaire et politique , Je trône était rehversé, Louis XVI avait péri sur un échafaud, la Franœ était déchirée par les factions. Son début fut la conquête de 11talie , et le traité de Campo Formio. Il fit reconnaître l'indépendance de la France par toutes les puissances de TEurope; et quand, en 1800, il parvint au pouvoir suprême, ce ne Ait qu'après avoir détrôné l'anarchie. S'il moùta sur le trône , ce ne fut que du consentement èundkiimedti peuple et<k rarm^e,avecla'8anc« « fiôndela religion,ëi l'approbation de FEuropë.
Ayant demandé au grand-maréchal quelques détails sur Vaffaire de Jaffa, il me répondit.: « Que ne m'en dejgiand^z^-vous «sur les assassin a nats de KJéber, d^ Dçssaix, dç Hô<ihe, des <• ducs d'Âbrantès, tle Montébello,. et d'autres « dont il est coupable selon ce qu'on à impriùié « dans ?otre Angleterre?» Pendant mon séjour en France , il m'a été impossible d'ôbtefiir Èvà ces différens sujets , des officiers qui avaient sefrvi
en Egypte , d'autre réponse que celles;! : « Cela t' est par trop absurde ! >i Le comte dé Las Cases voulut cependant bien me prêter pour un instant deux chapitres qui traitaient des campagnes d'& gypte et de Syrie. Je n'en ai pu extraire que ce que vous allez lire. .
« El-Arish , premier poste qu'on rencontre en sortant de l'Egypte, est tin oasià situé dans le désert qui sépare J' Afrique de l'Asie. On y trouve tîinq à six- puits qui peuvent fournir assez d'eatii pour désaltérer trois mille hommes, et tui bois de palmiers pour lëdr donner de l'ombre. H y a un village assez cohsîd^able et un fort bâti en pierres. Djezzar pacha', nommé par la Porte général en chef en Egypte, y avait envoyé son avant-
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garde composée de quatre mille hommes > dont qilinzecients de cavalerie. Aussitôt que Napoléon en fut informé, il envoya le général Régnier pour reprendre ce poste' important. Le 9 février , Régnier 'attaqua' le village d'El-Arish et en chassa Tavant garde turque , fit trois cents prisonniers et cèma 4e fort dansiequel se trouvaient environ dieux .mille "Maragrebins' et Arnautes , qui' formaient lis corps d'infanterie de Tavant^-gardie ; ce cbips obéissait à quatre capitaines indi^endans