‹ Recueil de pièces relatives à la conquête du MexiqueChapitre 14 sur 27 · OBSERVÉ PAB LE6 INDIENS · texte numérisé non relu

OBSERVÉ PAB LE6 INDIENS

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ÛOMMDMIUX.

On saura qu'il y avait trois espèces de terres dans les Indes : les unes se nommaient Xococlalij qui veut dire terres de la guerre; d'autres clatocacali , ou terre de la seigneurie , et les dernières , calpulali, ou terres particulières au village ou à l'arrondissement ( barm )• Les ierres de la guerre n'apparte-

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fiaient à personne , et personne n'en héritait* Quant à celles de la seigneurie , il ne s'élève aucune diflSculté , car le seigneur les ddn« nait et le retirait comme bon lui semblait, et il les partageait entre ses fils et sesr parents. Relativement aux terres tle la troisiéme classe , et que Ton nommait calpulali , on suivait des règles particulières : c'étaient comme nous l'avons déjà dit, dçs territoires qui faisaient partie des villages ou des arrondissements. D'ordinaire les fils en héritaient ^ et l'on ne les en dépouillait que pour les punir d'un délit. Ce n'est pas qu'ils eussent ces terres en propre ; car, comme les seigneurs exerçaient un pouvoir tyrannique, ils disposaient des terrains et des vassaux suivant leur bon plaisir. Les Indiens n'étaient donc, proprement dit , ni propriétaires ni maîtres de ces villages ; ils n'étaient que les laboureurs ou les àmodiàteurs des seigneurs terriers ( solariegos) , de telle façon que Ton pourrait dire que tout le territoire,

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soit 4es plaîqos, mi des montagnes, àépenr

dait 4u cfiprice des seigqeurs et qu'il leur appartenait , puisqu'ils y exereai^nt un pouvoir tyrannique , et que les lodiens vivaient au jour le jour ; les seigneurs partageant entré eux tous leurs produits.

Quant au mode adopté pour régler la juridiction et l'élection des alcades et des régidors di^ villages; ils nommaient des per* sonnes notal>les qui portaient le titre de whcçi' cauUtùk qui est un nom de charge, comme Test aujourd'hui celui d'alguazils. Les tribi»^ naux de ces officiers étaient établis dans la capitole. }ls devaient arrêter les délinquants ^ les conduire h la prison ou aux endroits de punition destinés aux mace^ales et aux gens du peuple. Lorsque les nobles se rendaient coupables d'u^ délit, on les gardait chez eux en charte privée , et on les jugeait dans leur maison^ 11 n'y avait pas d'autres élections d'officiers* Pour ce qui avait rapport à la guerre

et au gouvernement, le souverain choisissait 10. i5

les nobles les plus distingues et les plus ex^ périmentés ; c'était toujours lui qui nommait Talguazil major : cet o£Bcier choisissait les al* guazils inférieurs ; de sorte que l'on peut dire que les offices se donnaient par nomination, et qu'on les ôtait suivant la volonté des seigneurs qui possédaient tout.

Les châtiments quils infligeaient étaient pour la.plupart la mort où l'esclavage; ils punissaient sans pitié l'adultère, le crime de haute trahison, l'homicide et l'espionnage. Ils avaient diflPérentes sortes de mort : les genà du peuple étaient pendus après avoir été exposés un certain temps au pilori ; ils étaient ensuite mis à mort en public. D'ordinaire les nobles étaient exécutés chez eux : certains coupables avaient la tète tranchée; on l'écrasait à d'autres. Ils appliquaient aux grands crimes les punitions les plus sévères. Les conspirateurs contre le prince étaient coupés en morceaux, en commençant par les doigts, phalange par phalange; puis on coupait les mains, les

piedsy les poignets, les coudes, et ainsi de suite. On en faisait de même à.celui qui s'était rendu coupable d'adultère avec la femme du souverain ; on rasait leur maison comme on le voit aujourd'hui à Tezcuco. L'avant-dernier souve* rain de cette ville, qui mourut quatre ans avant l'arrivée des Espagnols, fit mettre à mort dans un seul jour quatre cents princi^ paux nobles, hommes ou femmes, complices de l'adultère dont la reine s'était rendue coupable. Elle était fille du souverain de Mexico, nommé Avicotzin , prédécesseur de Montenzuma. Toutes les maisons de ces gens furent rasées, et les Mexicains vinrent pour mettre à mort cette princesse. Il y avait au nombre des condamnés des gens de haute distinction, dont les maisons et les enclos sont aujourd'hui abattus. Tous leurs biens et leurs vassaux furent confisqués au profit du souverain. Il avait seul le droit de condamner à mort; les autres officiers et les alguazils n'infligeaient que des peines moindres. Ces achcacaulitis ,

