‹ Recueil de pièces relatives à la conquête du MexiqueChapitre 16 sur 27 · SERMENT · texte numérisé non relu

SERMENT

nanoMCi pilr lbs. natoreu de la HOtiyixxB-EsrAGiiE

QUAND on LES FAIT TSCLBS.

Très -HONORÉ sbigmevr,

Jb jure devant Dieu, sur cette croix et les saints Évangiles, sur lesquels je mets ma main, que je serai bon chrétien, et qu'autant qu'il le

a^a GONQuiln DU jiniQue»

sera ennipii pouvoir .et de toutes mes Émmm^ je pourj^ttivTi^i FfibolîtioEi des sacrifices et df ridolàtrie. Je jure pareilleniviiit d'être fid^e et loyal sujet de Tempereur don Carlos, roi d'Espagne, et du prince don Philippe nos maîtres, et que de toutes mes forces je tâcherai de travailler à leur bonheur et à écarter le mal de leur personne. Je ne prendrai part à aucune trahison ou insurrection contre sa majesté. Mais au contraire, aussitôt qu'il viendra à ma connaissance, par quelque moyen que ce soit, que l'on conspirecontre leur autorité, je le ferai savoir à la personne chargée, au nom de sa majesté, du gouvernement de ce pays. — Moi, au nom de sa majesté, je vous> fais teclesi j'ordonne que vos privilèges et vos honneurs vous soient conservés. Je vous autorise à porter sur vos n^nteaux et sur vos»

habillements les armes de sa majesté, et à les* placer dans votre maison, dans votre habitartion, et à les y conserver ^

lËTTRE

Dl

ÎIAMIREZ DE FUENLEAL,

feYKQVi DI SÂINT-DOMinCDB ,

SA muLnanà osAHxas ▼ (i).

Nouyelle-Espagiw , Mexico , 3 norerobre 153S.

Ïl faut conserver les charges de corrëgidors lelles qu'elles sont jusqu'à ce que Ton ait reçu d'autres nouvelles. C'est Dieu qui a inspiré d'afiranchir les Indiens et de les remettre sous les ordres de votre majesté. C'est aux na-

(0 Voyez la traduction que nous aronf donnée des Grnautëi horribles des conquëranU du Mexique , etc. Appendice, n* 3, p. 261. .

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turels à coloniser et à peupler le pays. Ils re^ connaissent combien il leur est avantageux d'être sous la protection de votre majesté , de ne pas dépendre des commanderiez , d'être affranchis des tyrannies et des homicides que

Ton exerçait sur eux. 11 sera bien d'attendre

ce que l'on doij: décider pour l'avenir à l'égard de ce pays , car chaque jour on recueille des informations, et l'on s'en procure encore de meilleures.

Il existe dans ces contrées un grand nombre de classes de contribuables; d'abord le marquis a composé un arrondissement ( repar//mento) de deux ou trois capitales; les Espagnols prélèvent les tributs dans chacune d'elles. On ne doit prendre en aucune considération ce mode de classification , qui n'a rapport qu'au tribut qu'ils payent à l'Espagnol, et à ses intérêts particuliers. Les Indiens sont restés divisés entre eux, aussi bien relativement à leurs limites particulières que pour leurs impots. La seconde espèce de di^

DUMfiXlQlTB. 345

vision portait du temps de Mutii^uma le nom de Calpis9azgo. Leur origine vient de ce, que dans chaque province ce souvej^ain plaçait un calpisque , qve nous nommerions majordome, et qui était chargé de percevoir tous lea tributs; il résidait dans la ville principale, çt les autres officiers versaient Les tributs entre ses maips; c'est seulemeot en cela qu'ils étaient soumis à la capitale, et même ces villes tributaires formaient des capitales à part, ayant leurs souverains particulier^^. Il existe uuje troisième espèce de division ; de cette sorte : un souverain possède une ville capitale où il réside , il en a d'auitres sous sa domination qui ont des chq^ qui lui sont soumis, lui doivent des prestations «t des tributs ; mais ces villes ont des'limitea distinctes de la capitale du souverain ; les . habitants font entre eux la répartition des impots , ils ont des officiers à eux , qui cepen4ant dépendent du souverain de la capitale. Voici quelle est la quatrième espèce de divi sion : la eitpitale , résidence du souve-

