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De la manière de préparer le cacao.
La semence appelée par les Indiens cacao ou amande de pille , se réduit en poudre et se mêle avec d'autres petites graines du pays.
(i) Petite pièce de cuiyre à Teffigie de saint Marc , qui représente environ deux centimes.
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On Jette cette poudre dans des vases terminés en pointe (con una punta), puis on y met de Feau et Ton mêle le tout avec une cuiller.
Quand cela a été fait avec soin on transvase le tout dans un autre vaisseau, de façon à produire une écume que Ion met à part dans un bassin préparé à cet effet. Lorsqu'on veut boire de cette écume , on la tourne avec des petites cuillers d'or, d'argent ou de bois et on la boit , mais il est nécessaire de bien ouvrir la bouche pour faciliter la déglutition , parce que , comme cette boisson est écumeuse, il faut qu'elle se dissolve peu à peu , et qu'elle descende petit à petit. C'est la nourriture la plus saine et ,1a plus substantielle dont les naturels fassent usage , soit comme aliment , soit comme boisson. En buvant une tasse de cette liqueur, on peut passer toute la journée sans prendre autre chose , quelque longue marche que l'on fasse ; étant froide de sa nature , elle est meilleure dans les temps chauds que lorsqu'il fait froid.
D*aae espèce de boisson que font les Indiens
Il existe dans ee pays une plante qui tient à la fois des arbres et des cardons ; les feuilles sont grosses comme le genou, et de la longueur du bras plus ou moins , suivant leur âge. Il sort du centre un jet qui s'élève deux ou trois fois aussi haut qu'un homme ; il est de la grosseur d'un enfant de six ou sept ans. Lorsqu'il est mûr, ce qui arrive toujours à la même époque , les Indiens en percent la base avec une vrille , et il en découle une liqueur qu'ils conservent dans des écorces d'un arbre particulier. Un jour ou deux après, ils en boivent avec excès et jusqu'à ce qu'ils tombent d'ivresse. Ils perdent la raison sans disconti-
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nuer de boire; c'est un honneur que d'en abuser et de s'enivrer. Cet arbre est de la plus grande utilité ; on en fait du vin , du vinaigre , du miel , un moût semblable à du suc de raisin cuit (sapa). Ils s'en servent pour faire les habillements des hommes et des femmes , les souliers , les cordes , les liens dont ils se servent pour leurs maisons, les couvertures de ces maisons, des aiguilles à coudre, des appareils pour les blessures et d'autres objets. Ils recueillent aussi les feuilles de cet arbre ou de ce cardon ; on en fait le même cas dans ce pays que de la vigne chez nous. Les naturels l'appellent maguées. Ils en font cuire la feuille dans des fours pratiqués sous terre , et qu'ils entourent de bois avec un art qui leur est particulier. Ils les font rôtir , enlèvent l'écorce et la nervure ; ils en fabriquent une boisson dont ils s'enivrent. Ils font avec une espèce de grain qui leur sert de nourriture une autre liqueur nommé chitcha ,il y en a de rouge et de blanche.
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Da gouTemement.
Ces "gens avaient un souverain dont l'autorité était semblable à celle de Fempereur ; ils avaient aussi des rois , des ducs , des comtes , des gouverneurs , des chevaliers , des écuyers et des militaires. Lès souverains plaçaient dans leurs états des gouverneurs et des administrateurs. Ces souverains sont si redoutés et si obéis que peu s'en faut Qu'ils ne soient adorés comme des dieux. Chez eux les lois étaient si sévères, que pour le moindre délit le coupable était mis à mort ou condamné à Fesclavage ; un assassinat ou un vol quelconque était puni avec la plus grande rigueur , surtout lorsque le voleur entrait dans les possessions
d'autrui pour prendre des fruits ou du grain: Il suffisait de pénétrer dans un champ et d'en enlever trois ou quatre épis pour que le délinquant fût condamné à devenir esclave de la personne volée. Si quelqu'un se rendait coupable de trahison ou d'un délit quelconque contre la personne de l'empereur ou du roi , il était mis à mort avec tous ses parents jus^ qu^à la quatrième génération.
xn.
