DIÉ^O DE 60D0I
A wm^MÂxm cêêltè» (D-
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Guerres faites a cette opcasîon. *— Armes offensÎTes et dëfensires des naturels de la ptOTÎnce de Cbamnla. — De plttffiwr» r99t^ ^^rpfl^ pri|ticrt)l«[ f t dj^^rfgy^. — enduite du commandant, et dirision des biens qui a eu lien 49m f ^ PWrilWîe.
Très^magnifique seigiiiitii ,
J'ai écrit à votre altesse de Cenacantean tout ee qu% je deiym \m Aiire MYoir, (ktfyf lettre a pojir b»|: de ïiii ipipprendre ce qui est
(i) Suivant Herrera, décade II, lib. ^, çap 7, Dîéj|;o d^ Godoi fut nommé alcalde p)ajpr et secrétaire du go\;Yernement ( eierivano del tyuntamenio ) à la fondation de la Ver^-
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arrivé depuis , et dont je crois qu'il est con^ yenable de l'instruire. Mardi matin , 29 mars,
deux jours après Pâques (iSi;(4)> le. lieutenant partit d'ici avec la troupe pour Guegueiztean, car avant son arrivée, Francisco de Médina, qui .avait: été expédié de Qiiapa, s'était rendu de Guegueiztean à Cenacantean sans 'éprouver d'opposition. Le lieutenant m'envoya avec six chevaux et sept arbalétriers par une autre route pour visita une province nommée Chamula (i). J'avais pareillement rejoint le lieutenant à Ghiapa sans trouver de résistance, et de là je devais me rendre où il allait, ces deux villes n'étant pas bien éloignées Fuiiede l'autre. La route, par
Cniz. Le même historien a donné le récit de cette expédition, décad. III , lib. 5 , cap. 8 et 9 : on la trouve aussi' dans Go^ mara, f 98, Médina del campo^ i553. Nous avons suivi Herr rera'pour la rectification de plusieurs noms propres/ en ayant soin de conserver entre parenthèses Torthographe de la traduction italienne qui fait partie de la collection de Ramusio , Venise , 1606 , t. III, p. îSi. .
(i) Aujourd'hui San- Juan de Chamula , dans le district de Ghapa. - : r
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laquelle me conduisaient mes guides, jusqu'aux cinq petits villages de la même province , et qui sont en vue les uns des autres y comprend ti^ois lieues de chemin si mauvais , que nous ne pûmes en faire qu*uné petite partie à cheval. Etant arrivés au premier village, nous vîmes qu'il était abàùdoqné , et qu'il n'y avait aucune espèce de vivres , ni pot , ni même une seule pierre. Ce village était bâti sur une hauteur , nous en descendîmes^ et nous nous trouvâmes daiis une vallée étroite qui conduit aux autres villages que l'on apercevait parfaitement de cet endroit. Ils étaient sur le penchant d'une autre montagne fort élevée , et très-près l'un de l'autre. Pour s'y rendre il fallait gravir une longue côte /si escarpée que les chevaux tenus par' la bridé, n'avançaient qu'avec bien de la peine. Gomme nous commencions à monter ', nous vîmes au ' sommet et sur la même route que nous suivions, une troupe de gens de guerre ; tenant en arrêt des
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lances de la loqgueur de nos lances à la gh nette. Tandis que nous continuions à monter, nous aperçûmes de petites troupes d'ïn:
diens armés qui allaient rejoindre les prç^ miers. Ils s*ençourageaient et s'appelaient Fun l'autre par leurs noms# Considérant e^te
cireonstance et que le pay^ que j'avais hï»^
en arrière était très-dangereii?c; dans le <^^ ou nous serions forcés de nous retirer en combaV tant , je pensai que nous courrions de grands dangers s'ils- nous attaquaient, et que le^ Espagnols qui étaient avec le lieutenant se^ raient aussi fort exposés. Je crus donc qu'il valait mieux abandonner cette hauteur et re-^ tourner au village que j'avais laissé en ar^ Hère et ssms habitants* De cet endroit je fi$ faire des reproches au;( Indiens par un mturel de Cenacantean , et je leur fis dire qu'il* s'étaient mal conduits en ne préparant pas la route , et qu'il était impossible que no»
chevaux pussent y monter, qu'en conséquence les chefs et quelques personnes no-
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tfd>les vissent me voir^ que je leur dirais tout ce que le lieutettant m'avait ordonné de leur faire savoir. Ils répondirent qu'ils ne voulaient pas venir » qu'ils ignoraient ce que nous leur voulions, d'aller les trouver, qu'autrement ils ava^nt leurs armfis toutes prêtes et qu'ils viendraient nous chercher.
