‹ Recueil de pièces relatives à la conquête du MexiqueChapitre 10 sur 27 · PEDRO DE ALVARADO · texte numérisé non relu

PEDRO DE ALVARADO

Conquêtes de pliuieiin Tilles et proTÎDces.— <ïnerre, trahison, rëtoltes qui eurent lieu. — Fondation d'une rille. — Dé deux montagnes , dont l'une jette du feu et l'Autre de ki fumée. — D'un fleure froid et d'un autre chaud. — ^AlTaradd est estropié d'une ûèdpte.

Seigneur ,

J'ai rendu compte à votre altesse de tout ce qui m'ëtait arrivé à ^latan aussi bien pendant la guerre que pendant la paix ; je vais lui parler maintenant de tous les pays que j'ai parcourus et conquis, ainsi que de ce qui m'est arrivé. Je suis parti de la ville de Vila-

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tan pour celle de Guatemala , où je fus si bien reçu , que je ne Faurais pas mieux été chez nos parents ; on m'y a pourvu si bien de tout ce dont j'avais besoin , que je n'ai manqué de rien. Après huit jours de halte j'appris pai^ les chefs du pays qu'à sept lieues de là il y avait une très^grande ville bâtie sur le bord d'un lac qui faisait la guerre à Vilatan , et qu'il y en avait beaucoup d'autres dans le voisinage. Attendu la commodité de Feau , les habitants possèdent des barques , et la nuit ils viennent attaquer le territoire de ceux-ci. Considérant le dommage qu'ils leur causent , ces derniers me dirent , qu'étant nos amis et soumis à sa majesté, ils ne voulaient pas entreprendre la guerre sans mon autorisation y et de la leur accorder. Je répondis que je ferais appeler ces naturels au nom de l'empereur notre maître , et que s'ils se présentaient je leur ordonnerais de cesser les hostilités , et que s'ils ne venaient pas je me rendrais en personne chez eiK pour les combattre. Je leur expédiai aussitôt deux

DU MEXIQUE. lig

itaessàgers du pays qui furent tués sans aucun

respect. Aussitôt que j'eus appris cette triste

résolution je m'avançai . contre eux à la tête

de soixante cavaliers , de cent cinquante fan-^

tieissins suivis des chefs et des habitants de cette

ville. Je. marchai avec tant de promptitude

que Je jour même j'arrivai sur le* territoire

ennemi. Personne ne vint au-devant de, moi ,

pour me recevoir pacifiquement; j'entrai

donc chez eux du côté du lac à la tète de trente

chevaux. Aussitôt que nous fûmes arrivés

près d'un rocher fortifié, non loin du village»

liouâ aperçûmes lin gros d'ennemis ; je . les

chargeai avec mes cavaliers , nous les pour*

suivîmes. Ils prirent une rëute pavée et étroite

qui conduisait au rochier dont je viens de par-.

1er. Les chevaux ne pouvaient y aller. Nous

mimes pied à terre , > mes compagnons et

moi nous nous rangeâmes • en bataille et

nous les poursuivîmes. Nous - arrivâmes si

promptement au rocher qu'ils n'eurent pas

le temps de rompre les ponts , autrement nous lo. 9

l3o OOKQtJETË

n'aurions pu y entrer. Pendàni; ce temps-tè un grand nombre de mes qoldato qui me sui-^ paient nous rejcqgnirêat » et nous nous em^ parâmes de la forteresse qui était bien habitée^ Tous lés naturds se jetèrent aussitàt k la pag^ et gagnèrent une autre ile , beaucoup échappèrent y trois eents barques de tf os alliés qui venaient par le lac n étant pas arrivés a$s^ ft temps. J -évacuai la forteresse y et j'allai Ipg^^' dans un champ dé mais, où je passai la nuit h» lendemain matin, après nous être recommu^ dés au Seigneur, nous entrÀmes dans h ville y que des rochers rendaient très-Jfoirte. Nous l^ trouvâmes abandonnée, car les babitanta^ ayant perdu la ierteresse qu'ils ayï^i<çqt dans Teaii , n'avaient pas osé rester sur la Wr^ ferme ; cepeqdsiât quelques ^ uns all^en^ noua attendre sur les limites du pays habité^^ Le pays «st si montagneux , qu'on ne put pas leur tuer beaucoup de gionde. Je m'établis k midi dans cette ville ; nous bettimes les environs, et nous pHipes quelques vwturelsg'expé-

