LETTRE XIX
VoTAE Majesté a rétabli sur ses anciennes bases , Tarmée dont le gouvernement des Bourbons avait dispersé les élémens. Tous les braves ont. reconnu votre voix, Sire , et se sont ralliés à vos aigles. L'armée française commence à se reformer sur un pied respectable. Les différentes armes seront relativement dans la proportion nécessaire , et les forces convenablement reparties sur les différentes frontières de l'empire. Toutes les branches du service militaire reçoivent une nouvelle impulsion. J'en présenterai successivement l'analyse à Votre Majesté , en me bornant^ pour aujourd'hui, au tableau rapide, mais exact , de la force des armées.
Au i'% avril 18149 Tarmée franc lise , soit en campagne y soit dans les places fortes et garnisons d'Allemagne 9 d'Italie , d'Espagne et de France , se composait de 4^0,000 combattans; et si l'on y comprend i5o,ooo prisonniers, soldats les plus aguerris, qui devaient nous (être rendus, la force totale de l'armée s'élevait encore ii 600,000 hommes. On ne comprend point , dans cette énumération^ la levée des conscrits de i8i5, parceque, sur les 160,000 conscrits mis à la disposition du gouverne^nent, 4^9000 seulement ont été appelés.
Inquiet , effrayé de ses propres forces (i) , le gouvernement royal fit de longs et vains efforts pour les dis-
(i) Lttléralement cou forme au rapport officiel et maintenant liistorjquc du i3 juin.
DE SÀIJNTE-HÉLÈNE. . 49^
^udre. Les provocations à la désertion j les encouragemens offerts par les agens des puissances étrangères , l'abandon des atmes et des effets militaires, laissaient encore dans les rangs 25o,ooo vieux soldats; et, pour ébranler leur fidélité , pour mutiler Tarmée jusqu'à la proportion prescrite par un système de finances 5 dont toutes les économies devaient peser sur l'armée , il fallait encore expulser 1 10,000 braves.
Le désorlre fut grand , la désorganisation si rapide, qu'on fut obligé de faire un rappel de 60,000 hommes au mois de novembre 1814 » mais la confiance était perdue : au 20 mars, 35,ooo hommes seulement étaieùt rentrés, et cette force de plus de 600,000 hommes se trouvait, en moins d'un an, réduite à 175,000.
Depuis le 20 mars , en un mois , l'armée de ligne f^'est élevée de 175,000 hommes à pins de 25o,ooo : j'ai acquis la certitude qu'avant juillet elle sera portée à plus de4oo,ooo. Je la suppose, en juin, de 575,000, surdes données incontestables , dont le résultat se vérifie par le détail suivant (1) ;
Enrôlemens volontaires i - ...... a[o,ooa b.
Anciens militaires rappelés sous les drapeaux 80,000 Vieux soldats rentrés dans les cadres des bataillons d'élite des gardes nationales • . . 25,ooo Militaires en retraite formés en 55 bataillons
6t 56 compagnies d'anciens canonniers . • • 55,ooa Seize régimens de jeune garde qui avaient
été dissous 20,00a
Grenadiers et chasseurs d^ la vieille garde,
(1) Ce nombre était dépasse, lors de la bataille de Waterlo<K Voyez le Rapport du i3 juin.
LETTjRE XIX-
VoTBE Majesté a rétabli sur ses anciennes bases , Tarmée dont le gouvernement des Bourbons avait dispersé les élémens. Tous les braves ont reconnu votre voix, Sire , et se sont ralliés à vos aigles. L'armée française commence à se reformer sur un pied respectable. 1a% différentes armes seront relativement dans la proportion nécessaire , et les forces convenablement reparties sur les différentes frontières de l'empire. Toutes les branches du service militaire reçoivent une nouvelle impulsion. J'en présenterai successivement l'analyse à Votre Majesté , en me bornant^ pour aujourd'hui, au tableau rapide, mais exact , de la force des armées.
Au i'% avril 18149 Tarmée franc lîse , soit en campagne y soit dans les places fortes et garnisons d'Allemagne , d'Italie , d'Espagne et de France , se composait de 4^0,000 combattans; et si l'on y comprend i5o,ooo prisonniers , soldats les plus aguerris , qui devaient nous être rendus, la force totale de l'armée s'élevait encore h 600,000 hommes. On ne comprend point , dans cette énumération^ la levée des conscrits de i8i5, parceque, sur les 160,000 conscrits mis à la disposition du gouverne^nent, 4^9000 seulement ont été appelés.
