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chancelier Olivier eu mourut de chagrin, et Michel de l'Hôpital lui succéda , L'Hôpital, «avant, sage et intègre magistrat, fait pour les temps de paisibles réformes, mais trop faible pour compriner les passions frémissantes autour de lui.
T,a Cour, peu confiaute dans la terreur imprimée par le châtiment des conspirateurs, courut chercher un asile dans Orléans. Les habitants suspects d'hérésie ou «de dévouement aux princes mécontents furent désarmé». Antoine de Bour. bon, après avoir fait des avances aux calvinistes, puis flotté quelque temps sans boussole entre les deux partis, finit par entendre de quel côté l'appelait la voix du devoir, et resta royaliste et catholique. Il n'en fut pas de même de son frère, M. de Gondé, prince inquiet, ambitieux, ennemi des Lorrains. Ses propos, ses proclamations le compromirent : il fut arrêté, malgré l'avis du duc de Guise ; et son procès s'instruisit.
Cependant le ministère, pour mettre un terme aux craintes du pays et s'appuyer sur la volonté de la nation, avait appelé les Etats Généraux. L'ordonnance de convocation était signée depuis deux jours, lorsque François II vint à mourir (5 Décembre 1560), pauvre enfant qui n'avait pas encore eu le cemps d'étudier le cœur des hommes et de deviner la cause des orages qui grondaient autour du trône.
Alors la face des affaires changea : le crédit des Guises se prit à baisser, celui des Bourbons à remonter. Le 13 Décembre, les Etats Généraux s'ouvrirent, et bientôt un arrêt d'absolution acquitta le prince de Condé; mais il ne profita de sa mise en liberté que pour se déclarer ouvertement le capitaine des malcontents, celui des calvinistes.
Les catholiques alarmés, et la Cour avec eux, revinrent alors vers MM. de Lorraine : une coalition se forma vers le mois de Mai 1561, et le pouvoir fut remis aux mains d'un triumvirat composé du vieux et loyal connétable Anne de Montmorency, du brave et fastueux maréchal de Saint- André, du duc de Guise, le héros des soldats, l'espoir des hommes religieux. Le roi de Navarre marchait avec eux. D'abord des tentatives furent faites pour empêcher l'explosion de la guerre civile, et l'édit de Saint-Germain (Juillet 1561), œuvre de l'archevêque de Reims, essaya de régler le libre
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exercice de la nouvelle religion. Le cardinal de Lorraine, encouragé par le favorable accueil fait à celte concession, confiant dans ses bonnes intentions, son savoir et son éloquence, crut pouvoir, par la persuasion, ramener les hérétiques dans le giron de l'Eglise. Il proposa les conférences connues sous le nom de Colloque de Poissy. Théodore de Béze et ses amis firent échouer sa patriotique et chrétienne entreprise. C'était le jeu des chefs protestants : le rétablissement de la concorde religieuse n'eût pas fait leur compte; ce qn'ils souhaitaient simplement, c'était la chute de MM. de Guise; aussi MM. de Chàtillon, c'est-à-dire Coligny et ses frères, profitèrenlils de l'occasion pour proclamer leur défection religieuse, en attendant mieux. Le roi de Navarre rentra dans le sentier de l'incertitude, renoua ses relations avec les calvinistes, et à sa requête , bien accueillie d'ailleurs, L'Hôpital fit rendre par la couronne l'édit de Janvier 1562 : il octroyait aux réformés l'exercice libre et public de leur culte».
Cette fois, le parti catholique, irrité des inutiles concession s faites aux protestants, provoqué par leurs actes d'agression^ ne voulut pas pour eux d'une tolérance, qu'ils n'avaient pour personue. 11 se plaignit à haute voix, et le parlement de Paris refusa d'abord d'enregistrer la nouvelle ordonnance, en disant: • N071 posiumus, non debemus. » Plus tard» cependant, il obéit. Mais ledit du roi n'avait pas donné le pouvoir à Condé, les honneurs à MM. de Châtillou : aussi l'agitation continua.
Alors advint un de ces événements fortuits, qui décident du sort des nations : nous voulons parler de ce que les protestants appelèrent le massacre de Vassy : lutte accidentelle entre quelques-uns de leurs coreligionnaires et les domestiques du duc de Gllise, lutte sanglante, il est vrai, mais exploitée, avec plus de violence que de patriotisme, par les malcontents.
D'abord et pour la forme, les calvinistes en armes, Condé .1 leur tète, portèrent leurs plaintes à la Cour ; en vain on essaya de les câliner: Ils crièrent sur tous les tons: « On
égorge nos frères ; » et l'occasion étant favorable, ils commencèrent la guerre civile, c'est-à-dire la guerre de MM. de Condé et de Chàtillon contre les triumvirs, contre les ministres de Charles IX.