DE LA TENTATIVE D*ASSASSINAT
SUR NAPOLÉON
A SCHOBNBRVNN.
Le nommé Saint-...., âgé de dix-huit ans , natif <3e Neù^nbourg , fils d nn ministre protestant , se présenta, le â3 octobre 1809, à la parade.de Sehoénbrunn pour assassiner Napoléon. Le général Rapp était de service. Napoléon était J>lacé , pendant qu'on défilait , entre le prince Berthier et lui : Saint... s'avança vers Napoléon , Berthier se mit devant lui, et croyant qu'il voulait présenter une pétition à Napoléon , lui dit de la remettre au général Rapp. Le jeune homme répondit qu'il voulait parler à Napoléon ; on ne le laissa pas approcher, lui disant que s'il avait quelque chose à lui communiquer , il devait s'adresser à l'aide-de-camp de service. Saint... recula et répéta avec un peu d'humeut, qu'il rié voulait parler qu'àNapoléon. Un moment après, U ^'avança de nouveau et s'approcha de très-près ; le géqéral Ràpp le prévint et lui dit ^n allemand
^ PliCE» 9U& L£ FEI8 0K1YIER
qu'il eût à se retirer ; qu'on Técouterait après la pétade , s*fl avait quelque chose à demander. Il tenait sa main (U*oite enfoncée dans sa poche de côté sous sa redingote. Le général Rapp aperçut un peu de papier qui sottàiC dé ^ôtte poche , et que Saint... tenait dans sa main. U regarda le général avec des yetiî qui le frappèrent ; son air décidé , même insolçpt^ lui donna des soupçons. Il appela un chef d'escadron de gendarmerie qui se trouvait là , lui donna l'ordre d'arrêter ce jeune homme , de le conduire au château et de le fouiller. Tout le monde étant occupé de h parade , personne ne s'en aperçut. Le jeune iS^iint... fut emmené un moment après. Le chef cT'escadron vint prévenir le |;énéral JRapp qu'on avait trouvé sur lui un grand couteau de cuisine tout neuf, et que , d'après le caraictère bien décidé de ce jeune homme , il n'y ava;it |>as de doute qu'il ne voulût s'en servir contre Napoléon.
Le général Rapp prévint te grand-^maréchal Duroc de cette arrestation , et ils se i^endirent tous au lieu où était Saint... ; il était assis sur un lit , et re^fard^ tc>ut le monde avec un air déter« miné. A ^oté de lui étaient son portefeuille , quelques lettares,. et le portrait d'une fe^ttté femme/ avcjc une bourse 'Contenant quelque»^ vieux louis d'w. Le général {iapp" lin dôtnanida
coinitient il s'a^fjorelait : t — ' Je ne yt^aoL le dira qu'à Napoléon. -^ QrfaTes-vona monha fairo smet ce couteau ? -^ Je tie pub fê dire cpi'â Napoléon. -^ ÂiFe&vouft voulu vous «n servir contre lui ? — Ouf. — Maisr pourquoi ? -^ Je ne puis le dire qu'à lui. >
Le général Rapp ëlla prévenir Napoléon de cet événement; i( en fut très^surprîi , il lui doana ToÉdi'e de Mte 6onidiiH*e Saifnt... devant lui dans son cabinet.