Inquiet , effrayé de ses propres forces (i) , le gouvernement royal fit de longs et vains efforts pour les dis-
(i) ÏAUèralement conforme au rapport officiel et maintenant historique du i3 juin.
foudre. Les provocations à la désertion j les encouragemens offerts par les agens des puissances étrangères , l'abandon des armes et des effets militaires, laissaient encore dans les rangs 260,000 vieux soldats; et, pour ébranler leur fidélité , pour mutiler l'armée jusqu'à la proportion prescrite par un système de finances , dont toutes les économies devaient peser sur l'armée , il fallait encore expulser 1 10,000 braves.
Le désorlre fut grand , la désorganisation si rapide, qu'on fut obligé de faire un rappel de 60,000 hommes au mois de novembre 1814 » mais la confiance était perdue : au 20 mars, 35,ooo hommes seulement étaieùt rentrés , et cette force de plus de 600,000 hommes se trouvait, en moins d'un an, réduite à 175,000.
Depuis le 20 mars, en un mois, l'armée de ligne ^'est élevée de 175,000 hommes à pins de 25o,ooo : J'ai acquis la certitude qu'avant juillet elle sera portée à plus de4oo,ooo. Je la suppose, en juin, de 575,000, surdes données incontestables , dont le résultat se vérifie par le détail suivant (1) ;
Enrôlemens volontaires . ...... s[o,ooa b.
Anciens militaires rappelés sous les drapeaux 80,000
Vieux soldats rentrés dans les cadres des bataillons d'élite des gardes nationales • . • 25,ooo
Militaires en retraite formés en 55 bataillons 6t 56 compagnies d'anciens canonniers . • . 55,ooa
Seize régimens de jeune garde qui avaient
été dissous 20,00a
Grenadiers et chasseurs d^; la vieille garde,
(i) Ce nombre était dépasse, lors de la bataille de Waterlo<K Voyez le Rapport du i3 juin.
infanterie ou cavaliers rentrés sous leurs
aigles • 5,000
Cinquante compagnies de eanonniers gardescôtes réorganisés 6,000
Chasseurs des Pyrénées et des Alpes 6,000
Huit régimens étrangers ia,ooo
Cette masse de 200,000 hommes , èi Ton en excepit quelques enrôlés volontaires , se compose toute .d'anciens soldats ; et ne comprenant point d'hommea au-dessous de vingt-ans, laisse intactes les ressources pour te recrutement.
La force de Tarmée de ligne s*accrott chaque jour par les élémens que je viens d'indiquer à Yotre Majesté, et dans une proportion qui permet d'espérer qu*avant U campagne d'hy ver elle pourra s'élever au-delà de 5oo,ooo hommes.
D'un autre côté, 417 bataillons de grenadiers et chasseurs choisis sur la masse des bataillons de garde natio^ nale, et tous composés d'honunes de l'âge de vingt à quarante ans , sont destinés à former les garnisons des places^ et les réserves déterminées dans le plan de défense des frontières.
Sur ce nombre de 41 7 bataillons, 2^0 ont déjà été mis en marche , et l'effectif de ceux qui sont arrivés à leurs destinations était, au 10 avril, de plus de 100,000 hommes (i).
La formation successive des autres bataillons, et le complément, produiront encore 200,000 honmies.
(1) Ce nombre, au 18 juin ( à Waterloo ) , était de 1 55 à 160 mille hommes. ( Voyez les Bulletins , la Campagne de i8i5^ par le générai Gourgaud, et lesTrente-cinq jours, par l'Empereur.)
DE SAINTB-HÉLiNE. 49^
On ne comprend point , dans ces bataillons ^ les 106 compagnies de garde nationales d'artillerie ^ complètement organisées dans les différentes places 9 et qui donnent une force de la^ooo canonniers»
Ainsi 85o,ooo Français TO&t défendus PindépendaDoev la liberté , rhonneor de la patrie ; et pendant qu*ib combattront, la masseéeS'gardes ns^oaales sédentaires^ aussi fortement y aussi régtidîëpement organisées qpe les élites 9 afoute dans les plaocs fortes 9 dans tous les postes , dans toutes les villes de Tintérieur y de nouvelles ressources pour le triomphe de la cause nationafe.
Paris, 1$ avril iBx5.