PREMIERE LETTRE
Réeit de combats liTrés pendant la conquête de Ciapotulan Ghechtaltenego , YUatan; et des dangers auxquels Pedro Alrarado fut exposé. — Il ordonne de brûler les chefs de ViJatan et de mettre le femà la TÎlle. — Il nomme ka fila de ces chefs en remplacement de leurs pères. — De deux montagnes , rune d'alun et l'antre de somfre.
Seigheur ,
J'ai écrit de Soiieomis<fo à votre seigneurie tout ee qui m'était arrivé jusque-là ; je lui ai
(i) Ces deux lettres et la relation de Diego de Godoy , sont insérées dans la collection de Ramusio, tomelll > pag* '47 • verto, etsniyantes de l'édition de Venise, 1606. NousaTonç^ cru devoir conserver l'orthographe des noms propres.
faitpartaussi de ce que nous espérions décou-^ vrir. Après avoir dépêché des envoyés dans ce pays pour faire savoir que je venais en faire la conquête « et soumettre les provinces qui refuseraient de reconnaître -la souveraineté de sa majesté , je demandai aide et protection à ceux dont je devais traverser le territoire puisqu'ils étaient vassaux de Tempereur ; je leur dis qu'ils seraient protégés , que moi et tous les Espagnols nous les traiterions avec équité ; que si au contraire ils s'y refusaient, je jurais de leur faire la guerre comme à des traîtres et à des rebelles insurgés contre l'empereur notre maître ; que je les déclarais traîtres à sa majesté , et que tous ceux qui seraient pris vivants, seraient faits esclaves. Après avoir envoyé cette ambassade, dont étaient chargés des naturels de leur nation , }e passai en revue toutes mes troupes à pied ou à cheval , et le lendemain matin je partis pour me rendre chez eux. Je marchai trois jours dans des montagnes désertes. Je ve-
nais d'établir mon camp » lorsque mes gens s'emparèrent de trois espions d'un village nommé Ghiapotulan. Je leur demandai ce qu'ils venaient faire; ils me dirent qu'ils venaient chercher du miel , mais on reconnut par la suite que c'étaient des espions. Je ne voulus cependant pas les punir » et même je les reçus fort bien , et je les renvoyai chargés d'un message semblable au premier pour les chefs de. Chiapotulan. Je n'en reçus aucune réponse; je me rendis donc chez eux. Je trouvai les rues ouvertes ; toutes étaient trèslarges : la grande rue et celles qui y aboutissaient n'étaient point embarrassées , mais les autres qui se rendaient dans les principales rues étaient barricadées. Je me doutai de suite de leurs mauvaises intentions, et je pensai qu'ils avaient pris ces dispositions afin de nous combattre. Des Indiens qui étaient envoyés vers moi sortirent de ces rues. Ils me dirent de loin d'entrer dans ces habitations et de m'y loger , et cela afin
IIO coirQu£TB
de nous attaquer avec plus d^avantagis ^ comme ils en avaient Tintention. Je m'établis ce jour^à hors des maisons, voulant observer le terrain et découvrir leurs projets; mais étant arrivés ils ne purent cacher leurs perfides projets ; ils tuèrent et blessèrent des In- / diens qui faisaient partie de mon corps d armée. Aussitôt que j'en fus instruit , j'en-^ voyai des cavaliers pour battre Testrade ; ils rencontrèrent un grand nombre ,de guer*^ riers : on se battit , et nous eûmes plusieurs chevaux de blessés* Le lendemain j^allai ex^ plorer la route que je devais tenir. Je vis des gens de guerre , et que le pays était si mon*^ tueux j si couvert de buissons et d arbres qu'il paraissait beaucoup plus avantageux pour eux que pour nou8« Je regagnai mes quartiers que je quittai ie lendemain à la tête de toutes mes troupes pour entrer dans les habitations. La route était traversée par un fleuve difficile à passer : les Indiens en occu«paient les bords ; nous les attaquâmes et nous
DU MlXIQUfi. 1 1 1
emportâmes leurs positions. J'allai attendre le resté de mes gens sur le bord supérieur du fleuve dajis une plaine, car le passage était trésKlifiBcile. Bien que je fisse cette manœuvre avec tout Tordre possible , je courus de grands dangers dans ce mauvais pas.