bt mxiQvÈ. t3i

diii trois messagers aux chefs pour leur dire de se soumettre à sa miyesté , de reeonnai«^ tre sa puissance impériale et moi'^méme au nom de l'empereur ; qu'autrement je continuerais la guerre, je les poursuivrais sans relâche, et quej irais las chercher dans les mon«tagnes* Ils merépondirentquepersonne n*avait encore conquis leur pays , et même qu'aucune armée ennemie n'y était entrée de force, mais que , puisque je Tayais fait, ils consentaient à reconnaître l'empereur comme je leleureom* mandais , d; ils vinrent surwlcHshamp se mettre en mon pouvoir. Je leur dis quelle était la grandeur et la puissance de l'empereur notre maître , et qu'au nom de sa majesté je leut' pardonnais leurs erreurs passées , à eondition toutefois qu'ils se conduiraient bien à l'avenir ^ qn^ils ne feraient là guerre à auc^n de leurs voisins qui s'étaient reconnus sujets de sa majesté, et cela pour faire cesser les querelles et les guerres qui existaient entre eux. Je leur fis bon accueil ; je leur donnai des li^ijoux; je

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les renvoyai chez eux avec beaucoup dé bonté": -ce sont aujourd'hui les Indiens les plus pacifiques dû pays.

Pendatit que j'étais dans Cette ville, un grand nombre de chefs d'autres provinces de la côte méridionale, nommée de la mer du Sudy vinrent se soumettre à sa majesté. Ils mé dirent qu'ils voulaient être ses vassaux et né faire la guerre à personne; en conséquence de les recevoir comimé tèls^ de les protéger et de les gouverner a.Vec justice. J'àcce{>tai leur ofiFre avec bonté, ainsi que je le devais, et je leur promis, au nom de sa majesté, aide et protection. Ils m'apprirent qu'une autre villes nommée Guititepech , qui était très* avant dans l'intérieur ^ ne voulait pas permettre qu'ils vinssent faire acte de soumission à sa majesté, et qu'ils n'étaient pus les seuls dans ce pays que l'on empêchât, de prendre cette détermination ; qu'il y en avait encore d'autres bien disposés pour les Espagnols et qui voudraient venir contracter une alliance avec

^uxy mais que ces gens les. empêchaient de venir, leur disant : Où allez- vous? vous étés des fous ; laissez-les venir dans ce pays et nous leur ferons la guerre. Quand je fus certain que.c était la vérité, désirant remplir les vœux de ces provinces et des chefs dç la ville de Guatemala, je partis à la tête de toutes - mes troupe^ à pied et à chevah Pendant trois jours nous couchâmes.dans des endroits inhabités ; le matin du quatrième jour je parvins sur. le territoire de cette ville, qui est remplie d'.arbres très-rapprochés les uns des autres. Toutes les routes étaient fermées, très-étroites;

on n'y voyait que des sentiers, car les natu-

rels n'avaient pas de rapports avec les étrangers. Il n'y avait pas de routes ouvertes, et les chevaux ne pouvaient point y combattre à cause de nombreux marais et des montagnes boisées. J'envoyai les arbalétriers en avant €omme il pleuvait excessivement , les éclairéurs et les sentinelles ennemies se réfugièrent chez eux , ne croyant pas que j'arri\e-

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rais le même jour. Les espions manqué** rent d'attention et n'apprirent mon arrivée que lorsque je fus entré dans la ville. Je trouvai les guerriers qui ^'étaient mis à IV bri » et quand ils voulurent se réunir , ils ne trouvèrent point d'espace pour cela. Gepën^ dant quelques-uns qui étaient sur leurs gardes blessèrent des Espagnols et beaucoup d'In*diens alliés que j'avais avec moi. Profitant de l'avantage que leur donnaient les arbres et de la pluie qui tombait par torrents^ ils s'enfuirent dans les bois sans que nous pussions leur faire d'autre mal que de brûler la ville.

J*expédiài aussitôt des envoyés aux chefs pour leur dire de venir se soumettre à sa majesté, et à moi en son nom, sinon que je ruinerais leurs habitations, et je ravagerais leurs champs de mais. Ils vinrent faire acte de soumission ; je les reconnus comme siyets, et je leur recommandai de bien se conduire à l'avenir. Il y avait huit jours que j'étais dans cette ville lorsqu'il arriva d'autres peuplades et des habi-^

DU MBXIQ9E. l35

tatitÀ dé provinoes plus ëlcngnées pour contraeter amitié «yec nous. Ils offrirent ik recsonnâttrè la puisianoe dt f tmperaur notre niaitre.