Voyant leurs intentions , je me rappelai l'af* faire d'Almesia qui me parut semblable à cdle-ci* Pour éviter un malheur qui aurait pu arriver , comme le prouva ce qui eut lieu par la suite , nous nous décidâmes à revenir sur nos pas » car il eût été vraiment miracu^ leuxqiie quelqu'un des nôtres échappât , ne pouvant combattre à cheval ni battre en retraite. Nous retournâmes donc en arrière pour que le lieutenant revint les charger avec le gros de la troupe et les punir plus sévèrement. En regagnant notre camp , notre guide nous fit prendre un chemin de traverse qui abrégea la route y de sorte qu'au coucher du soleil , nous rejoignîmes le lieutenant. Lea
nàtres étaient établis }e long de }a route auk milieu d'une grande plaine près d'une rivière dans un endroit environné d'un grand nombre' de beaux pins, en vue de trois villages de Cenacantean, bâtis dans la montagne qui commence au premier village; à deux lieues et demie de Canàtan. Aussitôt que nous fûmes arrivés je fis savoir au lieutenant ce que nous avions vu , et je lui dis que je pensais qu'il ne fallait pas laisser ces Indiens impunis ; il fut de mon^ avis.
Le lendemain matin, mercredi 3o mars>, nous partîmes pour aller attaquer les habitants de Chamula. Les bagages étaient arrivés dans le camp, et avec eux Francisco de Le? dema, majordome, qui devait garder les logements. On nous fit prendre une autre route qui conduisait sur le territoire de cette province ou nous arrivâmes à dix heures du matin. Avant d'y entrer, on passe une montagne élevée dont la descente est très-difficile, si bien que beaucoup de chevaux tom-
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bérènt d'une grande hauteur , sans cependant se fklre du mai , parce qu*il àe trouva dans l'endroit de grandes touffes d'herbes élevées. Après avoir descendu la hauteur que domine le village , on trouve une vallée étroite. Croyant que nous pourrions nous en emparer de suite, nous divisâmes les cavaliers en trois petite corps, afin de l'entourer et de tomber sur les fuyards. Nous avions avec nous des Indiens et ies alliés ; le lieutenant commandait l'infanterie : comme il était absolument impossible d'y monter à cheval à cause du* danger, je gravis adroitement la hauteur par un diemin étroit et souvent taillé dans le roc. Quand je fus en haut, un peu avant d'arriver au village, l'ennemi mé relent à coups de pierres , de lances et de flé-^ ches : de sont les armes dont ils se servent pour combattre. Ils portent aussi des bou^ cliers ou pavois qui les couvrent de la tête aux pieds : quand ils veulent fuir , ils les plient , lès mettent sous leurs bras , et s'ils
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veulent &ire foce à Tenoenii , ils les éten^ dent Le lieutenant cqinl>attit avec euxpen-dant assez longtemps, et finit par les refouler dans un bastion très-fort, et construit dé cette manière : il était élevé deux fois comme un homme; les murs de quatre pieds d'épais«> seur étaient bâtis en pierres et en terre» soutenus par beaucoup d'arbres ^ et construits de façon à durer longtemps : il y avait dans la partie la plus escarpée un escalier étroit qui montait jusqu'au sommet^ et par lequel ils entrèrent Au sommet de qe bastion » ils avaient établi des planches très-épaisses , placées en longueur les unes sur les autres^ Jûsqu'à la hauteur d'un homme, bien jointes»