Les Indiens descendirent des montagnes par troupes nombreuses ^ et m'attaquèrent de nouveau. Nous soutînmes le choc jus-^ qu'à ce que les bagages fussent passés» Nous en^ trames dans les maisons , nous poursuivîmes les naturels pendant l'espace d'une demi -lieue au delà de la place, et nous revînmes nous y loger. Nous employâmes deux jours à battre le pays y puis je partis pour un village nommé Quecialtenago. Dans la journée je passai deux rivières dangereuses qui sortent d'un rocher coupé ; je les franchis avec bien de la peine , et je commençai à monter à travers im défilé de six lieues de longueur. Le soir je campai à moitié chemin ; car ce passage était si diâBcile et si fatigant y que nous eûmes la
lis ijmnjvttB
plus grande peine à le faire fr^chir aux chevaux. Le lendemaio matin je poursuivis mon voyage , et j'atteignis une petit% hauteur trésescarpée ; j'y vis une femme sacrifiée et une chienne : ce qui , d'après les interprètes ^ in« diquait un défi. Quand je fus parvenu plus avant, je reconnus un passage étroit, barré par une forte palissade; mais il n'y avait personne pour la défendre* Étant arrivé au sommet du défilé , je fis marcl^er en avant les arbalétriers et l'infanterie, la route étant trop rapide pour que les chevaux pussent s'y rendre. Aussitôt trois ou quatre mille hommes se montrèrent sur une hauteur ; ils atr taquèrent nos alliés, leur lancèrent des flèches de la hauteur; mais nous allâmes les secourir sur-le-champ. Pendant que j'étais sur une élévation pour réunir mQs troupes et les ranger en bataille , j'aperçus plusr de trente mille hommes qui s'avançaient de notreçolé.
Dieu permit que nous découvrîmes des terrains plats; nos ehevaux étaient très-fatigués
DD MBXIQDÉ. Il3
de la route , cependant nous attendîmes les ennemis jusqù^à ce iqu'ils fussent à portée des . flèches, et nous les attaquâmes. Jamais ils n^avaient vu de chevaux ; ils en furent épouvantés, se débandèrent de tous côtés, et nous les poursuivîmes aâsez longtemps : un grand nombre perdirent la vie. J'attendis que mes gens se fussent rassemblés, je les rangeai en bon ordre et nous allâmes loger â une lieue de là auprès de certaines sources , car nous n'avions pas trouvé d'eau dans le premier endroit. Nous souffrions extrêmement delà soif, et nous étions si fatigués que tout endroit nous semblait bon pour y prendre du repos. En ma qualité de commandant je marchai à l'avant-garde à la tête de trente cavaHers; un grand nombre des nôtres avaient pris des montures fraîches , tout le reste s'avança en bataille : je mis pied à terre pour prendre de l'eau. Pendant que nous étions descendus pour boire nous aperçûmes un
nombre considérable de guerriers qui s'a- 10. 8
t|4 GONf^UÉTB
vançaî^nt, Nous les laissâmes s'approchar, attendu qu'iljs venaient du oôtë de la plaine.