Après avoir dtmné cet^ordre , le général fiap^ monta de nouveau ehéz Napoléon , où il trfiiiiva le prince Bernadotte , les généraux Berthier et Duroc. Deux gendarmes amenèrent Siaint.^ les mains liées derrière le dos. Il avait IW tranquille, et k présence de Napoléon ne lui fit pas la moindre impression; il le salua cependant tesr pectuetxsement. Napoléon lui demanxia fi'il par^ lait français; il répondit avec aasuranoe: c Trèspeu. »
Napoléon chargea ensuite le général Rapp de lui faire les questions suivantes : € D*oà étes^Miis? « — Je suis de Neu6tii!K)urg. — Qu'est votre père? t — Ministre protestant. -^ Quel âgé avez-vous ? « — Dîi(->huftan6. — •- Que voulîez-vous faire avec t votre couteau? — Je voulais vous tu«r. — Vous < êtes un fou , ^une homme / vous êtes iUuminé. « — ^^ Je ne ams pas ibu; je ne sais paê ce que
gH PIÈCES SUR LB PRISONlïIER
c'est qu'illuminé- — Vous êtes. donc malade? — Je ne suis pas malade , je me porte très-bien. -— Pourquoi vouliez- vous me tuer? — Parce que vous faites le malheur de mon pays. — Est-ce que je vous ai fait du mal? — Comme à tous les autres Allemands. — Par qui avez-vous été envoyé pour commettre ce crime? — Par personne; ce n'est que l'intime conviction qu'en vous tuant je rendaisleplus grand service à. mon « pays et à l'Europe. — Est-ce la première fois ^ que vous me vpyçz? — Je vous ai vu à Erfurt « lors de l'entrevue. — N'aviez- vous pas envie de me tuer alors? — Non, parce que je croyais que vous ne feriez plus la guerre à l'Allemague; j'étais alors un de vos grands admirateurs. -— Depuis quand êtes vous a Vienne ? — Depuis dix jours. — Pourquoi avez-vous attendu aussi ïong-temps pour exécuter votre projet? — Je suis venu à Schœnbrunn, il y a huit jours , dans l'intention de vous tuer alors; mais la parade^ venait de finir, et j'avais remis mon projet à aujourd'hui. — Vous êtes fou, jeune homme, où: vous êtes malade, répéta Napoléon; qu'on fasse venir Corvisart. — Je ne suis pas malade : qu'est-ce que Corvisart? On lui dit que c'était un médecin. — Je n'en ai pas besoin. » On resta sans rien dire jusqu'à l'arrivée du médecîh. (Saint..... était toujours tranquille; enfin
DE SÀINTB-UÉLE^fS. 99
Corvisart arriva. Napoléon lui dit de tâter le pouls à cet homme. Après quelques attouchemens , Saint... dit au docteur : n'est-ce pas que je ne suis pas malade? Le docteur dit à Napoléon : Sire , Monsieur se porte très-bien ; le jeune homme répéta arec beaucoup de tranquillité et même ayec un air de satisfaction ; je l* avais bien dit.
Napoléon , embarrassé de la contenance de ce jeune homme , recommença les questions suivantes : « Vous avez une tète exaltée , vous ferez « le malheur de vôtre famille; je vous ferai grâce c de la vie, si vous voulez demander pardon du « crime que vous avez voulu commettre et dont « vous devez être fâché.
4r Je ne veux pas de pardon, et j éprouve les « plus vifs regrets de n avoir pas réussi. — Diable! « il parait qu'un crime n'est rien pour vous? — « Vous tuer n'est pas un crime , mais un devoir. « — Quel est le portrait qu'on a trouvé survous? '< — Celui d'une jeune personne que j'aime.
« — Elle sera bien affligée de votre aventure?
« — Elle sera bien fâchée de ce que je n'ai pas « réussi ; elle vous abhorre autant que moi. — ^ c Mais enfin si je vous faisais grâce, m'en sau- « riez-vous gré?
« — Je vous préviens que je vous tuerais • néanmoins plus tard. » A cette dernière ré-
lOO PIÉGÉS stK Et f ItlSÔHNtER
pàûse , NapiôMoti fut î&fBti iMcrdît ; rt donna For*-^ dre d'edïmétiéï* le ji^risoiin^teir^ôntui fit son procès et îl fut fusillé (i).
