‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinction (volume 2)Chapitre 23 sur 24 · MA · texte numérisé non relu

MA

les ûtiS' des ' autres. -La cavalerie se retira â^une deniirliQue: :de là, et prit une position couverte par un chemin creux qui défendait la route- de la Syrie : elle, y resta sans crainte , parce que les Français n'avaient amené qu'environ deux cents chevaux. Abdallah , qui commandait l'armée de Djezzar, était à* Kan*youses en Syrie. A la première nouvelle de notrç attaque , il se mit en p^^rche à la tête de six mille hommes, tant infanjerie q^ue cavailerie, et avec douze pièces de canon; il avait. aveC' hii les. mamelucks.d'IbrahimrBqy.: le 12 février,, ij vint se poster derrière la cavalerie qui. étpit vis-à-vis d'El-Arish. La position dç l'avant-garde française eût été extrêmement rcriti-

que, sai^s {'privée de h dîVbîou lUébcr/etde Mnvi^ti V^ ameo^dt ud cprps de huit eenis cava^ lier». Klébar eiitre|N?ît teblocusf du fort, et Gre-*! nier se plaça sur, le bord du cbemio creux pouc contenir larm^e turque. U resta dans cette po^ sition le i3 et le i4* Dans la nuit du i4 au i5^ il cjùitta isou camp, i!emontâ le ravin pendant une lieue e€ le passa. 8es divisions étaient coloh' posées de trois fégîmens d'infanterie qu'il mit en bataille* la droite en tété , sa gauche cou^erfid p^ le ra^in. Son tEK*dFe de bataille présentait troijs col^^at^s serrées, à distance de déploiement/ et il plaça eo avant de chaque oolonne les grena-^ diers .et voltigeurs de chaque régiment ( à peu-* près i5o hommes ) et soixante cavaliers d'élite. Dans cet ordre il a'i^procfaa de l'armée tur-^ que. Vers les deux heures du matin , étant très^ proche du camp» il fit halte , rectifia ses aligne^ mens et se jeta , avec les avant-gardes de ses co-» lonnes,dans le camp ennemi par trois côtés différend. Son attaque causa le plus grand désordre: il se porta lui-même a la tente du général , qui eut à peiné le temps de se sauver, â moitié nu et à pied. Toute l'armée se dispersa , abandon-

45o PIÈCES SUB. LE PRISONNIER

nant son camp , ses bagages , son artillerie et sed munitions; laissant environ cent cinquante morts et plus de douze cents prisonniers. On prit mille chevaux de selle ou de trait et cinq cents chameaux. Les fuyards ne se rallièrent qu'à Kan- Youses.

Le lendemain à la pointe du jour, Napoléon, qui avait traversé ie^désert sur un dromadaire , arriva devant El-Arish qu'il fit sommer. Cette sommation ayant été reçue avec la plus grande insolence, on dressa sur-le-champ une batterie dq quatre pièces de douze: pour l'établir on profita d'un grand magasin construit en pierre , qui n'était qu'à une portée de pistolet du fort. La brèche fut bientôt praticable : alors les quatre capitans demandèrent à parlementer. Us vinrent eux-mêmes à la tente du général en chef où ils demandèrent un armistice de quinze jours , of-^ frant de se rendre à la fin de ce temps , s'il n'étaient pas secourus. Après deux heures d'une vaine discussion, pendant laquelle ces capitans, qui ressemblaient à des brigands plutôt qu'à des officiers , montrèrent beaucoup de jactance , la conférence fut rompue. Le succès d'un assaut

JIE SÀIIÏTE-HÊLENE. 4^1

était infaillible, mais il aurait coûté six à sept cents hommes. On recommença donc le feu de la batterie , et ce fut avec tant de vivacité et de précision , que dans la matinée on jeta dand le fort sept à huit cents obus qui occasionnèrent un mal horrible. La garnison devenue moins jactancieuse demanda à parlementer de nouveau , et les quatre capitans signèrent enfin une capitulation. Le fort fut rendu au point du jour; la garnison en sortit avec les honneurs de la guerre, rendit ses drapeaux , mit bas les armes et fut prisonnière de guerre ; elle promit de ne plus porter les armes contre les Français , de se diriger sur Bagdad par le désert , et de ne reparaître en Syrie avant deux ans. Trois cents Maugrabins prirent parti dans notre armée. Cinq cents avaient été tués, et les douze cents restant furent escortés par des compagnies de ,dromadaires, pendant deux jours, dans le désert, sur la route de Bagdad. On trouva dans le fort trois pièces de canon, deux cents chevaux, plusieurs centaines de chameaux , et une grande quantité de provisiens.