Noua commençân)^ Tattaque ; nous les forçâmes de prendre la fuite, et nous les poursuivîmes fort longtemps. Il y avait parmi ces In-^ diens dos Combattants qui tenaient tête à deu j^ cavaliers : nous les poursuivîmes pendant environ une lieue , jusqu'à une montagne où ils firent volte-face dans l'intention de se déf(pqdre. Je tournai bride avec quelques cava* liers pour les attirer dans la plaine , ils nous suivirent de si près qu'ils se trouvèrent bien-i tôt à la queue des chevaux. Alors ayant réuni mes cavalier^ , nous fîmes demi-tour > et nous en tuâmes un grand nombre : la vie-* toire s'ensuivit. Un des quatre chefs de là ville de Vilatan fut tué ; il était à la tête de toutes les troupes du pays, je regagnai les sources » et nous y campâmes , les Espagnols étant trè^fatigués et quelques chevaux bles^ ses. Le lendemain matin je partis pour me rendre au village de Quecialtenago , élpigné
DUMBXKKIS. Il5
d'iine Ueue de là. JU défaite de la yeille ftit cause que je ne trouvai aucun habitant. Je m'y reposai avec Tarmée , j'explorai le pays qui n'est pas moins habité que Tlaxcala ; le territoire est aussi bien cultivé « mais il est froid à Texcès. Il y avait six jours que j'y étai9, lorsqu'un jeudi à midi on aperçut un nombre considérable de naturels qui s'avan-* paient d? tous c6tés« On m'apprit que dé^ taient des habitants de la ville , réunis au nombre de dou^ mille, et qu'il y en avait un nombre infini des villages voisins. Aus^ sitôt que je les eus apei^eus , je rangeai mes troupes en bataille, et j'allai les attaquer dans une plaine de troisf lieues de lai^. Je n'avais avec moi que quatre*-vingt-dix chevaux , ayant laissé le reste de mes troupes pour garder qo4 logc^menta dont nous pouvions ètr^ élQiefoés d'upe portée d'arbalète. NoUs le» mÏPV^ W déroute et les poursuivîmes demc lieues e( deOîie. : nous les eûmes bieni* tôt dépassés, et nous ne vîmes plus de
1 l6 GO!f(}uitE
fîiyards devant nous. Nos alliés et Tinfan^ terie ayant attaqué ceiix qui se sauvaient à la débandade , les refoulèrent danis un torrent où il en périt beaucoup. Lès nôtres entourèrent ensuite une montagne sans arbres où s'étaient réfugiés un certain nombre d'ennemis, Femportèr^ent et firent prisonniers tous ceux qu'ils y b^ouvèrent. Une multitude considérable de naturels parmi lesquels on comptait beaucoup de chefs , de nobles et de gens de distinction perdirent la vie dans cette journée , ou furent fiiits prisonniers. Aussitôt que les chefs delà ville eurent appris leur défaite, ils rassemblèrent tout le pays, convoi quèrent des provinces étrangères , et allèrent même jusqu'à donner des otages à leurs ennemis. Tous convinrent de s'unir pour nous massacrer; il fut arrêté qu'ils me proposeraient de reconnaître de nouveau la puissaiice de l'empereur, notre maître, qu'on me ferait dire de me rendre à Yilatan , qu'on m'y logerait y et que pemknt la nuit on met-
DU MEXIQUE. M'y
trait le feu à la ville, pour nous brûler tous sans que nous pussions nous défendre ; et ils aiuraient exécuté cet afifreux projet si Dieu avait permis que nous fussions vaincus.