De la religion, du culte et des temples.
Il existait pour leurs idoles des édifice^ ti^ès^ vastes et trés-béaujc , où les Indiens faisaient leurs prières , sacrifiaient des victimes et honoraient leurs fausses divinités. Certaines per-
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isonnes étaient destinées à cet office , tels que sont DOS évêques et nos chanoines. D'autres avaient soin du temple et y habitaient presque toujours. Il y avait dans ces édifices de grands logements fort beaux , destinés à la demeure de ces prêtres , et où étaient élevés les fils de grands seigneurs. Ceux-ci servaient les idoles jusqu'à ce qu'ils fussent en âge de se marier; jamais ils n'en sortaient avant cette époque. On laissait croître leurs cheveux que l'on coupait lorsqu'ils se mariaient. Ces temples avaient des rentes destinées au besoin des prêtres qui y étaient attachés. Les idoles qu'ils ado-^ raient étaient de la grandeur d'un homme et même davantage; elles étaient composées de Id réunion de toutes les plantes dont ils se nour-* rissent, ils les enduisaient de sang de cœur humain ; voilà de quelle matière leurs dieux étaient faits. Us étaient assis dans des espèces de fauteuils; d'un bras ils tenaient une rondache et de l'autre une épée. Ils étaient renfermés dans des édifices semblables à des tours telles
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que celle représentée par lafigure suiyaDte(i)i Ils élèvent une construction semblable à une tour carrée de cent cinquante pas et plus de long, et de cent quinze à cent vingt de laf ge ; la base de cet édifice est toute massive et élevée de deux fois la hauteur d'un homme. Sur trois côtés , ils conservent un espace de deux pas de large où l'on puisse marcher; sur le quatrième côté , qui est dans la longueur, ils appliquent un escalier et ils continuent à élever l'édifice de cette manière , à hauteur de cent vingt et cent trente marches; au sommet est une petite terrasse de grandeur moyenne, au centre de laquelle s'élèvent deux autres tours hautes dix ou douze fois autant qu'un homme ; des fenêtres sont pratiquées au sommet.
C'est dans ces tours élevées qu'ils conservent leurs idoles avec beaucoup de soin et de luxe; Le sanctuaire dans lequel sont ces fausses divinités est aussi très-orné; le grand-prêtre
(i) Nous avons cru qu'il était inutile de reproduire cette figure , ces monuments étant trés^onnus aujourd'hui.
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avait seul le droit de pénétrer dans l'endroit où était conservé leur dieu principal. Chaque province avait une divinité que Ton regardait
comme supérieure. Ainsi ^ le dieu suprême de la grande ville de Mexico se nommait Horchi-louosi dans une autre ville Chueniiila ; dans ime autre , Quecadquaal , et ainsi de suite.
Chaque fois qu'ils célébraient des fêtes, en rhonneur de leurs dieux ^ ils sacrifiaient un grand nombre d'hommes , de femmes , de garçons et de filles; ils pratiquaient aussi cet usage lorsqu'ik avaient besoin de pluie, quand ils désiraient qu'elle cessât , lorsqu'ils étaient attaqués par leurs ennemis, ou dans toute autre circonstance difficile.
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Dei saonficet.
Les Indiens s'emparent de la personne de celui qu'ils doivent sacrifier ; ils le conduisent dans les rues et sur les places, après Favoir pare de vêtenaents de luxe, célèbrent des fêtes et donnent des témoignages de joie. Chaciin lui fait part des besoins qu'il éprouve en lui disant : « Puisque tu vas re* trouver mon dieu , fais^lui savoir ce dont j'ai besoin, afin qu'il y porte remède. » Les Indiens lui donnent de la nourriture ou tout autre présent. De cette manière, la victime recueille un.grand nombre d'objets, de même que chez nous, ceux qui portent dans les villages les têtes de loups. Tout cela devient la propriété des sacrificateurs ; on le porte au
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temple , puis on commence une grande fête et des danses auxquelles le captif prend part.