Le 22 février, deux heures avant le jour, le

45) PIÈCES SUR LE PaiSO]fNI£K

|[én<iral Kléber forma Tayant-garde de l'armée et marcha vers la Syrie , avec mordre de. s avancer fusqu'â Kau-Yousés , quoiqu'il y eût.à faire une XOKzHe de dix Ueuea ( dix-«ept des lieue3 du paya) . Napoléon 9 à deux heures afnrès midi, partit avec ceqt dromadaires et cent cavaliers pour rejoin^ dre ravantH>garde : il marchait au grand trot; mais en passant à Seantofi de Carouba , il s'a*» perçut avec surprise que les trous où les Arabes ont coutume de cacher leur paille , leur blé et lettré autres provisions f ^'avaient pas été fouil-^ lés par lep soldats. On fit la remarque quV>n d a* percevait aucun traînard , ce qui cependant n'était pas extraordinaire , parce que la crainte que les Bédouins inspiraient donnait du ceu^ rage aux plus faibles. Enfin, arrivé au pidts de Bapka , où sont placées les deux colonnes qui séparent l'Afrique de l'Asie, Napoléon fut effrayé de ne pas voir de traces d'eau répandue , l'avantgarde ayant dû passer par là deux heures avant lui. Il n'était plus alors qu'à deux lieues de Kan^Yçuses; néanmoins il continua sa marche, et lorsqu'il arriva vis-à-vis de ce village , vers la chute du jour , deux chasseurs , qui étaient en

avâiil , lâchèrent deux côupi^ de Carabines : immédiafement^prèSy on aperçut un beau c^aiiip ; c'était celûi des Turcs ^ qui èourufenl oui àtmes...» Qu'était devenu Kléber et son avantr garde? Quoique les cheVauxfussent extrêmement fatiguée , on se décida à la retraite , et $ â dix heures du soir, ola airrita àtf pUits de Zawi, aiprèîsl avoir été poiirsuftî pendant une demî^lieue par le pacha, qur était monté à <îhevaï avec toute sa cfttalerîe ; niais dès qtïe la nuit devint obscure, craignant une àiubuscade, il s'en rètoiirna à son Cdmp. Pendant quelques heures , de détachement fut en proie à iHille réflexions pétuibïés. A deux heures du ihatin , un parti de dromadaires! qtii avait éti^ envoyé vers une mauvaise cabaiie habitée par des Arafces pasteurs de chamrestu'x, retourna amenanit avec fui un\ Arabe , qtri déblara qu'une àrméé française aussi' nombreuse que les étoiles du ciel éf les sables! du désert , avait pris la route de la Mecque. Gitîdé par cet Arabe , Napoléon monta' sûr son dromadaire' él se ihit en route. A la pointe du jo'ur, il rencontra quelques dragons qui semblaient barrasses de fatigue; il apprît d'eux que

KJéber s était trompé de chemin , et que les soi* dats t surpris de ne pas arriver à Santon de Carouba^ où, suivant ce qu'on leur avait dit, ils trouveraient des trous remplis de ^racines , soupçonnèrent qu'on avait fait fausse route. Ils ajoutèrent que KJéber avait fait halte ; que l'armée n'avait eu d'eau que pour faflre la soupe seule-ment, et que dans la nuit, elle s'était remise en route pour revenir sur ses pas. Deux heures après, Napoléou rencontra la division, et les soldats , en l'apercevant , poussèrent des cris de )oie« Barrasses de fatigue et de soif, ils étaient liors d'eux-mêmes: quelques-uns des plus Jeunes soldats avaient cassé leurs fusils ; mais a la vue de leur général , l'espérance les ranima : il les rassembla et leur parla à-peu-près en ces termes : c Je suis suivi par plusieurs chameaux « chargés d'eau , ils arriveront en moins -de « trois heures ; mais quand bien même ils tarde- « raient davantage , serai t'-ce une raison de murc murer, de s'oublier? Non, il faut apprendre t à mourir avec honneur. » En eflFet , ils arrivérent à Zawi vers midi, où ils trouvèrent l'autre dlyision et des chameaux chargés d'eau. Napo-

léon partît alors avec la division de Lannes , et arriva à Kan-Youses le ^4 ^ mais il n'y trouva .plus larmée turque. Les deu^ armées n'en vinrent aux mains que près de Gaza. Les Turcs ne soutinrent pas le choc un seul instant , le fort et la ville de Gaza furent pris, et le quartier* général fut établi à Uzote le i" mars. Le ai , il fut porté à Rumsalé; Une avant-garde fut dirigée sur Jérusalem , où mille chrétiens gémissaient dans des cachots , sous le poignard des Turcs. Néanmoins Napoléon conclut un armistice avec le pacha ; et , étant en^BÛret^sur son flanc droit, il marcha vers JàflFa , qui fut investit le 4» et on établit contre cette place plusieurs batteries de pièces de dou2fC. La vUle n'avait d'autres fortifications qu'une simple muraille; Inâis il y avait tme garnison de six à sept mille hommea, parmi lesquels se trouvait un détachement de canonniers de Constantinople , qui avaient été instruits par des oflSciers français. Lorsqu'on fut &ur le point d'ouvrir les batteries , on envoya sommer la place : un quart d'heure après, on vit fixée au haut d'une pique, la tête du malheureux qui avait porté la sommation , et son

