‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinctionChapitre 6 sur 45 · PIÈCES SUE KS PEISCKKIER · texte numérisé non relu

PIÈCES SUE KS PEISCKKIER

Avant de quitter rAngleterre , j'élais loin de penser qu'on pût manquer , non-seulement de respect » mais même d'humanité avec un grand homme dans-sa chute. Voici le nouvel incident qui prouva combien j'étais dans l'erreur : Lady HoUand avait envoyé à madame Bertrand une caisse contenant quelques objets de mode et de livres d'éducation ; le gouverneur eut l'injuste caprice de la retenir pendant plusieurs semaines. L'arbitraire le plus inconcevable se commet aussi relativement aux journaux. Ils ne parviennent à Longvood que par numéros interrompus par de longs intervalles. Ceux qui renferment des nouvelles agréables pour les Fran-» çais sont prohibés, tandis qu'on ne leur épargne aucune des dégoûtantes réflexions du Times. Je n'ai pu m empêcher de demander ce que le gouverneur gagnait à cette conduite bizarre. On le prétend mené par un homme ignorant et vil^ qui déshonore son uniforme par d'indignes espionnages. Sir^ Hudson d'ailleurs a toujours manifesté de la haine pour Napoléon. Ce sentiment ne peut qu'avoir acquis beaucoup de force pendant le temps qu'il est resté avec Blûcher. Absent depuis plus de vingt ans de TAngleterre» et chargé sans interruption d'un régiment composé de déserteurs ou de criminels échappés au supplice , sir Hudson semble avoir perdu les

TCrtUâ de sa patrie, et prit tout ce qu il y avait de vicieux chez les étrangers. Comme il n'a jamais eu de commandement de quelque importance , la responsabilité qui pèse actuellement sur lui l'accable. Le fond de son caractère est l'inquiétude et les soupçons ; son esprit n'est nullement susceptible d'une forte application: Sa physionomie annonce parfaitement ce qu'il est^ Français , habitans , officiers de la garnison , on demande pourquoi tout le monde a conçu del'averslon pour lui. Sa femmeestla seule personne qui en dise du bien ; mais elle ne jouit d'acune sorte d'influence. Tel est l'homme à la discrétion duquel Napoléon est livré !

Je suis, etc., etc.

— -P. 5. Vous me saurez gré de rouvrir ma lettre, pour y transcrire une anecdote que j'ai entendu raconter hier à votre correspondant. Il la tient des officiers français qui la lui racontèrent à l'époque où ils demeuraient chez M. Porteous. Vous le connaissez pour un Foxiste enragé; et il avait fort à cœur de connaître l'opinion de Napoléon sur notre illustre orateur, (i).

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. (i) Charles Fox, a dit un historien , remplit à la

. ohambre des oommunes le rôle de chef de ropposition* €• rMe servit à développer. di5«: principes dont toutes

pûl> comme VOUS le ^vez , fit un Voyagé eu France pendant le court intêrvatlô de paix où plutôt de trêve qui suivit le traité d'Amiens. Il eut plusieurs conférences et dîna même qûel^ quefois avec Bonaparte (i) alons premier consul.

les moûdrcbias absMues devaient être éppuyantéçs ; maïs les rois n'écoutaient piu3L» et les peuples prélaîeut l'oreille. {R.'PV.)

(i) y ai beaucoup écrit sur Vffomme du 19* siècle ; voiûi lès qualifications par lesquelles) en parlant de lui, f ai cru pouvoir accorder la vérité historique avec le

respect dû aux lois:

1*. Le général Bonaparte, pendant qu'^ oommaiidaît

les armées de la République;

a". Bonaparte f consul , ou le Prerfiier Consul;

3'. L'Empereur, quand ilïut prothu à la digtiilé souveraine y et eu parlant de lui d'une manière absolue.

4^ L'empereur J^apoléon, en langage diplomatique et dans ses rapports avec d'autres potentats.