avec du bois en dedans et en dehors t et fixées i>ar des racines tordues et des cordes. Avant d arriver à ce bastion » on voyait une palissade de pieux enfoncés en terre» et si fortement liés» que nous enfômes épouvantés* Ce bastion de pierres était bâti sur une petite colline couverte de buissons. Les Indiens
cômbbtliiifeât ^t vftleui^Udêiûétit, et noud lan^ caient tâtit ût piterreà, qu'on ne pouvait s'en aj^pfoclfer d'aucuA côlë. Les Espagnols és« sayèrent de mottter par Tescalier, croyant enh*èf dans le bastion; mais ils ne furent pas arrives au sommet, que les ennemis , les repbussant avec leurs lances , les firent ron-^
kr du liaut en bas de Tescalier. Gela eut
lieu deu^ on trois fois quand on voulut leur donner Tassant ; ee qui était impossible , oe bastion étant très-fbrt. Les Indiens se défen<daîent bravement; ils blessaient beaucoup d'Ëépagnôls et dVlliës , quoique l'artilierie et les arquebuses leur fissent beaucoup de mal ; tar , pour eombattre, ils étaient obligés de se découvrir. On lirait fort peu de coups sans leur ftiire beaucoup de mal.
Cïôus étions à cheval au bas de la colline ; ro^r^nt que les ^nemis tenaient toujours tète, nous primes le parti de mettre pied à terre, et de laisser les chevaux. Nous gravhnes là hauteur , et noUd combattîmes ju»-
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qu'au soir. Toute la JQurnée fut employée à renverser la. palissade qui était devant le bas-
tion. Le lieutçpapt envoya au camp pour chercher des haches ^ des py^ches et des pics de fer pour abattre le bastion de pierre ; c'était le seul moyen d'y entrer, car personne des nôtres ne s'y présentait sans trouver vingt lanees . tournées contre lui., Le soir çtant arrivée, nous nous retirâmes dans deux OU trois maisons otii l'on combattit, et où l'on fit bonne garde. Les assiégés en firent autant de leur côté. Toute la nuit ils firent un bruit épouvantable , jetèrent de gpands cris, battirent du tambour, nous lancèrent souvent des pierres, quelquefois des flèches : l'on entendait continuellement le bruit des pierres qu'ils jetaient. Aussitôt qu'il fit jour, nous commençâr mes k attaquer le bastion . Les haches, les pioches et les pics de fei* que nous avions envoyés chercher arrivèrent au point du jour. Aussitôt qu'on eut commencé à ouvrir la brèche, les Indiejps. nos, alliés vinrent avec des bottes
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de paille allumée qu'ils lancèrent sur les planches du bastion pour les brûler; mais à peine commencèrent-elles à s'enflammer , que les assiégés survinrent avec des vases d'eau pour les éteindre. Il» s'étaient d'abord défendus en BOUS jetant de l'eau bouillante, de la cendre et de la chaux. En combattant ils nous lancèrent un lingot d'or, en disant qu'ils en avai^t deux gros morceaux , dé venir les prendre , et cela pbur témoigner le peu de cas qu'ils faisaient de nous; Vers le soir nous avions déjà pratiqué deux grandes brèches par où nous entrâmes. Nous fûmes si près d'eux, que nous combattîmes corps à corps. Ils réàistaient toujours de pied ferme , de sorte que les arbalétriers, sans les mettre en joue, leur appliquaient leur arme sur là poitrine et les tuaient. Pendant cette action, il survint une forte pluie et un brouillard si épais, que nous ne nous voyions pas les uns les autres; nous fûmes forcés de régagner les maisons. La pluie dura trois heures; quand elle eut cessé, nous re-