éfi^ PIÈGES SrUl. LE F&7Sa^BïIER

.corps mutilé fut jeté au bas. des imiratlles^ Ge fui; le signal de coinmeDeer 1& tevu En .trois heures on fit bv'èche â r<iti^ des léùrs^;*ci0h 4|iiante grétiâdiei^s et une do^kiaiiie éle- sapeims d'v établirent : une colànâe les suîyii; laiifHe fut prisé d'assaut. Rièa né put àè^er là fureiir Aik soldai;- tout ce qu'il reneontM fut tué, et la ville livrée au ptHage. Pendant là nuit, fe désordre fut extréihe , et ce ne fut qu'au jour qu'on parvint à le faire cesser, Totis cent de lai'gâriit- Sôtt qui étaient parvenus à éviter la' ihôrtV ftii*enteiivoyé8 pftonnierd en Egypte. Environ hùft cents avaient été tués : c'était lé k^éste dé la ^rnison d'El-Arisb» qtfi , ^iprè^ avoir smvi pendant trms J6ut9 la roule de Bagdad) l'aVait iqfiihtéé , étr violant la eapltalajtioil, s'ét£iif )été dans JaflTa. La. prudence ne pertiietkait paS' :dë lés envoyé» seuls au Caire % accoutumés âut^ déséHfe ils Se seiiâiefii^l satlV^s en chemin , et on leS- a^ vait retrouvés âjSaiat • Jécin d'Àërfe II pArll environ quatre miUoTtiréis dan<si 3Fafflî/ét ér^èwprèç trois mille fiirenf sdu^ststiv^it dcFdse cents envoyés prisonniers en Egypte , ttreîîsé ceirts soldats ou domestiques, égyptiens dé iiaf Ssânce ,

toron t; mis en. liberté ^ et cinq cêats qa^oii envoya porte? la nouvelle de Id; Tictoire ^eq Françirrs^^ à Dsimas , i Alep , à Jérnsalem ,• etc;> Hc* j etc*

Outri» <|ue)e»'iEd |K8i& eu fe tempa d^ pre^^ notes bien exactes, ce seifait ren&e cette l^tre beailcoinp trop longqe , que de vouloir doniDei des détails sur le siégodeSaint-leaix d'Acre ^'suv ht learcheet les cottibats livrés M Mont-lfabor MUtte tes anmées dç Damas et d'Alep , tess^els eurent lieu avatit ce siéger. Il suffira de ditse . <|ue les Français^ en levèrent le siège, et que^ sai^ Vant le bord de la mer , ils csitkpèmà sur 1^ ruities d$ Gésarée^ le 2^, ih arrivièrient à iàSai ; ayetBt avec eux-énvircHi mille bl«Mé9, iqfiiif^^ ployaient tous teurs moyens de tPàlùiàpùtiS. Gés benimes ainsi que: les inafeiééë lurent -èftVëyéâ par mer , avec 6rdi^ de les! éondtôre à Dà^ëftd le phrfôf possible. La pel^ alors^ exei^çàit séi rivages; etié emportait journellement éfiii^ â'sî» hommëi. Les moin^ malades furent éàibarqii&J les prétfrîerSV et, à mesure tjù'uii h^itêàvtéiaH i^mjdi , on mettait à la voile : oti phëaiX dhn^ te dernier céiii^^ qu'on- désespérait de sauvera Napoléon fixa te départ de Tarmée *u 27 Aai,

et le â6, suivant sa coutume, il envoya uii aide-de-camp ( La Valette ) visiter les hôpitaux et les magasins , afin de s assurer de l'exécution dé ses ordres. L'aide-de-camp lui rapporta que les hôpitaux étaient évacués de tous leurs malades, à l'exception de sept hommes dont les médecins désespéraient, et qu'il était impossible de transporter , d'autant plus ,' qu'attaqués de la peste, ils la communiqueraient à ceux qui s'approcheraient d'eux ; que ces infortunés s'apercëvant qu'on les abandonnait, demandaient la mort à grainds cris , représentant que les Turcs exerçaient mille cruautés sur ceux qui tombaient entre leuts maiiis< Il est vrai que ces barbares avaient la coutume de couper les parties et le nez, et d'arracher les yeux à ceux qu'ils pouvaient surprendre. Des chirurgiens de service avaient demandé l'autorisation d'accéder à leurs désirs , en leur donnant de l'opium : ils disaient qu'il était inhumain d'abandonner ces malheureux dans l'état où ils se trouvaient , et la maxime : c Faites aux autres ce que vous toudriez qu'on vous fît * » devait être suivie à* leur égard. Malgré toutes ces raisons , Napoléon ca>