Napoléén s'entretîÉit pendant quelque temps
avec lés personnes qui étaient présentes; il park
beaucoup des ittMninés. Le sotr il fit appeler le
général Rstj>p et It^i dit : « Savèî^vous que Vévé*
« nement d'ai»)oui^'hui est fort extraordinaire?
c il faut que eet homme ait été poussé par quel^
• qu'un. Il ùy a pàa d'exen^ple qu'un ^eune
«r homme de eet' ^e , ÂUemand , protestant et
i bien éleyé, ait voulu co inmeltre un pareil erilne;
« je serais fâché de partir avant d'avoir appris la
c manière dont il est nibrf.i^ — U ne fit point
de révélation, et soutint que c'était de son propre
mouvement qu'il avait voulu commettre ce
crime.
On rapporta le couteau que Napoléon chargea le général Rapp de conserver' et qu'il a chez lui. Il fut exécuté à sept heures du matin : on
(i) Un monarque juge àulrement ^u'un citoyen ; un général est forcé d*agir d'une autre manière qu'on soldats sans ces hautes raisons d'état , lesquelles offrent d'ailleurs tant de prétextes et tant d'excuses à l'oppression y n'eùt-il pas été digne de Napoléon d'opposer fa clémenôe an Êinatîsme 9 et de pardonner un assas^nat gui nejhgi
0£ CJLIVTfi.-HÉLÈNE* 10^
voulut liû dp^nçr à D^^M^gçr ay^ut de mourir , mais il i:<eAtôa c^ di$^t : J ai encore assez 4^ force pour mfircher au supplice. On lui ^yait annoncé que la paix était faite ; U^ ayait paru .^rès-coptent, et au moment de son exécution, il cria : vive la paix ! vive TAUemagne!
Je ).o|us ici le récit suivant , que Jç tieAS de
l^ Comme Ji;ne de.ces pièces Jbiatorjques dont )'ai tant recommandé da publication, à içe^x qui s'occupent de l'histoire . de :notre temps ;
2". Comme propre à réfuter , bîeti plus , à détruire à jamais une atroce calomnie propagée depuis plusieurs années , et répétée au sein même des chambres, dans la dernière session, 'sur unb prétendue violence exercée par Napoléon contre la personne du pape, à' Fontainebleau, Il est de notre honneur à tous que la vérité soit connue, et que le silence soit imposé aux calomurateufs à venir, rendus inexcusables par la démonstration complète de la vérité.
3*.. Comme prçuvje de ce quç j ai a^v^nçè 9ur le i^actère de Napoléon.
.X'est M. Puvoistn., ancien PJ(èq^^ .cjlç Nantes, qui parle. Qui cUe M. J^végue dçi.^'^SPt^s, cite UPi homme qui réunissait les l.umj.^res Iqs jplus yivçs aux vertus les plus solides et les plus douces.
et qui, par laccord de ces qualités, sut se concilier également, au plus fort de leurs querelles, la confiance du Pape et de Napoléon. Ce trait seul suffit à son éloge.
t Un des jours de janvier 1 8 1 3, j'étais àSt-Cloud; TEmpereur me dit: Ne serait -il point possible de faire un arrangement avec le Pape ? — Je ne puis, Sire, répondre à cette question, si je ne sais pas précisément ce que Votre Majesté veut du Pape. Il faudrait connaître vos propositions pour pouvoir conjecturer si elles sont de nature à être agréées par Sa Sainteté.-r- Assey^z-vous là (devant un bureau) et écrivez. Et de suite Napoléon me dicta une série d'articles assez longue. J'écrivais en silence ; mais, à quelques-uns des articles, il m'échappait un sourire imperceptible. — Vous riez? est-ce qu'il refusera cela ? — Sire, le devoir de votre secrétaire est. d'écrire sans se permettre de réflexions. La dictée fii^ie , Napoléon me chargea d'aller pirésenter ces articles au Pape.
