DES CEREMONIES
QBSWT^ES iirrilBFOIS PAR LIS IimUffS LORSQUllLS FAISAIENT
UN TiiGl£.
CELtji que Ton nommait tecle , devait d'abord })Oâsëder de grands biens, qu'il pût donner au* prêtres et aux autres nobles. X^r ce moyen , quand bien même il n'eût pas ëtë noble de race, mais simplement marchand , on le faisait tecîe : tel était du moibs l'usage à Cholula. A Mexico , à Tlascala , celui qui n'était pas d'une origine noble avérée, ne
pouvait être tecle ; mais cette règle finit par. tomber en désuétude, et Tusage contraire, prévalut.
Comme il serait trop long de raconter toutes les cérémonies que l'on pratiquait dans les diverses provinces , nous ne parlerons que des principales en usage presque partout.
D'abord, les parents de l'aspirant tecle se concertaient avec les prêtres et les tlama pazes de la maison du diable (i), et ils arrêtaient avec eux le jour où le néophite se présenterait au temple. Les anciens tecles allaient le chercher , le conduisaient au grand teipple de Tetezcatepuca et de Ca^UÉ^xtle. Les prêtres çies cinq tempks s'y. réunissaient; c'é- .taient ceux de Camaxtle , Tezcatepucla , Topantecûtle , Amoxhutle et Chipe. Ils apportaient les manteaux avec lesquels ces cinq diables étaient habillés. Le tecle futur , ac-
(i) Cest*à>dire du temple, en langage de moine.
compagne des anciens tecles , se rendait dans la cour du temple. Il se plaçait devant un grand brasier que Ton y avait allumé ; il saluait Xautecle, qui était le dieu du feu , et lui offrait du copal. Les prêtres qui s'étaient réunis prés de là venaient ensuite , et chacun le couvrait des manteaux de l'idole qu'ils avaient apportés. On avait commeqcé par le dépouiller entièrement avant de le cquvrir de ces manteaux. Aussitôt qu'il était ainsi habillé , ils jouaient de leurs trompes et de leurs trompettes ; ils approchaient des marches du Qu (temple). Deux nobles choisis pour cela, se plaçaient devant le néophite : on les nommait Aude coatepuyute. Chacun d'eux tenait un os eQSlé en poiçon , l'un d'aigle et l'autre de tigre. On lui perçait la narine droite avec le poinçon dos d'aigle, et la gauche avec celui de tigre. Ils sacrifiaient une caille dont ils coupaient la tète; puis ils offraient le copal, et le reconduisaient dans la salle des prêtres qui étaient dans la cour. L'on celé-
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brait (ensuite Un fèâtiii gébéràl , et réëfliNtnt passait qiiatrfe jôiirs en prières , eh jéûtte^ et sans dormir, api^èé ({iloi il laie rendait à Un petit autel cokislrUit aU lUilieu de là eôUr. tJn br*asier y était allumé ; oti f brûlait des parfums , et on offrait du isaiig At Éts oreilles. Oh enduisait de ce sang qUâtré épineâ de maguey (Jue Ton plantait dèvattt Tidolc, et l'on faiâaii d^kulrés saerifltes de cailles. Pendant tout ce teihps le néophite restait entre deux hobles. QUaUd ces quatre jours étaient passés, oh lui noirciissait tout lé corps et le visage , et on lui fai^it de petite habits trèscôUrts et des amefàs de papier. Oà lui donnait deUJc noms , Tutt était celui de motecuçauqué y et l'autre hoir/tfoe, qui veut dire hbmmë qUi jeûne et figure dé cû/coatle. Après l'avoir ainsi habillé et hôirci , ôti l'émtiienàit àU feôh des trompes et des trompettes ; on îé faisait passer devaht Phôtel du Qu , et tous lé suivaient en procession. On brùiait des parfums, puis oh le recohdui-
sait chez lui* Le nouveau t^cle donnait un grand festin à tous ceux qui avaient pris part à }a cérémonie : il leur distribuait beaucoup de manteaux^ d'omemonts en plumfis, ^t tout ce qu'il possédait; on le laissait 9^ii| chez lui* On lui prescrivait le jçûne quotidien c^u.pain et fi l'eau , jusqu'à ce qu'il ait rassemblé
lin plus gran4 nombre d'étoffes et de richesses pour être djistribuées et pour donner des fétQ«. Tant qu'it ne se les était pas procurées ou qu'il ne les avait pas volées ou extorquées à ses mazeguales^ il ne devait pas cesser de jeûr ner. Un grand nombre ne pouvait pas se pço^ curer en si peu de téiips la quantité suffisiu>t0; BiovA il fallait qu'ils observassent le jepne an an entier sans exemption; Aussitôt qu'il i^yait réuni là quantité suffisante pour être distribuée aux^ prétres^ et pour donner les féte&^ il le leur fkisait savoir ainsi qu'aux tecles.
