‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 4 sur 72 · XX11J · texte numérisé non relu

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Le li Avril 1562, date fatale dans notre histoire, Louis de Bourbon, à la tête des insurgés, tira l'épée contre son roi légitime. Aidé de François de Chàtillon, sire d'Andelot, frère de l'amiral de Coligny, il s'empare d'Orléans et en fait son centre d'opération.

Rasse de Nœux, dont nous avons interrogé les recueils, l'accompagne comme chirurgien dans cette occasion, et devient ainsi témoin des faits dont il va recueillir les monuments littéraires.

Cette lutte fratricide, à laquelle la nation ne prenait point part active, n'avait pu s'organiser sans le secours de létranger. L'assistance des Anglais n'avait jamais fait défaut aux misères de la France, et il en fut cette fois comme il en avait toujours été, comme il en sera toujours. Aux termes d'un traité signé à Hamptoncourt, l'Angleterre donna aux insurgés de l'argent et 6,000 soldats. Suivant l'usage de cette obligeante nation, ses bons offices n'étaient pas entièrement désintéressés : en retour, on lui livrait la ville du Havre, et la tour de François Ie* frémit sur ses bases, quand à ses créneaux fut arboré le drapeau de nos ennemis éternels.

Ce n'est pas tout : Jacques Spifame, évèque de Nevers, devenu calviniste, sut négocier avec les protestants d'Allemagne un pacte d'alliance (1), et bientôt 7,000 reitres luthériens, armés de pied en cap, sont envoyés aux enfants de Calvin. Us entrent en Champagne le 7 Octobre 1562, traversent cette province, et, après avoir ravagé le Gatinais, se renferment dans Orléans.

D'un autre côté, le prince de Condé, avec des calvinistes, des catholiques ses partisans et un corps d'Anglais, s'établit dans Rouen : c'est là que les triumvirs vont les attaquer. Le 25 Octobre 1562, le >oi de Navarre, rattaché définiti-

(l) J. Spifame perdit bientôt son crédit parmi les calvinistes : il dut chercher un asile à Genève. Trois ans après, Théodore de bèze l'accusa d'entretenir des relations avec Catherine deMédicis, et, sous prétexte de trahison, il le fit décapiter le 25 Mars 1565. — Juste châtiment, mérité par quiconque trahit sa patrie.

vement à la cause royale, est atteint d'un coup de feu, dont il meurt !e 17 Novembre suivant. La ville est enlevée d'assaut, et , si l'on en croit Varillas , Guise arrête la fureur des soldats eu criant : « Sauvez les Français ! •>

Pendant que l'armée royale revient vers la Loire, le 15 Novembre, le concile de Trente, ouvert et fermé déjà plusieurs fois depuis dix-sept ans, reprend ses séances. On y voit comparaître l'élite des prêtres français : le cardinal de Lorraiue est à leur tête.

D'Andelot s'est jeté dans Orléans avec 2,600 chevaux et des bandes de lansquenets, et quelques jours après, les deux armées se rencontrent sous les murs de Dreux. De part et d'autre, aux hommes d'armes français se mêlent des mercenaires étrangers. Sous le drapeau de Condé se trouvaient des Allemands et des Suisses. Des Espagnols, des Piémontais, des enfants de l'IIelvétie étaient rangés sous la bannière des triumvirs. Dans l'un et l'autre camp, à ce qu'il parait» étaient des catholiques et des protestants : tant il est \rai que cette guerre n'était pas celle de la Réforme contre le Catholicisme, mais celle des gens qui convoitaient les sceaux de France contre ceux qui prétendaient les garder.

Au début de l'action, les calvinistes eurent le dessus ; quelques catholiques, plus forts des jambes que du cœur, s'enfuirent jusqu à Paris en criant : Bataille perdue ! 11 n'en était rien cependant: leduc de Guis , à la tète île sa cavalerie, sut exécuter à propos une charge qui changea 1 issue de la journée; et les calvinistes durent sonner la retraite.

Les deux partis avaient éprouvé des pertes xiieuses : Aone de Montmorency fut fait prisonnier, un second triumvir, lo maréchal de St-André, se rendit aussi ; mais il fut assassiné par un protestant. D'un autre coté, le prince de Condé fut contraint de remettre son épée an second fils du connétable.

Après la bataille, de notables modifications s'opérèrenj nécessairement à la bote des deui années. Condé fut remplace par Goligny, et les protestante n'y perdirent rien. Le duc de Guise, resté le ti.i des trois triumvirs, devint le n ni commandant «.Ks troupes i"\ i . elles n'en furent

que plus fortes. Mais l'unité du pouvoir réalisée de part et d'autre, peut-être à la grande joie de chaque parti, fut un malheur de plus. Elle personnifia la guerre civile Et ces deux grands hommes devinrent les objets exclusifs du dévouement de leurs partisans, de la haine de leurs ennemis.

Le duc de Guise de suite marcha sur Orléans, et le 6 Février 15G3, il mettait le siège devant la ville.

Ces combats n'avaient pu suffire aux fureurs de la guerre civile : elle promenait le feu, le pillage et la mort dans toute la France, surtout au centre et au midi. Le maréchal de Montluc, ce guerrier au rude cœur, à la tête de quelques compagnies catholiques, et le baron des Adrets, de sanglante mémoire, avec des Suisses luthériens et des soldats calvinistes, rivalisaient de courage, et au "besoin de sauvage énergie. La guerre qu'ils se faisaient avait un caractère de barbarie odieux : il fallait à tout prix y mettre fin. Un habile négociateur, le duc de Nemours, fut envoyé vers le baron des Adrets pour négocier son retour sous les drapeaux de la couronne. Dans diverses entrevues, qui d'ailleurs se terminèrent par un traité tel que la Cour le désirait, apparut pour la première fois un homme au nom alors obscur, bientôt trop fameux ; il va se charger de commettre un crime dont les conséquences, pendant trente ans, pèseront sur nos pères, dont le souvenir, pendant des siècles, souillera notre histoire

Jean Poltrot, sieur de Meré, ou de Merey (petit fief situé près d'Aubeterre), mince gentilhomme de l'Angoumois, faisait, dans cette circonstance, partie de la suite du baron des Adrets. Elevé comme page dans la maison de François Bouchard, comte d'Aubeterre, il avait d'abord fait le métier d'espion pendant la guerre de Picardie. Après avoir embrassé la religion calviniste, il prit part à la conjuration d'Amboise, et parvint à fuir la mort. Lorsque l'héritière du comté d Aubeterre épousa Jean Larchevèque , sieup de Soubise, il la suivit d^ns cette grande famille : c'était comme officier do M. de Soubise qu'il accompagnait M. des Adrets, tors de ses conférences avec M. de Nemours

On vint à parler de la mort du roi de Navarre tué devant

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