Un sacrificateur le dépouille et le conduit à un angle des escaliers de la tour où se trouve une idole en {^erre; il le fixe dos à dosa Fi^ dole, lui attache d'abord uneitaain, ensuite Tautre , puis un pied et puis Faufî'e. Après quoi on eommeitce autour de lui les danses et les chants » et on lui âiit part du message le plus importait qu'il a à reitiplir auprès des dieux. Âlwa arrive legracid sacrificateur; cet emploi est chea eux d'une grande importance ; il saisit une pierre aussi tranchante qu'un ra-v soir d'acier, mais longue comme un grand couteau » et, en moins de temps qu'on en mefr^ trait pour faire le signe de la croix, itlm en fi'appe la poitrine, l'ouvre, et en arrache le cœu? tout fumant, hd grand*-prétre pi^end ce cœur à l'instant et frotte avec le sang la bouche de leurs principales divinités, puis il en jette du coté du soleil, ou, si c'est de nuit, vers quelque étoile. Il frotte aussi la bouche
des autres idoles de pierre ou de bois , ain^i que lé haut de la porte où est Fidole princi-^ pà}e, puis il brûle ce cœur et en conserve la cendre comme une relique précieuse. Ils font la même chose du corps, mais la cendre est mise à part dans un autre vase ; quelquefois, on sacrifie la victime sans piréliminairé. Ils font rôtir le cœur , les os des jambes et dés bras, après les avoir enveloppés dans une grande quantité de papier ; on les gardé comme des reliques révérées; enfin, chaque province suit des règles particulières, tant pour la pratique des idolâtries que pour les sacrifices. Dans quelques endroits, on adore le soleil; dans d'autres, la lune, les étoiles, les serpents, les lions ou d'autres animaux fé^ roces de ce genre. Ils ont des représentations de ces objets dans leurs temples, soit sculptées, soit peintes. Dans certaines contrées, et particulièrement à Panuco, on adore le phallus ( il membro cheportano gli huominifra le gambé); ils le conservent dans des temples. Il est re-
présenté aussi sur la place avec des statues en ronde bosse qui figurent tputes les sprtes de plaisirs dont rhojmme peut jouir avec la fevime. On voit des figures humaines ayant les jambes élevées en Tair de différentes façons. Les homme!» de la province de Panuco sont très-adonnés au vice contre nature ; ils sont fort lâches y et si ivrognes, que lorsqu'ils sont fatigués de boire leur vin par la bouche, ils se couchent, élèvent les jambes en Tair, et s'en font introduire dans le fondement au moyen d'une canule , tant que. le corps peut en contenir. C'est un feit trèsr-reconnu que ces gens-là conjuraient le diable au moyen de figures qu'ils savaient dessiner. Le démon s'introduisait dans leurs idoles, s'entretenait avec eux, leur ordonnait de faire des sacrifices et de lui fournir des cœurs d'hommes, parce qu'il ne se nourrissait pas d'autre chose. Voilà pourquoi les sacrifices humains étaient si fréquents chez cette nation. Ils donnaient donc à l'esprit in-
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feraal les cœurs et le sang des victimes, et ils obéissaient continuellement k ses ordres. De toutes les nations que Dieu a créées, ces gens- Ut scot les plus stricts observateurs de leur religion , à ce point qu^ils se laissent sacrifier de bon cœur, espérant ainsi sauver leur àme.
Us se tirent eux*mémes du sang de la langue , des oreilles, des cuisses et des bras pour foffrir à leurs dieux. Ils ont dans 4a campagne et sur les routes un grand nombre d'ermitages où les voyageurs vont vers^ leur sang et l'ofirir aux idoks; on en trouve sur les montagnes les plus élevées; ces lieux étaient très - révérés à cause de ces sacrifices de sang.
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Des villes. — Description de quelques-unes.