rain » a de» villes qui lui sont soumises, dont les limites et les impôts sont communs , et eette ville» ou capitale, a d'autres capitales qui ont elles-mêmes des villes'qui en dépendent,

et qui répartissent les tributs entre elles, et les vâies qui en dépendent ressortissent de là ville principale où réside le souverain , et elles portent le titre de capitales ; et les autres chefs-'lieux, ainsi que les villes qui leyr sont soumises , se nomment villes sujettes. Il existe une cinquième espèce de division ; c'est la suivante : Il y a cinquante ans environ, quelques, vittes soumises à' un souverain, ou à, une capitale , iarent prises par l€fe^ Mexicains qui se tes divisèrent , mais elles sont libres aujourd'hui. Plusieurs prétendent <|ue ces villes sont sujettes , puisqu'elles font été autrefois* Yoidi comment se compose la sixième espèce de division : La capitale possède dœ faubourgs ou des fermes plus ou moins éloignes ; ils sont disséminés et plus réunis dans certains en-« droits que dans d'autres » néanmoins ils font

DU MSXIQUB» ^4?

pftrtiede son territoire. Ik diviseDl les impôts en oGfnmun j et lorsque plusiettr3 fermes sont réunies elles payent en bloc. Ces contribuables ont un ehef et des commandants. Il parait qu'on peut les nommer sujets » ou du moins quils doivent Tétre , pu^ue les Espagnols teur ont donné ce nom de sujets; d'autres les nomment campagnes si^ettes y mais c-esè pouf frire croire qu'ils ne sont pas riches. Ckï donne aux yilles ou villages^, qui font partie de ces arrondissements ^ le nom. de campagnes , bien que ce soient des capitales : c'est ce que je^ viens d'appreiidre.

Quant à ce qui a rapport aux infipôts , aux contribuables , à la nature des objets qui ser- Ycnt à acquitter ces^ impôts , aux personiieb' qui en sont exemptes , voici ce que je viens d'apprendre : il existe parmi eux une espèce de chef à quî ifs donnent le nom de tacatecle ou tetuan. Mutizuma portait le nom de tactJ^ têcli tetuan jutlacal^ et c'est ainsi qu'ils nom-* ment votie majesté , cela veut dire seigneur ^

grand et $age. Ce ^uverain a au-dessus d^ l ui un chef que les Espagnols nomment gou^ vernciur , et que les naturels désignent sous le nom de tecuxcalcaUecU y il est chargé de l'administration de Fétat, dont il rend compte au seigneur ; il lui transmet les plaintes et les dispositions qu'il prend, il répartit les impôte, et donne les ordres pour la perception. D'autres officiers rendent justice^ et punissent les coupables après avoir pris l'avis du gouverneur. Un capitaine général, nommé iacatecal, dirige les affaires de la guerre , il a sous ses ordres des chefs de quartiers à qui doivent re courir les^habitants ; d'autres veillent aux tra- • vaux que Ton doit exécuter^ et commandent lesgpusquony emploie. Uno^Bcier^ nommé Guaumuchily remplit les fonctions d'alguazil major; ils ont des juges du marché (Jueces delmercado) qui connaissent de toutes les discussions qui s'élèvent eutre les acheteurs et les vendeurs dans les tianguez ou marchés, et qiU sont chaînés de percevoir les droits et les

DU MBXIQTO. 2^

impôts que doivent payer ceux qui y viennent vendre. Us ont parmi eux des officiers que nous afipe\ous principales (ichefs); il y en a deux dans chaque quartier qui portent aujourd'hui le nom de paroisses. Ces officiers réuinissent leurs paroisses ou quartiers pour ré* partir les tributs , ou pour exécuter les ordres que le gouverneur ou les autres officiers dont j'ai parlé leur truismettent. Ces derniers sont les plus respectés ; chacun d'eux à des gens qui le servent; tous sont exempts de tributs et de redevances, et au moyen de l'administra* tion des terres qui leur sont soumises, ils font peser ces tributs sur d'autres. Ils ont sous leura oMres des chefs inférieurs qu*ils commandent, qui leur obéissent , et que les Espagnols nomment rrmndùnes ; enfin il y à d'autres officiers appelés (^iç/of (vieillards), qui sont revêtus d'emplois particuliers.