DE SAIKTE- HELENE. 4^

donna au médecin en chef Desgenettes et^ati chirurgien en chef Larrey de lui dire, s'il n'y avait aucun moyen de faire partir ces hommes. Il recommanda qu'on les mit, s'il était possible, sur des chevaux conduits par des infirmiers , en offrant les siens mêmes ( ses chevaux ) pour ce service. Mais les gens de l'art assurèrent que la chose était impraticable , et que d'ailleurs ces hommes n'avaient pas vingt-quatre heures à vivre. Us ajoutèrent qu'après avoir délibéré sur l'expédient de leur administrer de l'opiiim , Desgenettes avait observé que sa profession étant de guérir, il ne pouvait autoriser une semblable mesure. Sur cela Napoléon retarda de vingtquatre heures le départ de l'armée. U n'y avait pas urgence , car il était maître de tout le pays , et Djezzar n'avait pas quitté Saint-Jean d'Acre. Une arrière-^de de trois cents hommes de cavalerie ne quitta la ville que le lendemain à quatre heures de l'après-midi, et quarante-huit heures après la visite faite par Taide-de-câmp : on avait alors la certitude que les sept hommes en question étaient morts. Cette circonstance , qui a été tant de fois dénaturée, est la plus

46o PIÈCES SUR lE PRtlONîflER

grande preuve qu'on puisse donùer de l'huma- [ nifé de Bonaparte et des soihs ^li'il p:^enait de Ms troupe, qui, par un sentiment dé jtMice autant q[uë de reconnaisëancc! , l'ont regardé Mmiiie leur père. Jamais général n'a peut-être ^possédé à un degré aussi éminent PalFection de ses soldats.

Je vais maintenant vous entretenir d'iin bruit qui a couru parmi nous , au Sujet du capi-

taine Wright, notre compattioté. Quoiqu'on en ait beaucoup parlé , je ne crois pas que cette affaire mérite une discussion sérieuse. « Quel *t intérêt, dît Bertrand , lôrâqtie je lui deinaii- « dat des renseignemens à ce sujet , quel itltérét « pouvait avoir un monarque'd'tin Vaiste em][jire

« à mettre à mort un simple capitaine anglais

« ^'îl n'avait jafamrs vu , et dont M £tvalt à- peine

-«. enliendu parter? H n'amrait d'aiBeurs pas pu

•t cottimettif^ ce crime sans q[ue tes juges , les

«• gendarm^tf^ les geôliers, qui occupent encore

€ aujourd'hui leà toéiAes placée cju'îlë avatciit

t alors, en eussent entendu parler, s^îfe n'y

« avaient pas participé, torisqûe Wright, en

« octobre i865", se suicida, Napoléon, à la tête

Y( de cent cinquante mille honio^es , vetiait 4e t forcer l'arpiée autricl^^eupe de c^pitul^r dan9 4^ « Ulm , marchait âui^Yî^i^n^ 9 ^^e, trouvait à trwi (c cents Ueued 4^ Parîs.Lfe^.pi^isopiilçrs Anglais «..détenus à Verdun étaiept liraités av^ tPutea « sortes, di'égaçds. Un o^cier fr^qçais ♦ çorapo^i^n « dant de , pe dépôt , ? etanf rendu co^^pabJto « dlei^torsion, TEroperepr ordonna ui|e ^çiqu^tq ^ « qeit qfficier èuf tellement peur des effet» d0 « spn indignation , qu'il se tua. »

J'obtins encore de Ber^*and uqe aneçdo(Q curieuse i^ur le général Kléber* APF^? ^ bat2|iUe d'Héliopolis et la réoccupation du Caire dans les mois de mars et avril 1800 , JK^léber impops^ une contribution de dix millions à cette, ville. Le cheick §addah, issu des p^rens du Prophète, personnage révéré dans tout l'Orient, fut taxé èi une somme considérable : il refusa de payer# Quoique la haine du cheick pour les Françai» fût bien connue, néanmoins Napoléon l'avait toujours traité avec considératipn , conduite quî lui attira le blâme de plusieurs pexsojines attachées à ji'armée. 1} arriva que Saddah , qui s'était rendu coupable de quelque insolence, fut con-

46^ PIÈCES StK lÈ I^RISONBTIER

duit à la citadelle , où , suivant la coutume du pays , il reçut la bastonnade. Là-dessus il s'éleva un grand bruit dans la ville : led Ulémas furent indignés de ce qu on lui avait fait subir une telle humiliation. Quelques semaines après, un nommé Soliman, natif d'Alep , fut envoyé de Gaz^ par un aga qui était auprès du grand-visir, et fut chargé dé faire la guerre sainte contre ELléber. Cet honune fixa sa résidence dans la mosquée de Semil-Azar , et il est vraisemblable que les cheiks connaissaient ses intentions , mais qu'indignés de la punition infligée au cheik Saddah, ils ne s'y opposèrent pas. L'assassin, profitant du temps où le général Kléber se promenait dans le jardin de la place EUéquier^ lui présenta une requête ; et tandis qu'il la lisait , il lui plongea son poignard dans le ventre (i). On lui fit son procès , et il fut empallé avec quatre cheiks ses complices. Avant cet événement , plusieurs individus avaient été envoyés, en 1798 et 1799, par Djezzar, pour faire la guerre sacrée contre

(1) Gomme Jacques Clément à Henri III: même cause, mêmes moyens, même résultat.