Il y a à la Nouvelle -Espagne de grandes villes : celle de Tascala ( Tlascala ) ressemble à Grenade sous quelques rapports, et sous d'autres à Ségovie , mais elle est plus peuplée; c'est le siège d'un gouvernement, administré par plusieurs seigneurs qui dépendent d'un souverain. Ce prince avait alors, et il a encore aujourd'hui sous ses ordres , un général en chef. Le pays est fort beau soit dans les plaines, soit dans les montagnes; il est populeux et l'on y récolte beaucoup de grains propres à faire du pain. A six lieues de là , on trouve une autre ville bâtie dans une plaine et très -belle, elle ressemble à Valladolid; j'y ai compté cent quatre-vingt-dix
GONQUETB
tours qui appartenaient soit à des temples , soit à des maisons de chefs : cette ville est aussi le siège d'un gouvernement qui est entre les mains de vingt-sept personnages de distinction , parmi lesquels est un vieillard fort respecté y âgé de plus de cent vingt ans ; on le portait en litièrcf. Le territoire y est très-beau ; il y a des sites charmants , un grand nombre d'arbres fruitiers, principalement des cerisiers et des pommiers ; on y récolte des graines pour faire du pain. A six lieues encore plus loin , est une autre ville nommée Huezucingo, elle est sur le penchant d'une montagne et ressemble à Burgos y c'est aussi un chef-lieu ^e gouvernement à la tête duquel sont des con- ^uls (consoli); le pays est fort beau, les plaines fertiles , les collines très-belles et fort productives.
Ou lac de Mexico.
La ville de Temixtitan Mexico est environnée de montagnes dans toutes les directions , excepté du levant au couchant. Ces montagnes sont extrêmement élevées vers le midi ; c'est là que se trouvent les monts de Vulcain ( le volcan ) Pocatepeque , il ressemble à un monceau de grain circulaire; sa hauteur est d'un peu plus de quatre lieues. Au sommet est un cratère d'un quart de lieu de tour; deux fois le jour, et même pendant la nuit y il en sort une fumée énorme qui s'élève dans l'air sans se dissiper, même par le plus grand vent , et qui continue de monter ainsi jusqu'à la première région des nuages; là elle se mêle avec les vapeurs et se disperse. Cette mou-
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tagne est à onze lieues de Mexico. Il en existe d'autres qui sont aussi considérables et presque de la hauteur de la première ; elles sont éloignées de sept, huit ou dix lieues de cette ville; et presque toutes couvertes de neige pendant la plus grande partie de l'année. Tout autour sont de fort belles maisons de campagne, et des villages bien habitée* Les autres oK)ntagnes ne sont pas au^i élevées , ce ne sont qu? des collines ; tantes ces hauteurs soiit «ouvertes de très^beaux bois reniplls de fiu^ , d'yeuses, de rouvres. Au pied est un lac 4'6aju douce de trente lieues de toui" et méns^ davantage ; la moitié de ce lac ., du côté des mcmtagnes d'où découlent les rivières qui le forment , est d'une eada douce exccdlente ; il coule avec rapidité vers le nord. Toute l'autire moitié du lac est salée.; on y trouve beaucoup d'endroits plaintes de roseaux, et de fort belles habitotioiis , comme piur eouemple à Cuetauaea ( Gtternavttca ) que Ton nomme ^aujourd'hui Venezuela; c'est une griainde et belle viUe.
DU MBXIQBE. 91
Il en existe une autre encore plus considérable nommé Mezquique, puis Culuacan,qui est à peu près de la même grandeur. Suchimilco est encore plus vaste que toutes les autres.
Cette dernière ville est un peu hors de Teau et plus près du bord que celles dont nous ve-< nons de parler; on y trouve un village nommé Huiehilusbusaco ; enfin , un autre nommé Messicaloingo qui est entre Feau douce «t Teau salée. Tous les autres endroits haJiitës sont dans Teaii douce ainsi que je Fai dit, et pres^ que tous au milieiu Le lac d'eau douce est long et étroit » celui d'eau salée est presque rond ; on trouve de petits poissons dans Feau douce et de plus petits eûccNre dans Feau ^alée.
