‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinctionChapitre 20 sur 45 · LE FABRICANT DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

LE FABRICANT DE MONTPELLIER

Il est palpable, pour qui veut réfléchir qu'une partie de Marseille veut la coutre-révolulîon ; l'on avoue vouloir la république, mais c'est un rideau que l'on rendrait tous les jours plus transparent; l'on vous accoutumerait à voir la

contre-révolution toute nue; déjà le voile qui la couvrait n'était plus que dé gaze ; votre peuple était bon , mais avec le temps on aurait perverti la masse, sans le génie de la révolution qui veille slir elle.

Nos troupes ont bien mérité de la patrie pour aVoir pris les armes contre vous avec autant d*cnergie; elles n'ont pas dû imiter l'armée de 1789, puisque vous n'êtes pas la nation. Le centre d'unité est la Convention , c'est le vrai souverain , surtout lorsque le peuple se trouve partagé.

Vous avez renversé toutes les lois , toutes les Convenances. De quel droit destituiez-vous votre département? Etait-ce à Marseille qu'on l'avait formé? De quel droit le bataillon de votre ville parcourt-il les districts? De quel droit vos gardes nationales prétendaient-^Ues entrer dans Avignon ? Le district de cette ville était le premier corps constitué, puisque le département était dissous. De quel droit prétendiez-vous entrer sur le territoire de la Drôme? et pourquoi croyezvous que ce département n'ait pas le droit de requérir la force publique pour le défendre ? Vous avez donc confondu tous les droits , vous avez établi l'anarchie , et puisque vous prétendez justifier vos opérations par le droit de la force , vous êtes donc des brigands , des anarchistes.

Vous aviez établi un gouvernement populaire, r. 23

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Marseille seul la nommé; il est contraire à toute»:^ les lois^ ce ne peut être qu'un tribunal de .sang » puisque c'est le tribunal d'une faction; vous ayez soumis par la force, à ce tribunal, tout votre département. De quel droit? Vous usurpez donc/ cette autorité ; que vous reprochez injustement à Paris? Votre comité des sections a reconnudes aflSliations. Voilà donc une coalition pareille, à celle des clubs contre qui vous vous récriez ^ votre comité a exercé des actes d'aministration . sur des communes du Var : voilà donc la division* territoriale méconnue.

Vous avez, à Avignon, emprisonné sans mai^) dat, sans décret, sans réquisition des corps-, administratifs; vous avez violé l'asile des familles,; méconnu la liberté individuelle; vous avez, de sang-froid , assassiné sur les places publiques ; vous avez renouvelé les scènes dont vous avez exagéré l'horreur, et qui ont affligé l'origine de la révolution 9 sans informations, sans procès^ sans connaître les victimes, seulement sur la désignation de leurs ennemis ; vous les avez

prises, arrachées à leurs enfants , traînées dans les rues, et les avez fait périr sous les coups de sabre; l'on en compte jusqu'à trente que vous avez ainsi sacrifiées ; vous avez traîné la statue de la liberté dans la boue; vous l'avez exécutée publiquement; elle a été l'objet des avanie»

de toute espèce d'une jeunesse effrénée; vous lavez lacérée à coups de sabre, vous ne sauriez le nier; il était midi, plus de deux cents personnes des vôtres assistaieqt à cette profanation criminelle ; le cortège a traversé plusieurs rues, est arrivé à la place de l'Horloge, etc.^ etc*, etc. J'arrête mes réflexions et mon indignation. Estce donc ainsi que vous voulez la république? Vous avez retardé la marche de nos armées j eii arrêtant les convois; comment pouvoir se refuser à l'évidence de tant de faits; et comment vous épargner le titre des ennemis de la patrie?

LE MIIITÀIRE.

Il est de la dernière évidence que les Marseillais ont nui aux opérations de nos armées , et voulaient détruire la liberté ; mais ce n'est pas ce dont il s'agit ; la question est de savoir s'ils peuvent espérer, et quel parti il leur restcf à prendre.

t£ MARSEILLAIS.

Nous avons moins de ressources que je ne pensais ; mais l'on est bien fort lorsqu'on est résolu à mourir , et nous le sommes plutôt que de reprendre le joug des hommes qui gouvernent l'état; vous savez qu'un homme qui se noie s accroche à toutes lés br^ndhes ; aussi plutôt que de nous laisser égorger, nous.... Oui, nous avoni»

356 PIÈCES sua le prisonnier

tous pris part à cette nouvelle révolution; nous nous ferions sacrifier par la vengeance. II y a deux mois que Ton avait conspiré pour égorçer 4)000 de nos meilleurs citoyens ; jugez à quels excès on se porterait aujourd'hui On se ressouvient toujours de ce monstre qui était cependant un des principaux du club: il fit lanterner un citoyen, pilla sa maison et viola sa femme, après lui avoir fait boire un verre du sang^ de son époux.

LE HurrAiRE.

Quelle horreur ! mais ce fait est-il vrai? Je m'en méfie , car vous savez qu'on ne croit plus au viol aujourd'hui.

LE MÀRSETIL^US.

Oui, plutôt que de nous soumettre à de pa^ reilles gens , nous nous porterons à la dernière extrémité , nous nous donnerons aux" ennemis , nous appelerons les Espagnols ; il n'y a point de peuple dont le caractère soit moins compatible avec le nôtre; il n'y en point de plus haïssable. Jugez donc , par le sacrifice que nous ferons , de la méchanceté des hommes que nous craignons.

LE MILITAIRE

Vous donner aux Espagnols ! !.... Nous ii€ vous en donnerons pas le temps.

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