« Arrivé le lehdémajin à Fontainebleau , je fus annoncé à Sa Sainteté , et reçu avec bonté. J'exposai ma commission. * — J'ai bien à me plaindre de votre Empereur, me dit le Pape. — Il est vrai , très-Saint Père; mais l'Empereur croit aussi avoir à se plaindre de Votre Sain^
DE SAlNTE-HÉLilTE. I03
teté. — De quoi donc peut-il se plaindre? — Je le dirais y très-Saint Père , avec toute sincérité, si Votre Sainteté daignait regarder ma véracité comme un témoigi^age de mon dévouement à sa personneet à ses. intérêts, qui sont ceux de toute Téglise. — Parlez librement et ne me déguisez rien. Je connais vos sentimens et j'estime votre candeur.
€ Très-Saint Père, vous avez excommunié, et cela dans des circonstances qui indiquaient le projet et le désir de nuire , étvousaVez excommunié pour des motifs temporels.... Vous avez travaillé à organiser en France et dans le royaume d'Italie , une administration clandestine, que les maximes de notre église déclarent inadmissible, et que l'Empereur a pu regarder comme un moyen de contreminet son gouvernement.... ^
« Mais, dit le Pape, votre Empereur a attaqué ouvertement le dogme. — Le dogme, très- Saint Père ! Eh ! comment s'est-il pu faire qu'aucun évêque ne s'en soit aperçu? — Oui, le dogme, reprit le Pape; n'a-t-il pas proscrit, ou du moins improuvé les conseils évangéliques, en rejetant les sociétés religieuses qui professent les conseils évangéliques comme un « moyen de perfection ?
«<i4 PIECES sua ££ PaiiSOlSUrJER
\ « Très^Satnt Pèrq , lËmpermir m autoi:4fé et « autorise jouenélleiiififlQ^phisieura congrégations # religieuses, qfninCTisteiit comme cojigrégatioDS "^e par la profession des coatis érangéliques : ceik ftdbérer àk foi catholique ^ qui enaeîgœ ia vétiératioa pomr^es conseils ëvan^éliquies. Dice que ces conseils sont une doctrine pernicieuse, ce serait att&quer le dogme, Rejeter de sea état^ quelques çorpoirations qui les professent, à la, ifévké:^ . ipais qvi « sôus d a^tros ra^Piports , pajcaissept^ ou inutiles ou dangereuses pour jiordi^e civil, <:'i3$t49^ tromper peut^tre «jcnais ce Q'|3stqu a6i?r4^otcpréf0gatii:e qu'on ^ae^iit ^^^t^orâ unwi^Feraia qui ne reconnaît poiat d^ fs^péiâiifur dan3 cftte {lârtie,
« JRoJ^ir^mQiyrditlePapey je ne puis voir qu'une />pposji;io]^ a la religion dans l'exclusiau donnée à des ordres religieux approuvés cpar l'église. — S'il en était ainsi, tr^s-Saint Père, que devraît-on penser dé plusieurs de vos prédéciessetirs qui ont supprimé des ordres relîgieiixr
« Ici lePfiLpe resta quelques momehs pensif ; puis ronptpant le silence ; Eh bien 1 M. l'ëvéque de Nantes . que voulez-vous de moî?
« -^ Que vous daigniez, très-Saint Père , faire « tdu» les efforts compatit)1es avec votre "su- « prême dignité, pour mettre un terme à votre
t «a^ivilé, «^ ^ert Un Héati %\ désentreitx pour ti f église , «t cnil)^ fois pl«s pétilble â vos «nfans « -qé^à ^tre i;oeuT magimirîtoe ; f>etit-étiNe ie mot ment en «st41 anivé. Voici ntie sét4e d'aitides « q»e TEmpèreur m'a ilktés fefer , et qctVL m'^ -« chargé de présenter à Votre Sàiatefté.