Les prêtres prescrivaient un nouveau jeun^ de trente jours, au iiéo{)hît6 qui donnait un grand festin et y assistait, «fin de pr)endre dps
forces pour les trente jours de jeûne. Pendant ce temps d'abstinence, il devait allumer le nouveau feu que Ton i^etirait d'un certain bois qui sert à cet usage, et prendre soin de ne pas le laisser éteindre. Tous ses parents, hommes et femmes, étaient obligés de jeûner avec lui. Quand les trentejôurs étaient écoulés, les prêtres le -faisaient prévenir de se préparer pour la fête qui devait avoir lieu cinq jours après. Cette époque étant arrivée, les tecles se réunissaient chez lui avant la pointe du jour; les prêtres ornaient Camastel et Tescuteputla, qui étaient adorés dans ce temple; et, avant le lever du soleil, on portait l'idole au milieu d'une procession nombreuse au son des trompettes et des trompes, dans la ville habitée par celui qui devait se faire tecle, et on le plaçait dans le tebcal, s'il y en avait ; autrement on construisait un autel. Le novice arrivait, accompagné de tous ses parents, ses amis, ses ennemis, et tous les tecles. On se livrait à des danses nombreuses : ils adoraient l'idole qui
tV MEXIQUE. qSq
était venue les honorer; ils faisaient des offrandes et brûlaient des parfums. On célébrait ensuite de grands festins, après lesquels celui qui Voulait être tacle distribuait tout ce qu'il avait ramassé et tout ce qu'il avait volé à ses mazeguales. Le repas terminé on retournait au temple ; on prenait les manteaux qui couvraient le démon, et on le revêtissait d'autres manteaux apportés pour lui être offerts. Le néophite donnait ensuite de grands festins, distribuait des présents, et on l'habillait avec ces manteaux. Uareito (i) venait ensuite danser . Pendant tout ce temps, le nouveau tecle ne s'était jamais ni lavé ni peigné. Quand toutes ces farces étaient terminées, on le menait à une eau courante, suivi de ses ancêtres et des autres tecles. Aussitôt qu'ils étaient arrivés au bord de l'eau, ils adoraient le dieu qui y présidait; c'était une femme nommée ChachitU-lical ; on sacrifiait dans l'eau même du sang
(i) Ce mot de la langue de îles répond à Texpression mexicaine milote , qui signifie la danse sacrée.
4es oreilles et des cailles. Ils y jetaient les plus
belles émeraudes et culchuiles qu'ils avaient ,
des plumes, dçs manteaux et du eopal. Si
c'était daps yn fleuve, le courant entraînait
tous ces objets; et si dan» un rui^sfîau il^ y
pourrissaient, personne n'osait les en retirer,
attendu le respect qu'ils avaieqt pour Je^
dieux. Lesparent^duteclçfutyr 1^ $aisis$aient
et le jetaient quatre fois daq^ l'^Vf quand
méqie il aurait gelé; on Je frott^)^ çt op le
lavait^ pui? qn l'habillait tout en yieft^lie^ ^fl-
ciciiji? parents prenaient des yêteroents de la
mêiçe cpuleur; toiis le recop4w9*içpt en
triomphe au templç, où l'op faisait de riches
offrandes; et, a'il lui était resté quelque pfeoset
il donnait ençorç des festip^ et des ]|nan-
te^ux ^ux prêtre^ et à tout le mond^^ On VJhia-
billait av<Bc les vêteQs^fit^^ du ^ieu.. Çfiipi, pui?
on le cpnduis^lf chez lui au fljilie^ dfi. dan$!^§
et de réjouiss^nçies, Ujniç foi;^ arrivé ^n% $8^
maison, il perdait les noms qu'on lui avait
donnés j et prenait celui de tecle. Les parents
|Miuwv et ses mazeguales , malgré tout ce qu'ils lui avaient déjà donné, lui offraient de nouveau ce qui lesr restait, et cela, non-seulement par compassion pour lui , mais parce que le tecle le leur aurait pris si on ne le lui avait pas offert.