Je vottliii pénétrer dana Fintétieur du pays <it l'explorer afin de mieuic sjorrir sa majeaté et d*étendre aea dominationa. Je partie donc de eet endroiti et je me rendis à un yiUtge nommé Atlepar où je fud reçu par les chefs et les habitÉnts qui parlent une autre lan^e. Au coueher du soleil tous s'enfUirent sans exception. Craignant qu« le fort de l'hiver ne me surprit et n'interceptAt les chemins, Je résolus de quitter ees Indiens» et je me rendis plus loin» mes troupes et mes bagages étant rangés bien en ordre. Mon intetition était de fiiire eent lieues dans Tintérieur^ et de roîr ee qui m'iurriverait en route; et après avoir exploré ce pays, de revenir aux premiers villages etde les pacifier. Je partis le Jour suivant, et J'arrivai à un viU lage nommé Tacuiilala. Les habitante se c^n-^ duisirent comme k Antiepar, c'est^ndire qu'ils

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me reçurent en ami et qu'ils s'enfuirent une heure après. Je les quittai pour me rendre k un autre village nommé Tassisco; il est trèsfort et très-habité. Je fus reçus comme dans les premiers et j'y passai la nuit. Le lendemain je partis pour me rendre à Nacindelan, village trèsi-grand. Comme je me méfiais de ces gens, attendu que je ne les connaissais pas, je plaçai dix cavaliers à l'arrière-garde, ^ dix au milieu du corps de bataille, et je m'acheminai dans cet ordre. Je n'avais pas fait deux- ou trois lieues, depuis Tassisco, que j'appris que l'arrière-garde avait été attaquée par. des guerriers qui avaient tué beaucoup d'Indiens alliés, enlevé une partie des bagages , toutes les cordes des arbalètes, et les fers que je portais pour les besoins de ma troupe, sans qu'on pût leur résister. Je donnai aussitôt l'ordre à doo Georges d'Alvaradp, mon frère,. de partir avec quarante ou cinquante fantassins, de tâcher de ravoir ce qu'on avait pris.. H rencontra un grand nombre de guerriers ; [\ les attaqua ,

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mais il ne put rien avoir de ce que nous avions perdu» car ils s'étaient déj4 partagé le butin, et chacttn apportait sa pai^t. Aussitôt que Georges d' Al varado fut arrivé à I^acidelan» il revint sur s^ pas , tous ^es Indiens s'étant enfuis d^ns les montagnes. «Texpédiai aussitôt don Pedro à la tête d'un certain nonibre de fantassins pour chercher dans la montagne et voir s'il ne pourrait pas soumettre les naturels à sa majesté ; mais les bois épai&r Fempéchèrent de ne rien fc^ire, et il battit en retraite. J'envoyai aux naturels des messagers indiens du même pays pour les menacer de les faire esclaves s'ils ne sç présentaient pas. Malgré tout cela, je ne les vis ni eux ni les messagers. Il y avait huit jours que j'étais à Nacidelan , lorsqu'il arriva des habitants d'un village nommé Paciaco, qui se trouvait sur la route que je devais parcourir; ils voulaient contracter amitié avec nous ; je les reçus* avec bonté ; je leur donnai difierentes choses , je les engageai à nous être fidèles; et je partis le lendemain ma-

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tin. En entrant chez les Indiens je trouvai lesi routes barrées, et je remarquai des flèches plantées dans divers endroits» M'étant avancé davantage, je vis des Indiens qui coupaient une chienne en quartiers comme pour en faire un sacrifice; et bientôt nous entendîmes de grands cris partir du village, et nous vîmes, une multitude de guerriers s'avance^ contre nous. Nous les attaquâmes^ et nous combat* ttmes si bravé&ent , que noue les chassâmes, de la place. Nous les poursuivîmes du plua prés que nous pûmes, après quoi nous quit; tàmes ce village pour nous rendre à un autre nommé Mopicaleo. JTy fus reçu comme dans les premiers; mais à mon arrivée je n'y vis personne; ce qui m'engagea k pousser jusqu'à Ocatepeque^ que je trouvai tout à fait abandonné. Poursuivant toujours mon des^ sein de parcourir cent lieues de pays^ je le quittai pour mê rendre à un autre village nommé Acasual, bâti sur les bords de k mer du Sud. A une demi^lieue avant d'y arriver,