Sont pareillement exempts de contributions et de prestations quelconques, dans plusieurs endroits, les peintres , que l'on nomme tlaçur

loeu; comme its inscrivent tout ce qui s'est passé et tout ce qui se passe , et comme ils savent peindre^ils prétendent qu'ils sontexempta de tributs. Sont aussi exemptés les chanteurs et les joueurs dlnstruments^parce qu'ils joui*^ sent d'une grande estime chez cespeupfes , alK tendu qu'ils chantent les événemente passés et présents, et les faits qui ae rattachent aux croyances des naturels. CeÊt par ces deux moyens, par les peintures et par les chants,, qu'ils conservent le souvenir de leur hi^doire et leurs rites. Ces artistes sanfe tr^s^-sayants dans ces matières , et fort estimés ^ ce qui &it qu'ils ne payent ni tribut nicapitation*

Les gens qui se signalaient à la guerre étaient affi^anchis d'impôts ; on les honorait par cer-' tains signes qu'il était défendu awi autres de porter; on ne faisait peser sur eux aucune

chaîne , et même ils étaient exempts de touteprestation personnelle ou réelle.

Les pauvres,, et tous ceux que les officiera dont je viens de parler exemptaient, ne

|ia3FeQt fM dl^impàts. Les jeunes gens , et les. * |;ouvtraeurs qui les instruiseot , ne coatri- ^Hient pas non plus. Aussitôt qu'un jeune JuHttme a dix ou douze ans^ il ne loge plus mt ne vk {dos avec ses parents ; il habite une juaison sëparife , et porte le nom diispiichiles ; il «fc soumis aux prestations personnelles, aans contribuer d'une autre manière.

Les contribuaUeS) tant en prestations personneUes qu'en tributs , se nomment maze-- 0uaks.l\s étaient et'sont encore si soumis, qu'on les tuait , et cm les vendait sans qu'ils se plaignissent, et ceux que le souverain mettait en esclavage restaient esclaves.

La contribution la plus ordinaire est de fournir dans chaque famille un lez de manteaux de cototi tous les quatre-vingts jours, dans certains endroits. Quatre lez font un manteau , ceux de Guernavaca , qui sont les IBeilleuVs du pays , valent quatre rëaux ; de sorte que, dans Téspace d'une année, le contribuable fournit un manteau en quatre

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payements de quatre-vingts en i^fttte-VingtS' jours, outre le service personnel, luette contribution se paye si régulièrement , que j'espère qu'en peu de temps Us pourront en fournir la valeur en or ou en argent. Pour st procurer les objets pour pa^r ce tribut, pour se pourvoir de vivres et de vétenents , ' les femmes vont vendre au tianguez , au mar-ché, et tirent un profit de ce qu'elles y débitent; d'autres apportent du bois, de l'eau, du charbon , se mettent en service ou font le commerce. Il y en a qui cultivent la terre ou des vergers 9 qui extraient le fil d'une plante nommée magueiz, que l'on cultive* Ilsont beaucoup de ressources pour vivre. Il y a un grand nombre de maçons , de charpentiers^, de sculpteurs et d'autres artisans^.