DE SÀtNTE-HÉLÈNE* 4^3

Napoléon ; mais comme il était très-^stimé par les cheiks, ils s'y opposèrent , et par conséquent lui sauvèrent la vie. J'ai entendu plusieurs anecdotes à ce sujet ; mais ma lettre étant déjà trop longue , il suffira de dire que ses jours furent préservés deux fois en considération du respect qu'il portait aux coutumes, aux usages, aux pri« viléges et à la religion des pays qu'il avait con^ quis.

J^aî l'honneur d'être, etc., etc.

LETTRE X

Cap de Bonne- Espérance , i^^^ juillet 1817.

Ma CHERE Lady,

Dans sa huitième lettre, M. Warden est loin d'être exact; la plupart de ses assertions ne sont pas vraisemblables. Par exemple , il est impossible que l'armée française ait pu ignorer pendant deux ans qu elle était attaquée de la peste. On lui a certainement caché pendant le premier mois l'existence de cette maladie , en affirmant

404 PIÈCES SUR J«£ FHilSONjriER

que les fièfres qui régnaieni d^BS le^ JbtôfiHauX étaient toujouiis; eil Ëgj^te, apcoaipagDkéeB dé bubons; ce qiv donna le tem}jkS de les ajpprivài-^ ser au nom de peste, nom qui portait daxis Tàteé des soldats la terreur et la ieonsJbemation. Un généra) en chef né peut visiter chaque jour les hôpitauK, surtout lorsque des maladies pesitilen* t telles y régnent. Napoléon le faisait euiçore moins que tout autre; et s'il toucha une fois, à Jaffa , les bubons des pestiférés , ce fut uniquement à cause des circonstances du moment (1). J'étais présent à Longwood , lorsqu'environ vingt dames et cavaliers arrivant des Indes , lui furent présentés : parmi eux se trouvaient les chevaliers Guillaume Burrough , H. Damel et son épouse , MM. Strange et Arburtnot. I( les reçut avec politesse et affabilité; Il est vrai qu'il ne fit aucune attention à Tinvitation que lèi fît faire le gouverneur de dîner chez lui, probablement parce

( I ) Sujet d'qn tableau de M. Gros 9 Tune des premières productions où ce maître . ait laissé deviner ce secret de la couleur, c[u'il a depuis révélé avec tant d'éclat dans

la F'isàô de Charles-Quint à Saint-Denis.

{Note de M. ti. W.)

bE SAINTE-HÊIÈNE. 4^5

<)u elle était adressée aa général Bonaparte , nom auquel Une répond jamais, peut-être aussi parce

que Plantation housè était hors de ses limites.

Je me suils^ souvent informé si' Napoléon avait eu connaisCsàncé des nombreux libelles qui , en 18*1 4 y innondèrent TEurôpe. Bertrand me dit qu'à File' d'Elbe; il lisait tout ce qui paraissait contre lui'^ en français et en italien, et qu'il avait coutume d'en parler à son diner, ou à la promenade. «Je viens d'apprendre, disait-il, que j'ai empoisonné ou assassine telle et telle personne , battu , maltraité ou violé telle ou telle femme. > La vérité seule offense , dit le proverbe, et il a été vérifié à cette occasion; car loin de liii nuire, les libelles lui étaient avantageux. , par l'effet qu'ils produisaient enFrance.Ils avaient singulièreiaaent augmenté le nombre de ses' partisans, et réchauffé le zèle de ses anciens amis, puisque ces libelles.

étaient calculés pour tromper le gouvernement

français, et l'endormir dans une fausse sécurité.

En effet, parce que Chateaubriand répétait sans

cesse que le tyran était abhorré par toutes les clas-

ses des citoyens , par tout ce qui portait le nom

de Français , on crut pouvoir violer impunément //. 3o

les coiiditions du traité de Fontainebleau , et qu'il étaitjnutile de se garantir contre un homme devenu l'objet de l'exécration publique. Sous ce point de vue , les libelles dont je viens de parler ont , à ce qu'on assure, facilité les opérations de i>8i5 , et on découvrit , dit Bertrand , que ce lâche 9 qui n'avait pas eu le courage de se tuer , que le Néron exécré par le peuple et par l'armée, n'avait pas cesse d'être l'idole de la nation, et que trente ^millions d'habitans le portaient dans leur cœur. On sait, ajouta le Grand-Maréchal ^ qu'il montra un courage inconnu dans l'histoire , en attaquant seul, à la tête de mille hpmixies , un monarque puissant. Il lui suffit de se montrer pour rallier tout en vingt jours, et en peu de semaines il reforma l'armée avec laquelle il a combattu TEurope combinée. Un million de guerriers choisis lut mis en campagoe contre la France; les destinées du monde furent encore une fois jetées dans la balance; et si Napoléon eût. vaincu à Waterloo, comme les savantes dispositions qu'il avait faites le lui promettaient, les Russes et les Autrichiens, qui étaient encore de l'autre côté du Rhin ^ auraient paru de peu d'importance.

