ESTREINES AUX DEUX FRÈRES
Quelque mine que tu face (1), Bien aussy fasché te voy, De mourir sans estre pape Que cestuy sans estre roy (2).
(1) Collection Rasse de Noeux, 1. 1, p. 17 .
(2) Ce sont toujours les mêmes calomnies. Nous y avons déjà répondu. — Le dernier vers est tout à la fois une allusion au projet que les protestants prêtaient au duc de Guise d'usurper la couronne de France, et à la campagne par lui faite en Italie en 1555. A la sollicitation du pape Paul IV, les Français avaient passé les monts pour aller repousser les Espagnols et conquérir encore une fois le royaume de Naples. Le duc de Guise, comme petit-fils de René d'Anjou, pouvait avoir quelques droits à la couronne des Deux-Sicies. Il fut arrêté dans sa marche par la nouvelle de la fatale bataille de Saint-Quentin. Il revint sans hésiter en France. Nommé lieutenant-général des armées françaises, il ramena la victoire sous nos drapeaux, et la gloire d'avoir chassé les Impériaux de Picardie et de Lorraine, et les troupes anglaises de Calais, le consola d'avoir perdu l'occasion de porter un sceptre.