t LePape,pareoufaiit le papier : Peilt-on me t proposer ceci.,.. ! et encore cela»... ? — ^Mais « cda, trfes-SaîntPère, îetencorecela.i;.! — Ohl « contre les articles tjue tous «igfnalez^ je n ai « point ^objeclîotft. — ^ Très^Saînt Père , f^se-^ ^ raïs «upplîer Votre Sainteté de se retirer dans « son cabinet , de prendre tout le temps qu'elle € totidralt porur yréfléchîr , et de nc«fer-en m^rge f'dbaoun de ces articles. Ceux qui ne souffrent t pas de dtfficiâlés , adopU; cenx qui -semblenl; « latKiuvaîs, rejeté; et ceux qui ont besoin d'ex-? « plication , (i examiner.
^ Le Pape efstla bont^ de se reedre a oet avis, <« et après domx lieuireB d'>examen, .il me «ndit 'f les articles apostilles ide sa propre m^ku Je iw- «/UNimai à Saint-^lloud, et ije r^tvfm^e^i ^dute « Jûx^owr »eoL kabîjtB.deichaeiae; xm ,93i»k pajrtk" p )p<Mr 'Gn^chdBois.
c 'Néanmoins ]c fus tatrodcrît , et remis à Na- « polécm les articles àposfflës par le ^ Pape. Sur « quoi Napoléon «e récrie î ^uoi ^éln rejeté éelal
]06 PIÈGES SUR lié PRISONNIER
t et cela encore / ..• — Il est vrai, dis-je, mais il « admet cet article qui est capital, et plusieurs « auti'es.... — Vraiment! ce n'est pas un grand « effort que d'admettre des choses si évî- « dentés ! — Je ne conçois pas Votre Majesté» — « Vous ne me concevez pas ? — Non, Sire ; hier t vous n'étiez d'accord avec le Pape sur rien au « monde: au)ourd'hui vous vous trouvez d'accord « sur plusieurs points essentiels; c'est un assez c beau progrès ; en sui\ant cette ouverture avec « un désir véritable d'en venir à un arrangement c définitif, il est facile de s'accorder sur le reste. . « Je suis fâché. Sire, que Gros-Bois soit loin de ' « Fontainebleau ; une explication franche et ver- « hlàle entre vous et le Pape avancerait plus les : « affaires en une demi-heure qu'une négociation « de 9ix mois.... — Nous en reparlerons, dit Nat poléon. »
«Dansrla matinée du le^de|^lain, sur le pont de Saint-Gloud, la voiture d'une duchesse de la cour se croisa avec la mienne.— Eh! qu'allez-vous fâit^à^Sàftnt-^loud, Monsieur ? vous n'y trouve- 'wz perçônne-'^L'Empereurseraît-il resté à Gros- Bois ? — Non : hier , au lieu de se rendre à Gros- Bois, il est allé directement à Fontainebleau. Je me hâtai d'aller poi;(bei:. la nouvelle de tet incident à ML Pigot de Préameneu,; et sans perdre
D'E SÀUTTE-HÉLiNE^. tOj.
de temps, nous nous rendîmes Tun et lautre à Fontainebleau.
t J'y trouvai , d'un côlé , le Pape assisté de quelques-uns de ses familiers; de l'àutte, Napoléon et quelques personnes de sa suite. Tout avait un aspect paisible ; la cotiférence était com-« mencéci. — Voua arrivez fort à propos, me dit Napoléon : placez-vous à ce bureau.
