‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinctionChapitre 15 sur 45 · AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS

La France cpii, dans Tespace dHcrn qa^at dç nècle> jparcouYl; rég^ulièremcnt >le cevcle desiettres, ded'sidentes , de rinduBf rie e% des avts ^ et qui em marque «haque point par des pto^tiotions qiie i^esprit réclame toujouas et que le génie avoue quelquefois ; .la France conifMtaît des orateurs fameux daïis tous les genres» quand parut rhomme ^«li devait cré er , dans rélt>qtienoe 9 un gesKé nouveau. Là tribune sacrée offrait Botirâdloue» Bossaet, Massilion 5 à l'imitation de leurssuoeesseursj ceux de d*A^ jg;uesseaii9 de Goohia, de Gerbier, de tDuparty, de Siervan, étaient devenus des modèles À leur tour dans Part 4es dMcussions parlenientaires, où ils n^avaient été surpassés que par les Mirabeau, les Baroave, les Vergniaud 5 les Maury» les C^zalés. La guerre de la liberté , en ouvrai^^ de nouveaux points de 'vue dans la tactique régénérée 9 développa, dans les moyens de la parole et |des 'signes, des ressources aussi puissantes qu'imprévues. C|est /4oi« que Bonaparte imprima à la Muse des camps une physionomie Jusqu'alors inconnue^ pleine de mouve* ment, d'expression et de cette sensibilité puisée ^dans l'àme convaincue et qui sie manifeste par l'énergie.

I,ies circonstances. étaient inouies , Tobjet de la guerre d'une importance oniversc^lç : la pensée du héros sçut l'atteindre, et sa parole l'iQxprimer. A cette yoix qui retentissait parmi le fracas des armes , le soldat répondit par un enthousiasme toujours croissant , par uar44voviement fortem^ent senti et qui ne se démentit jamais. Nos lâches adversaires ont prétendu qu'en évoquant le fantôme brillant de la gloire, qu'en montrant sa spoliation comme le prix du carnage, Bonaparte avait recruté ses

JllO AVANT PROPOS.

armées et créé des héros; ainsi des hommes qui y sous prétexte de se montrer moralistes , ont cessé de se mon* trer Français, ces hommes ont calomnié la nature mème^ et flétri^ jusque dans son germe ^ le sentiment des j^us nobles vertus! Non, la vanité de voir leurs noms tracés dans un bulletin; non la cupidité d*ajouter quelques «rameaux d'or aux palmes moissonnées, n'ont pas conduit «sous le feu du canon, sçus le tranchant de la bayonnette^ les héros de Marengo > d'Austerlit^ et d'Iéna : et obéissant à la voix de leur chef, en redisant, au fort de la mêlée, ces mots heureux, ces expressions vivantes qui font de toutes les intentions une seule pensée et de tous les bras un seul faisceau, ils voyaient, dansThem*' me que la providence envoya pour châtier les rois» le vengeur des peuples humiliés; V Honneur fut leur véhi-' cule , la Patrie\e.\xT idole 9 /a Liierté leur objet. C'est en répétant ôes mots sacrés qu'ils croyaient traduire, qnlh traduisaient en efTef les sublimes proclamations de Bo^ naparte. Et si « trompé par tine politique que repoussait le siècle, et que la perfidie diplomatique surprit à sa grande âme, il consentit à descendre de la chaise curule jusqu'au trône des rois, il ne trouva de si nombreux complices parmi les citoyens et les soldats, que parce qu'il jùrâ, devant Dieu, que sur ce trône, avec lut, s'^asseoif ait la liberté. Ce fut l'objet d'une de ses harangues les plus remarquables* Tant qu'il tint parole , l'o* pinion se complut à le soutenir; mais lorsqu'il l'eut meurtrie 'par son despotisme, les peuples l'abandonné-* rent, et il tomba.

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Napoléon Bonaparte. '

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