DE SAINTE- HÉ LÈNÏ:. Ifi^

Je demandai au comte de Montholoh qui était ce Chateaubriand ; il me répondit que cet homme avait passé partie de son émigration en Amérique; que profitant de l'amnistie, il était rentré en France en 1 80 1 , et avait prêté serment de fidélité. Son ouvrage sur le génie du christianisme, dit'- il, a fait beaucoup de bruiti mais Napoléon, accoutumé à considérer la religion

sous un point de vue politique, et par le rapport qu'elle a avec le gouvernement des nations, ne fit aucune attention à un ouvrage dans lequel on semblait n avoir d autre but quW vain amusement. La princesse Elisa obtint pour Chateaubriand la place de secrétaire de légation près du cardinal Fesch, nommé ambassadeur à Rome. Il n'était pas alors de la politique du gouvernement d'employer des émigrés; aussi Château-* briand prouva par des louanges et des flatteries sans bornes, combien il était reconnaissant. Arrivé à Rome, il essaya de faire son chemin ; il avait espéré qu'en sa qualité d'auteur du Génie du Christianisme ^ il serait reçu avec distinction dans la capitale du monde chrétien; mais partout

il fut repoussé: les prélats, les carilinaux, le

pape lui-même , lui témoignèrent peu d'estime, ^t au lieu d'être couronné au Capitole , Tinquisitiouy si elle en eut eu le pouvoir^ l'aurait peutêtre £Eiit jBgurer dans un Auto-da-fé. Quelque temps après, il se rendit coupable d'une inconséquence qu'on pourrait même qufilifier plus sévèrement, et qui lui attira l'indignation de son mattre.

L'ancien roi de Sardaigne , après son abdication, s'était retiré à Rome, où il s'occupait entièrement d'exercices de piété. U jouissait d'une pensiQU de cent mille écus romains que la France lui faisait. Son frère , le roi actuel , s'étant dispensé ( probablement faute de moyens ) de lui payer les revenus qu'il s'était réservés , Chateaubriand crut devoir faire une visife à cette majesté, en secrjet et incognito. D'un air doucereux , il coipmença par le plaindre de la violence qu'on avait employée pour le faire descendre du trône. Lorsque le vieux roi vit, dans Iç cour? de la conversation , que celui qui lui tenait un pareil langage éts^it secrét^pe de légation , il en fut indigné, il le prit pour un espion, et le renvoya ou pour mieu^ dire , il le mit à la porte. Quel-

ques jours après , ayant occasion d'écrire à Napoléon , il se plaignit de la visite de Chateaubriand, auquel il attribuait Tintention de troubler la retraite iqu il s'était choisie à Rome. Mais il fut bientôt convaincu qu'il s'était trompé ; car là disgrâce et le rappel du secrétaire de légation suivirent de près. Cet auteur, nommé ensuite pour remplacer Chénier à llnstitut , fit un discours de réception, où se trouvait , avec un éloge extravagant de l'Empereur, la satire la plus amère et la moins méritée , dU poète célèbre auquel il succédait. Il passe pour n avoir pas de religion , pout être très-dérangé dans ses affaires , et trèspeu moral dans ses relations avec les fetnmes.

Se parlai uu jour au comte de Las Cases d'uu livré intitulé, « Mémoil*es secrets de Bonaparte,' « par im hotnme qui ne l'a pas quitté depuis < quinze ans. » Je fus bientôt convaincu , co^mme je l'avais soupçonné auparavant, que ce titre avait été fabriqua par un libraire pour faire écouler sa marchandise , et que l'auteur n'était aucunementaufaitdece qui se passait au Tuileries , ni des mœurs de Napoléon ; qu'il n'avait probablement jamais fréquenté le palais , dont

470 PIÈGES dUR LE PRISONNIER

il ignorait la distribution , ou que du moins , if n'avait pas assisté au lever ni aux assemblées qui s'y tenaient ; que tout l'ouvrage ne méritait >que le plus souverain mépris , les noms même des personnes qu'il cite étant supposés ou altérés. ' ' Voici ce que j'ai pu recueillir sur l'abbé dePradt. Cet abbé a émigré ; il est rentré , comme tant d'autres , à la faveur de l'amnistie. Dénué de tout moyen d'existence, il s'adressa à la police qui , le récompensa généreusement de ses services. Il fut néanmoins long*temps avant de pouvoir être admis auprès du monarque ; mais s'étant insinué dans les bonnes grâces du grand maréchal Duroc, à qui il prétendait appartenir, il fut, par la protection de ce favcHri, nommé aumônier de la cha*pelle, et prêta lé serment requis. Par le même canal , il obtint l'évéché de Poitiers et ensuite l'archevêché de Malines. Pendant le concile tenu à Paris, Napoléon, à son lever, conversait souvent avec lui sur les affaires ecclésiastiques. Ambitieux et intrigant, il profita de cette circonstance pour se rendre nécessaire ; et sous la couleur d'un beau dévouement , il rendait compte à son maître de tout ce qui se passait dans les cercles