« On discutait le Concordat de i8i5, article par article. Les Italiens faisaient leurs observations; les Français répondaient. Quand ladiscussion était épuisée et la chose convenue, on discutait la rédaction , et lorsqu'elle était ûxée par un commun consentement, j'écrivais l'article. Napoléon ne pouvait contenir entièrement la satisfaction qu'il éprouvait et qui perçait malgré lui.ll lui arriva plusieurs fois de changer les termes d'aune rédaction arrêtée , pour «ti dicter d'autres plus favorables aux désirs de Sa Sainteté ; ainsi la rédaction convenue de l'article IL était: Le Saint Père se porte aux dispositions ci-dessus..... et dans V espérance que lui a inspirée Sa Majesté, etc. J'allais' écrire Y espérance ;îiapo\éoïk m'arrêta : ce mot espérance, dit-il, est trop faible, écrivez dans la confiance^
Avant la discussion des articles, Sa Sainteté avait élevé une difficulté: nous allons, disait-il, rédir
f08 PIEGSfi êHm, LE VJLXSOlTJflER
^g^ 1» CôaocMrdal 4^ fera aiMtradtioiQ des chan* ^emens opérés par riuTagion des étoto jrdmains sw* 4^queLs jeaexjois p^ aJbandooperi^esxlroits» eapore moins les droits évenlxielç 4e mes suo ç^sseur^. Pour empêcher qu ou ne pi^ase arguer demiOfiL iSÂlc^oe cpnfrp eux eH contre i^oi , je (dois ffiire .^ne pridtest^tîon préajbble ^ par laquelle je me réserverai de faire valoir ae|B droits ^on les événemens. Cette précaution est juste, répondit Napoléon , et je ne m^oppose point à la prêtes^ tation; seulement je n*y trouve pas assez de dîguité. n sera aussi utile et plus honorable pour Sa Saint^*té^ que je rende , avant tout , un décret impérial , par lequel je déclarerai -qu attendu que le Concordat projeté n*a pour objet que la nomination aux évêchés et rinstitutiori des évoques, oh n'en pourra rien inférer contre les
droits éveptuels des papes sur les états romains..., et le décret impérial fut dressé,
(«JLa rédaction du Cl0!»cwdat ét^nt t^rmia^^ quelqu!un .voulut mettre en. question l'ordre d^s siguatures; mais Napoléon préiunt toute discus«* lion icapL > ofiiant V.tUternat ^\ et. le iPape i*>agréa yq lotitiérs,
« Le Concordat était rédigé en français : on convint qu'il serait traduit en italien, et cette tradadion fiit cos^e aux officiers de S. S.
^ Tout , en wi moti maufestait de bi part de Napoléon joie etsatiëfaction^ et^ deceile du Pape, confiance et sécurité. Il n'edt pas irt^isemblabiê que des séatttc^B aussi paisibles que celle de la dis-' cussion et celle de la signature , aient été ouvertes par une scène de brutalité et de fureur. On m'a dit qu avant mon arrivée à Fontainebleau, il y avait eu une entrevue de Sa Sainteté et de Napoléon; quelle avait duré une den^i-heure, et qu'il» étaient seuls: ainsi, on ne peut savoir ce qui s'y passa ; mais le calme des deux interlocuteurs au sortir de cette entrevue , et les dispositions bien-' veillantes où ils parurent l'un et l'autre, mon« trent assez que la conférence 'secrète n'avait eu rien d'indécent ni d'hostile (1). »
(1) C'est ici que y par respect pour la vérité et pour rinstruction de l'histoire à laquelle nous préparons ces matériaux; c'est ici que nous sommes obli*^és de faire remarquer 9 pour la seconde fois, l'opiniâtre impudence des ennemis de Napoléon , en ce qui concerne ces conférences. Ils ont répété mille fois, et M. de Chateaubriand a imprimé que^ dans un accès de fureur, de < « tyran, après avoir accablé de coups le^vénérable pon- « tife , l'avait traîné par ses cheveux blancs. » A cette déclamation on oppose d'abord le témoignage d'un prélat dont la bouche ne s'ouvrit jamais que pour prêcher l'évangile , la concorde et la vérité ; ensuite un fait, c'est
1 I O PIÈCES SUR LE PRISONNIER , etC.
que les cheveux, que le besoin de faire effet dL blanchi x sous la plume du déclamateur, srint , sur la tète du pape 9 d'un noir défais^ ^
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