g a CORQUÊTB
Description de Temixtitan Mexico,
Cette grande ville est bâtie dans la partie du lac dont l'eau est salée et presque au centre; le moins qu'elle soit éloignée de la terre-ferme est d'environ un quart de lieu. Elle peut avoir de deux lieues et demi à trois lieues de tour, la plupart des personnes qui l'ont vu lui donnent plus de soixante mille habitants. On y parvient par trois chaussées construites en pierre et en terre; elles ont trente pas de large et même davantage , une de ces chaussées traverse dans l'eau une longueur de plus de deux lieues; une autre a une lieue et demie, ces deux routes passent dans la ville et se réunissent au milieu , de sorte que l'on pourrait dire qu'elles n'en font qu'une. Une troi-
ou MEXIQUE. 9^
sième digue d'un quart de lieu environ va de la terre-ferme à Mexico ; un aqueduc ou ruisseau de trois quarts de lieue suit cette chaussée depuis la terre-ferme jusqu'à la ville; l'eau en est très-bonne , et le volume est égal à la grosseur du corps d'un homme.
Elle surgit au milieu de la ville , tous les habitants en boivent. Elle sort d'un rocher ou d'une colline sous la forme d'une grosse source, de là elle est conduite à Mexico.
xvn.
Des rues.
La ville de Témixtitan Mexico a un grand nombre de fort belles rues ; bien qu'elles ne soient pas larges , excepté deux ou trois des principales. Les autres étaient à moitié garnies d'une terre argileuse , battue , qui faisait l'effet
94 OONQIJÉTk.
d'un pavé en brique, l'autre moitié était remplie d'eau, les habitants peuvent circula sur la terre ouisîen sur Feau dans leurs barques, ou dans des eancrfâ qui sont&itsd'un arbre creusé. Il y en a d'assez grands pour que trois personnes -y soient à l'aise; les ha^ bitanis vont se promener en causant , les uns sur terre les autres sur l'eau. Il existe aui^si de grandes rues où il n'y a que de Feau , elles ne servent qu'à recevoir les barques et les
canots , suivant l'habitude du pays , car sans ces embarcations on ne pourrait circuler dans les rues ni sortir des maisons. Toutes les autres villes et villages qui , comme nous l'avons dit , sont dans le lac d'eau douce , sont construits comme Témixtitan.
DU MBXIQUE. ^5
xviir.
Des places et des marchés.
Il y a danseette ville des places très-grandes et de trèsrl>elles où l'on vend tous les objets dont les naturels ont besoin. La principale est celle que Ton nomme Tutelula : elle peut être trois fois aussi grande que celle de Salamanque. Elle est entourée de portiques, vingt à vingt^cinq mille personnes y vont journel* lement pour vendre ou acheter. Le jour du marché qui se tient tous les cinq jours , on y compte de quarante à cinquante mille personnes. Elle est disposée de façon que chaque marchandise a son endroit réservé. D'un coté sont placés les gens qui vendent For , auprès d'eux sont ceux qui font le commerce de pierreries montées en or sous la forme d'oiseaux
9^ COMQUiTE
et d'animaux ; d'un autre côté on débite les chapelets et les miroirs; d'un autre des plumes et des plumets de touteis couleurs pour' former des dessins sur les habillemets^ et pour porter à la guerre ou dans leurs fêtes. Plus loin on travaille des pierres pour faire des rasoirs et des épées^ c'est une chose merveilleuse! et t]ue l'on ne peut comprendre chez nous; ils en font des épées et des rondaches. On Vend dans d'autres endroits des éto£Pes et des habillements d'hommes de différentes espèces^ plus loin les habillements de femmes^ autre parties souliers. Un emplacement est réservé à la vente des cuirs préparés, de cerfs et d'autres animaux , autre part sont des corbeilles faites
avec des cheveux dont toutes les Indiennes
font usage. Le coton, le grain, dont ils se nourrissent, le pain de toutes sortes, les pâtisseries , les poules , les poulets , les œufs se débitent dans des endroits -séparés. Près de là on vend les lièvres, les lapins, les cerfs, les cailles , les oies et les canards ; autre part , le
YÎn de toutes espèces , les l^umes , le poivre , les racines , les plantes médicinales qui sont très-nombreuses dans ce pays. Les fruits de toutes sortes ) le bois de construction, la cbaux , les pierres ; enfin chaque objet a un endroit qui lui est destiné. Outre cette grande place il y a dans différents quartiers d'autres marchés où Ton achète aussi des aliments.