nombreux de la capitale , où il était admis. Le primat de Venise, larchevêque de Tours, les évéques de Nantes et de Trêves , ayant été nommés par les évéques de France et d'Italie , pour aller au-devant du pape jusqu'à Savonne , le duc de Rovigo demanda qu'il fût permis à l'arche^ véque de Malines de leur être adjoint. Cette demande futrepoMsséeetproduisitdesremontrances de la part des évéques. C'était en effi^t asso*cier l'évéque le plus mal famé de la chrétienté aux quatre plus vénérables prélats qu'eHe eût;mais , comme il était important d'être informé de tout ce qu'on dirait ou ferait en cette occasiopr il fut nommé adjoint â la députation. Sa conduite envers le pape à Savonne fut si peu décente $ il y mit tant de légèreté, que ses collègues furent souvent obligés de lui rappeler la déférence et le respect qu'il devait à un souverain qui est en même temps le chef suprême de ta retigioB.Il prit ensuite connaissance des affaires d'^Espagne, d'après l'ordre de Napoléon. En i8iâ , il alla à Dresde en sa qualité d'aumônier de l'empereur. Le duc de.Bassano, désirant avoir auprès de lui le baron Bignon, qui était alors à Varsovie , pro^

47^ PIÈGES SUR I.K PAK'SOIflflER

po#a , deux )Ours avant son départ , de le faire I remplacer par l'abbé de Pradt. Ses mamères ai* sées parurent propres à le rendre utUe dans une plfiçe où les dames ei^erçaient une grande influence. On savait qu'il avait quelques talens , de Fadresse et un grand désir de plaire* Napoléon hésitait cependant à confier à un émigré amûis* tié, àun homme qui, jusqu'alors, n'aTait ifenpli que dos emplois obscurs, une placé briHante et confidentielle ; mais enfin, la recomitiandation ^e Puroc l'emporta. Il dit que la mitre oMirenaft tout particulièrement dans un pays oà les prélats étaieut, presque toujours, chargea des premièi^a placeis;. et que sa oouduftéf à Malines donnait la certitude qu'il était sixicèrement attaché au gouveroement. ^otpe aumônier se eonduisit néanmoins , à son arrivée à Varsovie , de la manière la plus extravagante : à chaque pas il fit une sottise , de sorte que ses actions et ses écrits le fireut mépriser des Polonais de tovs les

partis.

lorsque Napoléon revînt de la défmstré^Éts^ eaflipagne de Moscoju,il passa trois heures^Yarsovie, ou M p*enteudit que des plaintes é^ yen ambas»

sadeur. U fut même accusé de trahisoQ , et ses dénonciateurs étaient au nombre de trente. Les plus modérés le taxaient d*incapacité. Il était évident > au reste, que ses moyens étaient infiniment aurdeçsous de la pdaœ qu'on lui avait confiée. Quand U fut introduit auprès de Napoléon, itcommença , suivant sa coutume , à parler de guerre: c'est sa manie. L'Empereur,fatigué de l'entendre, se contenta d'abord de ne pas lui répondre, et d'écouter les sottises qu'il débitait , avec une froideur 'glaciale ; mais à la fin , perdant patience , il prit une carte qui était stir la cheminée^ et tra^a au crayon les mots siiivaiis r c Écrire au duc Ûe Bassano , qu'à son passage à Varsovie ^ H renvoie ce fat en France. » Il remit la carte à Caulincourt, qui écrivit sur-le-champ la lettre, devant l'abbé.

Après le retour de Napoléon^ en i8î5, touâ ses détracteurs, s'imaginànt qu'il brûlait du désir de se yenger d'^ux, quittèrent Paris ; mais ils se trompèrent. H leur avait trop d'obligation pour leur faire aucun mal, et ils reprirent leurs places. Lacretette rentra- au lycée , Pichon eut une mission à Londres , etc. , etCi L'abbé de Pradt prit