DU KUIQUE, iSg

je vis la campagne remplie de gens de guerre, ornés de plumes de couleurs , munis d'ar-^ mes offensives et défensives et qui nous atten*^ daient au milieu d'une plaine. Lorsque je ftis arrivé à une portée d'arbalète , j'attendis que le reste de ma troupe fût arrivée. Ausaitôt qu'elle fut réunie, je la rangeai en bataille , et je m'approchai des ennemis jusqu'à une demi-portée d'arbalète» Je ne leur vis faire aucun mouvement hostile. M'étant aperçu qu'ils étaient assez près d'une montagne ou ils pouvaient m'échapper, j'oiv donnai à mon armée de s'y rendre ; elle était composée de oent cavaliers, cent cinquante âmtassins, et cinq ou six mille Indiens alliés ; nous battîmes donc en retraite, et je restai à l'arrière - garde pour la protéger» Les Indiens furent si contents de nous voir partir» qu'ils nous suivirent à la queue de nos chevaux. Leurs flèches arrivaient jusqu'aux premiers rangs; tout cela avait lieu dans une plaine où nous ne pouvions agir , ni

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nous ni eux* Quand je me fus retiré pendant un quart de lieue dans un endroit où nous pouvions tous combattre, je fis faire face à mon a.rmée ; nous les attaquâmes, et nous nous battîmes si vigoureusement que nous en fîmes un carnage affreux , et en peu de temps il n'y en eut pas un seul en vie : ils étaient si em})arrassés de leurs armes qu'ils tombaient à terre saqs pouvoir se relever. Ces armes sont des casaques de coton de trois doigts d'épaisseur, qui . descendent j usqu'aux pieds ; ils se . servent de flèches et de longues lances. Tous ceux qui tombaient, étaient tués par les fantassins : beaucoup d'Espagnols furent blessés dans cette rencontre. Je reçus à la cuisse une flèche qui la traversa d'outre en outre et pénétra dans la selle ; j'en suis esr tropié, et j'ai une jambe plus courte que l'autre de quatre bons doigts. Je fus forcé de rester cinq jours dans ce.vijlage pour, mç faire soigner ; j'allai ensuite à Tacuscalco , jç.

DU ÉEXIQUS. l4l

donnai l'ordre à don Pedro de continuer la découverte avec- d'autres chevau-légers. Ils s'emparèrent de deux espions , qui me dirent qu'il y avait plus loin un grand nombre de gens de ce village et des environs qui nous at* tendaient. Pour plus de certitude on se rendit jusqu'à l'endroit où ils étaient , et Ion vit une armée considérable. Gonzalo «d'Alvarado qui commandait l'artillerie arriva avec quarante cavaliers ; comme je souffrais encore de ma blessure , ils se rangèrent en ordre en attendant mon arrivée. Quand tout le monde fut réuni , je montai à cheval le mieux que je pus, pour prandre le commandement comme si on avait voulu les attaquer. J'observai que l'ennemi formait un corps de bataille bien rangé ; j'ordonnai à Gomez d'Alvarado d attaquer la gauche avec vingt chevaux , et à Çonzalo d'Alvarado , la droite avec tous les chevaux : Georges d'Alvarado reçut l'ordre de charger le centre avec le reste de nos gens.

Lès naturels vus de loin présentaient une con-

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tenance effrayante; la plupart aiodeiit des lan*« ces de la longueur de trente palmes et toutes droites. Je montai sur une colline pour observer la bataille : je vis les Espagnols s'approcher à la portée d'un dard des Indiens qui se maintin-» rènt de pied ferme et reçurent le choc de nos soldats sans s'épouvanter. Je fUs stupéfait de voir cette hardiesse des Indiens^ Les Espa* gnols n'avaient pas encore attaqué , croyant qu'une prairie qui était entre eux et l'ennemi était un marais ; mais une ibis qu'ils se f\irent assurés de la solidité du terrain , ils chargé'» rent les Indiens , les mirent en déroute et les poursuivirent pendant plus d'une lietié au milieu des habitations : on en fit un grand carnage» Les Indiens des villages plus éloignés voyant que la résistance était inutile , résolurent d'abandonner leurs demeures* Nous restâmes deux jours dans ce viHage , afin de prendre du repos et de faire rafraîchir les troupes, et je partis pour Miguaclan^ dont les habitants s'étaient enfuis comme les autres.