La ville est très-forte, on n'y pénétre que p^r deux entrées, Tune par un escalier de plus de treiiite marges de pierres , trèsélevé, Favtre par une route faite de main d'homme et payée.. Us l'avaient coupée dans plusieurs endroits » et ils voulaient achever de la rendre impraticable dans la nuit afin d'empêcher les chevaux d'y passer. Comme les habitations de cette ville sont trè&rapprochéesy et les rues fort étroites , nous aurions indubitablement été tous brûlés ou forcés de nous précipiter des rochers en bas. Aussitôt que je fus entré dans la ville , que j'eus remarqué qu'elle était très-forte . que les rues étaient trop étroites et trop irrégulières pour que les chevaux pussent nous être utiles^ je pris le parti de regagner la cam pagne. Cependant les chefs me dissuadaient de
|l8 ÇONQtjAT£
le faire, ils me disaient d'attendre, qu'ils allaient m'apporter des vivres , et qu'ensuite, je pourrais partir. Ils agissaient ainsi afin de gagner du temps pour exécuter leurs mauvaises intentions. Yoyant dans quel danger nous nous trouvions , j'ordonnai à Tinstant à mes troupes de descendre dans la plaine par la rue pavée et le pont A peine si Ton pouvait faire passer un cheval par cette rue; tons les environs de la ville étaient remplis de gens de guerre. Aussitôt qu'ils me virent dans la campagne, ils se retirèrent, mais non pas sans me faire éprouver quelques pertes; cependant j'eus l'air , de ne pas m'en apercevoir. Voulant prendre les chefs qui avaient disparu , j'employai l'adresse et je leur distribuai des présents pour les tranquilliser. Je m'emparai d'eux et je les gardai prisonniers chez moi. Cependant leurs sujets ne cessaient de combattre ; ils tuaient et blessaient un grand nombre de mes Indiens qui allaient chercher de l'herbe pour nos chevaux. 11$
tuèrent d'un coup de flèche un Espagnol qui fourrageait sur une hauteur à une portée d^arbalète du eamp. Le pays est si avantageux pour la défense , à cause des rarins qui s'y trouvent , et qui souvent ont plus de cent toises de profondeur, que nous ne pûmes avoir une action générale , ni les châtier comme ils le méritaient. Persuadé qu'en le ravageant et en y portant l'incendie, je pourrais le soumettre à la puissance de sa majesté , je résolus de faire brûler les chefs. Au moment d'être brûlés , ils avouèrent , ainsi qu'on le voit par leurs confessions , leur projet de nous brûler dans la ville et les mesures qu'ils avaient prises à cet effet; ils dirent qu'ils nous y avaient conduits pour cela, qu'ils avaient défaidu à leurs sujets de reconnaître la puissance de l'empereur notre maitre ^ et de rien faire qui pût nous être utile. Ayant appris leur mauvaise volonté relativement au seryiœ de sa majesté , et pensant que cela pouvait être utile à la tranquillité du pays, j'or-
I^a GOHQUÂTE
donnai de les brûler , d'incendier la ville et de la ruiner de fond en comble. Elle était si forte et si dangereuse qu'elle ressemblait plutôt à un repaire de bwdits qu'à une ville de citoyens.
Je voulus achever la conquête de la province; j'envoyai à la ville de Guatemala qui en est à dix lieues, demander des gens de guerre au nom de sa majesté : je voulais aussi connaître les dispositions des habitants, et répandre Tépouvante dans le pays. Cette ville accueillit ma demande, et m'envoya quatre mille hommes. Avec ces auxiliaires et mes troupes je pénétrai dans Tintérieur ; je fis des battues , et je chassai tous les habitants. Les demies , voyant le tort que je leur faisais , m'envoyèrent des parlementaires , me firent savoir qu'ils étaient disposés à bien agir avec nous^; que s'ils s'étaient mal conduits y cela avait été à l'instigation de leurs chefs , que tant que ceux-ci vivaient , ils iji'auraient pas osé agir, autrement; mais que
DE MBXIQUl. lai
puisqu'ils étaiait morts, ils me priaient de leur pardonner. Je leur accordai la vie » et je leur dis de regagner leur demeure, dliabiter la ville comme d'abord , et de se soumettre à sa majesté. Pour tranquilliser davantage le pays , j'accordai la liberté à deux fils des chefs morts , et je les mis en possession de la sei-^ gneurie de leurs pères : je pense qu'ils se conduiront comme il convient au service de sa majesté et au bien du pays. Je n'ai plus rien à dire relativement à cette guerre , si ce n'egt que tous les prisonniers ont été marqués et réduits en esclavage. Le quint de sa majesté a été remis au trésorier Baltazar de Mendoza , et il a été vendu à l'encan pour assurer plus positive/nent le revenu de
sa majesté.