474 PliCES SUR LE PRISONNIER

une mesure tout-à-fait conforme à son effronterie ordinaire. Il envoya à Napoléon un mémoire plein d'invectives contre les Bourbons et contre leurs ministres qui lui avaient ôté la grande chancellerie de la légion d'honneur. U accompagna ce mémoire d une lettre dans laquelle il disait, pour

expliquer la conduite qu'il avait tpnue : « Qu'au « dehors il avait paru changer^ mais que, dans le 9 fond du cœur y il n'avait jamais cessé d'être fidèle « à son bienfaiteur, au prince qui avait été choisi • far le peuple.^ Il concluait par demander à être réintégré dans ses emplois. « Oh I c'est trop , dit Napoléon ; quel misérable ! »

c A cette époque , continue celui qui me ra- < conta cette anecdote , quoiqu'on eût des injuc res à punir , personne ne fut maltraité. Le duc c d'Angouléme fut fait prisonnier au pont St.t Esprit : vous pouvez voir dans le Moniteur la c lettre qui lui sauva la vie. VitroUes , qui avait « été un des agens des puissances étrangères, en « 18149 et qui fut ensuite mis à la tête du gou- « vemement dans le midi, sous les ordres du duc « d'Angouléme , fut arrêté à Toulouse par les ort dres du général Laborde. Etant sur la liste de

• ceux qui, en petit nombre, avaient été èxcep- « tés de l'amnistie , il était exposé à être fusillé « dans les vingt-quatre heures. Mais il n'y eut pas « une goutte de sang répandu dans cette mémocrable révolution, ni sur le chaiûp dé bataille, «ni par les tribunaux, et les Bourbons furent

c éconduits sans qu'il fût tiré un seul coup de «fusil: circonstance qui forme un contraste re*-

c marquable avec la conduite de ceux qui violé-

« rent la capitulation de Paris , et remplirent la

« France d* échafauds , et surtout le midi de pros^

« criptions* »

Tous les ministres du roi sollicitèrent leur pardon. Clarke , duc de Feltre , implora l'indulgence de son ancien maître , qui répondit qu'il ne voulait pas le voir , mais qu'il pouvait se retirer dans ses terres, où il jouirait des bienfaits de l'amnistie. Ce fut eu vertu de cette réponse qu'il passa les frontières. Le vieux Barantïn, chancelier de France, prêta serment de fidélité; lé vice - chancelier d'Ambray quitta le roi , et se rendit dans ses terres, en Normandie, d'où il écrivit plusieurs lettres , contenant ses pro-

476 PIÈGES SUR LE VAIseirNIER

testatioDS de soumission au gouvernemeiit impérial.

Des officiers qui jouissaient cîê la confiance intime de Napoléon, m'ont assuré qu^après le Champ«de-M ai , la majeure partie de la chambre des pairs , créée par le Roi , demanda à être reçue dans la nouvelle: c car, me dirent-ils, tous « les Français pensaient , ceux même qui avaient « occupé les places les plus importantes sous « le gouvernement royal , que le véritable gou- € vernement était celui que le peuple avait tt choisi , et non celui qui lui était imposé pat « les étrangers. Nous avons lu , continuèrent-ils , « les discours des ultra -royalistes; ils décla- « ment avec violence, et cependant il n'y a « presque aucun d'eux à qui Napoléon n'ait f rendu sa terre natale, ou qui ne lui doive « plus ou moins son ancienne ou sa nouvelle « fortuné. Tous se sont soumis aux conditions « de l'âpitaistie, tous ont prêté le serment de c fidélité qu'on exigeait d'eux^, et le plus grand « nombre avait depuis quinze ans abandonné « celui qu'ils appellent aujourd'hui leur niaitre. « Il n'existe pas un seul juge parmi ceux quf sié-

« gent mamtenant, qui n eût prononcé lapplica- « tion de la loi, contre un prince de la maison t de Bourbon, violateur du décret par lequel il « lui était défendu de rentrer en France: il n'y a t pas non plus un seul citoyen qui, s'il eût été « du jury , ne l'eût déclaré coupable.

Je demandai ensuite ce qu'étaient devenus les

maréchaux Saint -Cyr et Oudinot, tandis que

le Roi était hors de France. « L'un et l'autre ,

« me répondit -on, prêtèrent serment de fidé-

« lidé à Napoléon, en i8i5 : tous deux furent

c très - assidus à faire leur cour aux Tuileries ;

t tous deux dînèrent à la cour ; tous deux en-

« fin cherchèrent à se faire employer dans la

« campagne de 181 5. «> Mais, dis- je, comment

se fait- il que le duc de Reggio, que les Bpur-

bons appellent leur Bayard; que Saînt-Cyr , leur

ministre de la guerre , ne les aient pas suivis à

Gand .►^ Cela me surprend extrêmement. « Parce

« que, me répondit-on, aucun Français ne re-

w garde , dans son âme et conscience , la révolu-

« tion comme terminée , et qu'il est des ques-

« tions que sa conclusion seule doit résoudre.

« Leduc de Raguse lui-même, s'il n'eût pas

/l^S PIÈGES SUR LE PRISONNIER

« été excepté de Tamnistie , serait resté en France, c Voilà la religion dés Français : l'opinion naît tionale s esi fortement pronoDcée en faveur « de cette religion. •

J'ai l'honneur d'être , etc. , etc.

Page 1