Du MfiXIQllfi. 143

Je me dirigeai 9ur Atecuan. Les chefs de Cus^ eaclan m'y envoyèrent des messagers pour faire acte de soumission à sa migesté et se re^ connaître siyets. Ils prêtèrent serment dV béissance entre mes mains, et j^acceptai leur offre, croyant qu'ils ne me tromperaient pas comme les autres. Quand je fus arrivé à Cuscadan Je trouvai un grand nombre d'In*^ diens qui me reçurent, mais tous les habitants étaient en insurrection^ Pendanl que noua prenions nos quarti^s, les naturels s'enfui** rent dans les montagnes. Aussitôt que je m'ea fus aperçu, j'envoyai dire aux chefs de ne pas montrer d'obstination et de retourner, puis« qu'ils s'étaient soumis à sa majesté. Ils me répondirent qu'ils ne nous connaissaient pas , qu'ils ne voulaient pas venir , et que si nous avions qjielque chose k leur donner ils nous attendaient les armes k la main. Aussitôt que je vis leur mauvaise intention, je leur fis si^ gnifier, au nom de l'empereur notre maître , de ne pas rompre la paii( et de ne pas »*in»ur^

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ger» puisqu'ils Tavaient reconnu pour mliitré. Je leur fis dire que s'ilsy manquaient j'agirais avec eux comme avec dés traîtres, des séditieux et des rebelles à Tobéissàilce qu'ils devaient à l'empereut'. Les envoyés lie revinrent pas, et je ne reçus âuéune réponse. Aussitôt que je vis leur obstination perfide, je ne vouluis pas quitter le pays sans les châtier* J'envoyai des troupes pour les chercher dans la montagne; on les trouva sous les armes; oh se battit; quelques Espagnols . furent blessés ainsi que des Indiens alliés , et l'on pritim dés chef% de cette ville. Pour leur faciliter de rentrer dans lé devoir, je l'envoyai cet homme avec une autre sommation ; mais ils ne répondirent pas plus que la première fois. Aussitàt que je vis cela, j'instruisis un procès contre eux et contre ceux qui m'avaient fait hn guerre, je les déclarai en état d'insurrection ; mais ils s'obstinèrent toujours à ne pas venir. Voyant donc leur rébellion ouverte, et l'enquête ayant été achevée, je condamnai comme traîtres les

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diefs à la peine de mort et à l'esclavage tous les autres qui seraient pris pendant la guerre après qu'elle serait terminée , et jusqu'à ce qu'ils fussent soumis à sa majesté. Je dis que ce qu'ils possédaient servirait à payer les médecins, les chevaux qu'ils avaient tués dans la guerre y tons ceux qu'ils tueraient à l'avenir, les armes et tous les objets nécessaires à la conquête. J'employai dix-sept jours à cette . affaire des Indiens de Guscaclan; et jamais, soit, qu'on les attaquât, soit que je. les fisse sommer par des parlementaires comme je l'ai dit, je n'ai pu obtenir qu'ils, vinssent Us étaient protégés par des bois épais, de hautes montagnes , des ravins » et beaucoup d'autres fortifications naturelles.

Nous sûmes dans cet endroit qu'il y avait dans rintérieur de grandes villes et des villages bâtis en pierre et en chaux ; j'appris des naturels du pays qu'il s'étend beaucoup plus loin, qu'il est très-grand, bien peuplé, et qu'il

faudrait beaucoup de temps pour le subju- 10. 10

pîèt\ MAië Gôitaliie nous ëtbtt&à fe tti(Vitié dé l'hi^t*, j« 6è troussai ^^ plud lôiA tilè3 ùonijuêtéè; je pris le pàHi de k^tourttte^À la ville de Gtiàtéttiaia, et de j^acifiët èti tHsvetiàât tes ville!» Iai»àë«« èti àlrrièi^é. Mails Malgré tôti^ Xd4» htBtr^% Je tt'A! jiiii^iîis ^u le^ dôuiftitttre à èà liiAje^të, parce que toute la ^tè de la nier du Stiddahâ laquelle j'ai pétiétré e^t éOtivêHe dé firontagnes datiâ lesqiielle!$ les habitants se rëfi^iéréàt; Lès t>luies labôndâiitës oiiï été eatise qtiè j'ai battu en retraite vefrs eettè ville: Daite n*itfentîàùdfe pàèiiaiet ce Vaste pays, et de soufûettre tatit de nations bèlliqtveuséè, j\â bâti Ml iiOïtt dé sa majesté, et àouè le noknde S^htiàgô, Jïùe Ville habitëe par deà £i^pàgtlt)k J'ai choisi le éëàtte dU pàyis , pàréë que tèt