c'est ainsi qu'on les nommait, remplissaient les fonctions d'alcade. Pour le moindre petit Tol, c'est-à-dire pour avoir dérobé seulen^ent du mais, ils condamnaient à la potenœ; aussi n'avait-on aucune crainte de voleurs di^ns toute l'étendue du pays découvert. Las trésors des souverains n'étaient pas même fermés à clefs ; çn plaçait seulement des gens pour les garder. ILn'y avait point d'autres officiers de justice que eeux que nous venons de nom-*mer; les emplois du gouvernement étaient r^Iés difiFéremment

Des conseillers étaient chargés des a£birei( d'état; c'étaient pour la plupart dèâ gens de distinction et des tecucUs ou chevalierjs comme nous les appelcms. On dheisissait toujours des personne âgées, pour lesquelles te souvenain avait beaucoup de vénération et de respect^ et qu'il honomit comme ses pères. Il leur commuAiqtiaît les affaires difficiles bt impiH^ tantes. Oes conseillers nommaient éux-nBèmes le souverain. Pour les affaires moins sérieuses.

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et qui rëgurdaient radministrttîon courante dé l'ëtât, il existait dés rëgidors majora appelés éalpùcqMs , chargea des affairés de finance dàn^ les arrotidisëements dont ils étaient cal* ]pixques« Lé mot Veut dire dans notre langue , gàrdiéU ii'unë chose que l*on a confiée à leur charge, répond à celle de nos majordomes.

Cèé gens avaient dans chaque quartier et sous leurs ordres des régidors inférieurs nommés mûtuitte panpixques , ce qui veut dire centurion , parce qu'ils avaient autorité sur cent hommes ou cent familles, qui leur obéissaient et se rendaient k leurs ordres quand ils les fai- ^ient appeler. Ces centurions avaient au-<lessoMB d'eux cinq régldôrs ihférièUrs nommés çerttés panpixques y ce qui signifie officier qui éOinitaande à Vingt hommes; en effet, chacun était chargé de vingt familles. Decette manière, lorsqu'on avait besoin d'exécuter quelque travail public ou quelque chose qui concernait Tétat ou lé ierviée du prince, les ordres se

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transmettaient des supérieurs aux inférieur» , des gouverneurs ou conseillera, aux calpixques qui étaient les régidors majors , de ceux-ci aux centurions , des centurions aux officiers de vingt hommes, et de cette manière on rassemblait tout le peuple s'il était nécessaire; cet • usage existe encore aujourd'hui. Les souverains nommaient les majordomes ou. régidors majors; et ces derniers les régidors inférieurs. Cette administration était si bien organisée « qu'en une heure on rassemblait tout un village. Il existait dans leur gouvernement beaucoup d'autres charges auxquelles le souverain nommait; mais elles étaient moins importantes ; enfin, pour le dire en peu de mots, tous, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, étaient les serviteurs du souverain. Il employait dans l'administration de sa maison et dans son palais les seigneurs de la province qui de leur côté se faisaient servir par des seigneurs moins puissants et par les tecucUs^

pu MEXIQUE, a'il

Çe3. derniers étaient servis par d'autres seigneurs et par des jeunes gens qui remplissaient des emplois, et tous obéissaient au souverain qui avait une autorité universelle; lui seul exerçait la juridiction. Ghaque province conquise était soumise à un travail dans la capitale et dans le palais du souverain. Il y avait jusqu'à des charbon-

niers : c'étaient des habitants de TuUanicinco qui étaient chargés d'aller faire le charbon

dans la capitale ou d'en apporter. D'autres

Indiens devaient entretenir les bâtiments :

les uns soignaient les bains, les autres les

maisons de plaisance; certains fournissaient le poisson, d'autres des fruits, des étoffes, du coton , enfin ce que produisait chaque pays , et tous étaient obligés d'acquitter les tributs depuis le plus grand seigneur jusqu'au plus pauvre laboureur; car tous se reconnaissaient sujets et vassaux, et si l'on admet un gouvernement tyrannique, il est cer-

tain que leur république était bien adininisr trée (i).

SIMANGAS.

(i) Cette pièce et les deux stuyantes proTiennent de la collecticm des mànnscritit d'Ugnina. PHrés d'antorités suffisantes, nous ayons conseryé Torthographe des noms propres tout irrégolière qu'elle est.

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