( Nota, C'est aussi le titre que le traité de ï'ontaine- Ueau lui avait conservé a l'île d'Ëlbe, dont ce même tfâîlë%l avait cédé la sbuvéraînelé: )

5*. ^cèpoUàn, depuis kao' mars.

6°. L'Empereur ou Napoléon^ depuis son eodl l par oette

dernière appcilatioa on rend liomâiago Ji unjootftqyi a rempli l'univers;, par la première, sans prétei|4rej attacher aucune autorité , on atteste , dans l'intérêt de ' l'ordre social, riadéiibiiité d'un titre décerné par trae taatièn, ftdttcliMtié "p^i* !« retigiétai <}^ l'ÉI«r> et* jil^uel la i^^ori dli pmiKAi a iil1a^é)^(^S]i»lèà'«è4il4 ^i6>ïy

OX SAÏNTlS-KÉlENE. ^^

Fol aimait passiontiémeiit lâchasse. Berlhier lui en procura souveût le plaisir dans les parcs ré- «er?és au Consul. Après avoir visité ses palais , il manifesta une grande envie de voir ses cabinets particuliers. Les plus sévères défenses existaient à Cet égard. On finit cependant par lui céder, et il fut îiitrodult dam le cabinet de Mùlmaisoir. Plusieurs écrits de la propre tnain d(^ Bonaparte étaietii épars sur une table. Son attention fut particulièrement attirée par un magnifique secrétaire sur lequel Bonaparte écrivait d'habitude ^ et qui avait été exécuté d'après ses propreà idées* Dans la visite de M. Pôx à Saint-Cloud , l'officier chargé de la |pardè de ce palais ne consentit^ qu'après beaucoup de difficultés, à satiis^ faire la curiosité de l'illustre voyageur auquel le«^ titres des principaux ouvrages réunis dans le cabinet n'échappèrent pas. 11 y avait dans une galerie servant d'antichambre un buste de Ruyier d'un® resseiiiblanoe remarquable, Fot Comprit de suite ce que cela voulait dire et l'ap^ prouva. Dans la partie du cabinet fermée par une table dont Bonaparte se servait pour écrire» il vit une miniature de Guillaume prince d'O- )hange , que le roi actuel des Pays-Bas lui avait donnée. Je vous làisàe à deviner si Guittaume téiçlit cet honneur pour avoir été le Tohdateur de sa dynastie ou pour TinVasion qu'il fit en

Angleterre à la tête d'une armée (i). En sortant du cabinet par la porte opposée on arrivait dans une petite pièce où il y avait des globes, des atlas ^ des cartes , et 8 ou lo bustes de marbre confusément entassés. Le premier était celui de Nelson , le second celui de Cicéron, un autre le grand Chatam^ le mortel ennemi de la France. Nçtre compatriote en observait un quatrième dont la face regardait la muraille. La crainte de commettre une indiscrétion lempéchait de le retourner; mais son guide s'y prêta lui-même ^ etFoXy étonné, se reconnut lui-même. Ce buste avait été commandé pour la galerie de Fontaine* bleau. Il resta à Saint-Cloud jusqu'à l'arrivée des Bourbons , qui probablement ont fait ôter de leurs yeux tous les marbres qui pourraient leur retracer des souvenirs désagréables. L'honorable M. Damer , après l'avoir inutilement recherché , en fit un autre dont l'exécution ne laissait rien à désirer, et l'offrit à Napoléon, à son retour de rile d'Elbe. Ce présent fut parfaitement accueîHi, etl'artiste reçut, par l'intermédiaire deBertrand»

(i) Toutes ces allusions pourraient bien n'avoir existé que dans rimagination du narrateur : il n'y a donc polat d'appartement, selon lui, qui n'en offrît une foule^^^i^s les divers ornemens qui le décorent.

une tabatière avec le portrait de TEmpereur et eftnchie de diamans. Ou peut juger par là quelle était Topinion de Bonaparte relativement à M. Fox.

Je suis , etc. ^ etc.

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