éttdroit est poui^vu de tbtit ce qui est nëcessbif e pùût eonqu'érif , œâîntfettîr, è* fcoltyûîter ï'ifttà^ieuk*. Tk\ tïùtùtùé dei jtiges«ifdSiiàirei ptiut exef èfet la justièe, et quatre gètrvettietiTfe , dbiil j'entoie les tmmis à vwt^e Migneurie.

DU MBUQVE. 1^7

Aussitôt que les deux mais d'hiver qui res<»

lent encore» et qui sont les plus rudes, seront passés» je partirai de cette ville pour aller reconnaître le Tapdlan, qui est dans Tintérieuri à quinze jours» de marche d'ici. On prétend que la capitale est aussi grande que Mexico : on y voit de grands édifices en chaux et en pierre dont les toits sont en terrasses; il y a encore hesrucoup d'autres villes^ Les habitants de quatre ou cinq sont venus faire acte de soumission à sa majesté. On prétend quer l'une d'elles compte trente mille maisons^ ce qui ne me parait pas surprenant ; les villes de la cote étant grandes » il n'est pas impos* sible que celles de l'intérieur soient hien peuplées. Au printemps prochain, s'il plaît à Dieu» j'ai l'intention de faire deux cents lieues dans l'intérieur. Je crois que sa majesté y trouvera de l'avantage^ que ses domaines seront augmentés, et que votre altesse apprendra quel«* que chose de nouveau.

Depuis la ville de Mexico jusqu'au pays

l48 toKQCÊTS

OÙ j*ai poussé mes conquêtes, on compte quatre cents lieues. Votre altesse peut croire que ce pays est mieux habité et plus populeux que celui qu'elle gouverné.

Nous avons vu dans cette prôvihce un vol-^ can plus épouvantable que tous ceux que l'on connaît jusqu'à présent ; il lance des pierres enflammées , grosses comme une maison , qui se brisent en tombant et couvrent de feu toute la montagne.

A soixante lieues pTus loin , itous avons vu un autre volcan qui jette une fumée épouvantable qui s'élève jusqu'au ciel ; cette fumée embrasse l'espace d'une démi-lièue ; personne ne boit de l'eau des ruisseaux qui descendent de ce volcan, parce qu'elle porte une odeur dé soufre; il en sort particulièrement une très-belle rivière, mais qui est si chaude, que plusieurs de mes gens, qui avaient été battre ]a campagne, ne purent pas la traverser. En cherchant un gué, ils trouvèrent une autre

rivière froide qui se jette dans la première.

DU MBIIQDI. 149

Gomme Feau est tiède au confluent^ ils purent la traverser. Je n*ai plus rien à dire à votre altesse smr ce pays, si ce n'est que les Indiens m'assurent que, pour se rendre de la mer du Sud à celle, du Nord, on emploie un été et un hiYei\

Votre seigneurie qi'a fiiit la grâce de m'ac* corder le gouvernement dç cette ville. J'ai aidé à en faire la conquête; pendant que j'y résidais je l'ai défendue avec bien de la peine et en courant bien des dangers, comme cela est manifeste. Si j'avais été en Espagne, sa majesté aurait confirmé ma nomination , et elle m'aurait accordé d'autres grâces si elle avait connu mes services. Je viens d'apprendre que sa majesté Ta donné à un autre ; je n'en suis pas surpris, car elle ne me connaît pas, et personne n'a de tort en cela, si ce n'est votre seigneurie , qui n'a pas fait connaître à l'empereur qui je suis , les services que j'ai rendus dans ce pays que je viens de conquérir, le bon désir que j'ai de le servir dorénavant, et que

l5o GONQUiTQ DU MEXIQUE.

les lodiois m'ont estropié une jambe* Elle ne connaît pas non plus la faible solde que moi , et les nobles qui m'accompagnenti nous ayons touchée, et le peu d'avantages que nous avons retirés de nos travaux. Que le Seigneur aug^ mente heureusement vos jours etvotre magnifique fortune pendant de longues années. — De cette ville de Santiago « le 38 de juillet i5a4.

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