LETTRE IV. C
Par sentiment, par devoir, par espérance, les Académies ont revu avec transport le retour de Votre Majesté. Croyez-en un homme qui ne flatte point ; ce que vous a dit leur président est l'expression de ce qu*elles sentent, de ce qu'elles désirent, de ce qu*elles veulent. Non-seulement elles aiment la liberté publique, dont .elles sont faites pour être l'organe, mais elles demandent l'indépendance privée, et ne demandent qu'elle. C'est une erreur, commune à tous les gouvernemens » de croire
^ (*) CofTUpfmiancciéùfap^léoH' durtuit les Cent jours , p« 93».
DE^ÀIKTE -HÉLÈNE. 4^1
qa#le9 lettres ont besoin de guides, et fe9 assoeiations littéraires de ^rotecfeurs; Néees^ires sons un rég;inre despotique qiii m^sureia ^nsée et^aloïkne rex|>reilsf6il4 les protecteurs étouffent, dèà le berceau > lei^' prodocf^ tioùsUbres^sbus prétexte tju'etles sont licendéiA^e^y èf ne: font pas f^àcçs aux badipàges inénief j 0oiis ptélelrtè^ qu'Us sont incoilircDaniv'L'Apaiâémiië française aéitêiiéi de totis temps^.deiiSTeprookes qui y poatélré'StiiétléùX'^ n'en paraissent pas plus fondés.:- ta'^ On^d prétendu qu'tl^' niqtÉenieiit occupée de l'éternel Dieireiinafrè', -ëDé^ètH si etitétëe dé mols^ que^ dâtt» ces cerVeatinb façbiiiié^ à* comMèr dès période^ et des hémistiéteè^ il n^y èt¥àW plnsî de plaiee pbmr le» choses; secbndement^ quNsn* gàM loflôliemeirt de flatterie pér^étueUe ftMftittotit nattirellë^ meii£^se placç^ sur les langues môbilèé de!(' Qâai^ttté itrimorteti^ Atacis; puisque là protectibli duirritHstdé^ leurtntevdisaitlesckosesyne fklltiit-^U pêr^qii^y Vfo^^^ nis^ssent'en alignant les Hnses^ iehscatidam^ des mètres ^ en contournant des phrases^ en ênfilaéf dès inbtsP Ma!s$ puisque leur eiistenoei littéraire dépendait d'uile ejcis^ tence politique^ cjui elle-mtoie tenait à celle dHin mittftfÀ ti« fondateur, #U d'utl prince protecteur, ne fkllaiiPil pas qu'ils payassent en madrigaux les{etons deprésietaeè et les fanfares de la renommée ? Les journaux ne vantaient que l'académicien qui avait loué le ministre, et ils diffamaient par des diatribes^ ou tuaient par le silence, le philosophe qui n'obéissait qu'à sa conscience , et ne préconisait que la vérité. De là , des milliers de cassolettes nauséabondes fumant pour les saints du jour : de là aussi 5 quelques dixaines de pensions pour les prêtres complaisans et diserts de ces nouvelles idoles,
Il faut que sous votre règne régénéré, Sire , l'institut de France se régénère aussi; et, devenu l'élite des gens
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de lettres, des artistes ^ des philosophes et |.de8 saTansy U justifie le titre de national qu'il doit expressément porter. C'est uu véritable non-sens que de lui imposer eelui dHmpérialf qui n'offre qu'un idée louche ^ vaguer et même disparate ^ et qui^ sans donner à Tassociatio» qui la porte plus de dignité, semble la priver de son indépendance. Il faut aussi que les académiciens haiioraires soient supprimés 9 parce que leurs places eorlètent tout à la fois des récompenses au mérite modeste ou Indigent ^ et enhardissent Torgueil ignare ou la fortune insolente. Enfin, il faut rendife au scrutin des élections toute sa latitude ; ne pas permettre qu'il soit influencé par la brigue ou par la faveur, et surtout, sous niû pré-' texte, substituer à un choix libre des nominations commandées. Si jamais jury dût jouir d'une égalité inaltérable, d'une liberté sans réserve, c'est sans doute -celui d*une société littéraire prononçant sur le mérite de ses pairs. Alors , seulement alors , l'Institut , réunion impo* santé des représentans des facultés humaines , redevien-* dra le légitime organe de leurs pensées , et marchera ainsi, dans tous les sens et par toutes les voies, au développement de la puissance intellectuelle , sans laquelle la puissance politique n'est qu'un palais de nuages.
Paris, 3o mars i8i5.