On trouve dans les villages fort peu de gens qui possèdent des terres en propre; à moin6 que ce ne soient des seigneurs ou dea desceB«dants de seigneurs , af^un mazegualeou contribuable n'en possède, ou du moms s'il y en

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^j ils ne doivent être qu'en trè&-petit nombre. Les terres sont en commun et se cultivent en commpn. Elles fournissaient à Tentretien des chefs , des temple, et à célébrer les fêtes. Aujourd'hui leur produit sert à payer votre majesté et les espagnols. Dans certains endroits, l0< seigneur a des terres qui font partie de son domaine ; les maz^uales les cultivent;. ^ elles appartiennent aux seigneurs à titre de seigneur et reviennent à son héritier. Il ^ est de même des autres nobles et. chefs , ils ont des terres patrimoùiales qu'ils font cultiver mais fort peu de malseguales en possèdent. Cependant dans quelques villages ces mazeguales ou contribuables sont propriétaires; ils ont leurs petites cases construites dans le voisinage; ils vivent de leurs récoltes et payent les tributs , d'autres louent des terres dont ils payent les revenus; leurs cases de briques crues, dans lesquelles ils habitent, sont bâties près des terrains qu'ils afferment.

.Mutizuma possédait dans la plupart des vil-

lages de ùette province, et surtout dans ceux qu'il avait CMMpiis, des fiefs qu'il distribuait à ceux que Ton nommait les braves de Mexico (^alientes homhrés de lliejèico);c^é^ taient des persoûnés qui s'étaient signalées à la guerre : elles retiraient de ces terres des revenus dont elles vivaient Coime cette • ville est située au milieu du lac, qu'elle est très-peuplée 9 et n'a qu'un territoire fort borné , il était nécessaire que les habitants eussent ces fiefs pour pouvoir subsister. Dë-^ puis l'arrivée des Espagnols , ces terrains sont retournés aux villages à* qui Mutizuma ka avait pris , et les naturels les cultivent pour payer les tributs que l'on divise» ainsi que je l'ai dit l^es souverains de Te^coco , de Ta-* cuba, qui étaient très^-puissants dans cette contrée , agissaient de même que MutiMma« Us partageaient entre eux et ce souverain le fruit de leurs conquêtes ; cependant les sou-*

verains de Mexico étaient les plus puissants, et ils eurent toujours une plus grande di£férence.

Comme ToTi a découvert un s^and nonriiire df winés d*or ou d'argent, tout le monde therche à avoir des eselaves; on les paye quarantepesos. 11 est bon d'empêcher qu'au*»

tun Indien ne soit réduit en esclavage , car ce sont eux qui doivent faire valoir le terri-» toire , ^ tant qu'il y en aura un grand nom**' bre les Espagnols ne manqueront de rien. Il serait bon d'envoyer un affineur pour épurer l'argent, car on a trouvé des mines fort ri^ ches et l'on fait des pertes considérables. Il existe pareillement beaucoup d'alun , de dro-* . gués et de naphte. Pour tirer parti de tout tsela il faudrait se procurer des personnes ha^ biles , leur donner des charges de corrégidor dans des endroits favorables ^ et surtout que ce soient des hommes mariés , car les çéIiba-> taires ne conviennent pas«

Tout le pays est en paix , et je ne sache pas que depuis le gouvernement de Nuno de Guzraan jusqu'à celui d'Alvarado, un seul Indien se soit soulevé. I)s connaissent parfai-^

^S6 coNiQuiTt

tement tout le bien que leur probure votre majesté , et ils Viennent se pkindre du iiiK>indre tort qu'on leur lait. Il n'y a pas dix jours qu'il est arrivé des chefs du Mechoacan avec les fils du Cazonci (i), ils ont tenu un discours si long et si bien raisonné , que votre majesté sera satisfaite d'en prendre connaissance, tel que l'interprète l'a traduit pour être envoyé à votre majesté : elle pourra en coiH^lure •quelles sont les bonnes dispositions de ce chef , etc.

Il y a toujours cinquante mille pesos d'or dans la caisse fermée à trois clefà. Il devrait y. avoir ici constamment un navire pour envoyer l'or quand le temps serait favorable :

les dépenses se compenseraient par les nolis.

J'ai p^i de santé , beaucoup d années et je suis prêtre , ce qui ne convient pas à un président d'audience ; enfin , je remplirai le de-

(f) Voyez Cruautés horribles des conquérants du Mexique I etc. f page 1 13 ( note )/

voir ^m m'a été imposé. Je prie votre majesté de m'accorder la permission d'aller baiser ses mains ou de fixer le temps que je dois l'ester ici.

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