Quant au pays, votre seigneurie saura qu'il est tempéré , sain , habité par des gens robustes. La ville est admirablement bien bâtie ; il y a de très-grands champs pour la culture. Beaucoup de peuplades sont sou-
122 (H)NQUiT£
mises à cette ville : toutes, «nsi que çelles^ du voisinage , ont été subjuguées au nom de sa majesté. Il y a près de là une montagne d'alun, une de vitriol, et une autre de soufre le meilleur qu'on ait vu jusqu*aujour» d'hui. Avec un seul morceau qu'on m'a remîs^ sans être épuré , J'ai fait dix ^ sept livres de poudré excellente. J'ai expédié Arqueta ; mais comme il n'a pas voulu attendre, je n'ai pu envoyer cinquante charges à votre seigneurie , je les lui enverrai plus tard par les meilleurs moyens possibles.
Je partirai d'ici, lundi, ii d'avril, pour me rendre à la ville de Guatemala où je compte m'arrêter; car un village bâti sur le bord de l'eau, et nommé Atitlan esten guerre contre nous , et m'a tué quatre envoyés. J'espère , avec l'aide de Dieu , le soumetb^e bientôt à sa majesté; car d'après les informa^ tions que j'ai reçues , je trouverai beaucoup d'occupations pltis avant. Je marcherai lé plus yite possible afin de pouvoir hiverrter
DU MBXIQITB. 1^3
^ cinquante ou soixante UeuM de Guatemala , où Ton prétend ( ce rapport m^est confirmé par les naturels du pays ), que Ton trouve des édifices fort grands et magnifiques , ainsi que des villes importantes. On m'a dit aussi tréspdsitivement qu*à cinq jours au delà d'une ville trés-gradde , éloignée de vingt journées de marche d'id , on trouve les firoutiéres de ee pays. S'il en est ainsi, je suis certain que c'est lÀ qu'est le détroit; Dieu veuille m'accorder la victoire contre ces infidèles , afin que je les soumette à son service et à celui de sa majesté. Je n'aurais pas voulu vous en^voyer une relation aussi courte, et j'aurais désiré vous décrire tput ce que j'ai vu, je ne manquais pas de matière. Les Espagnols que j'ai avec moi , tant à pied qu'achevai , se sont parfaitement comportés dans nos guerres, et tous se sont rendus dignes de grandes récompenses. Maintenant je n'ai plus rien à vous dire d'importentySi ce n'est que nous nous trouvons
dans un pays dont les habitants sont les plus robustes que Ton ait J9inais vus; et , pour que Dieu nous accorde la victoire ,l je supplie votre seigneurie de faire faire dans la ville des processions par les prêtres et par les re* ligieux, et de prier Kotre-Dame dç nous protéger, n'espérant recevoir des. secours de personne si ce n'est par son intercession. Que votre seigneurie veuille faire savoir à sa majesté que pQus 1^ servons de nos personnes et à nos frais, afin que votre seigneurie décharge sa conscience et que sa majesté nous récompense comme nous le méritons. Que .Dieu conserve pendant longtemps votre seigneurie ainsi qu'elle le désire. — De Vilatan , le II d'avril (i).
Gomme le voyage que je dois faire est
(i) On doit reconnaître ici la rille d'Ulatlan. \\ n y. a peutêtre pas dans ces deux lettres un seul nom de pays qui soit ëcrit correctement : c'est ainsi qu*on lit Qnecialtenago pour Quezaltenango ; Tassisco pour Taxico; Paciaco pour Pacaco, etc.
m MEXIQUE. 12$
long , je crois que j'aurai besoin de fers pour les chevaux; si votre seigneurie peut m'en procurer pour le printemps prochain , cela sera très-utile au service de sa majesté. Nous les payons cent quatre-vingt-dix ducats la douzaine , c'est4-dire au poids de For. Je baise les mains de votre seigneurie.
PEDRO DE ALYARADO.
SECONDE LÉTTKÈ
Dl