CONTENANT LA FORME ET MANIÈRE DE DIRE LA MESSE
Sur le chant : — Hari, hari, l'asne, etc.
L'on sonne une cloche Dix ou douze coups ; Le peuple s'approche, Se met à genoux :
Le prestre se vest.
Hari, hari, l'asne !
Le prestre se vest, Hari, bouriquet !
Du pain sur la nappe, Un calice d'or ; Il met, prend sa chappe, Dit : Con/lteor.
Le peuple se taist.
Hari, hari, l'asne !
Le peuple se taist, Mari, bournjuet !
Si tost qu'il achevé, Le peuple escoutant Sa parole esleve Et respond autant En plus haut caquet, Hari, hari, l'asne !
En plus haut caquet, Hari, bouriquet !
Après l'Introït Et quelque oraison, Dit la chaternite Kyrie, leyson Des fois plus de sept, Hari, hari, l'asne!
Des fois plus de sept, Hari, bouriquet !
Puis chante une épistre Par grand sainteté, Couvrant sous ce tiltre Saincte vérité :
Voilà le secret, Hari, hari, Fasne !
Voilà le secret, Hari, bouriquet !
Puis une légende En prose, en latin, De peur qu'on n'entende Tout son patelin Du sainct qu'il luy plaist, Hari, hari, l'asne !
Du sainct qu'il luy plaist, Hari, bouriquet !
Du sainct Evangile Il prend quelque endroit, Qu'il couppe et mutile, Gomme il est adroit De faire tel faict, Hari, hari, l'asne !
De faire tel faict, Hari, bouriquet !
Le Credo il chante :
En le prononçant, De croire il se vante Au Dieu tout puissant.
Mais rien il n'en fait, Hari, hari, l'asne !
Mais rien il n'en fait, Hari, bouriquet !
Assez le déclaire, Quand il vient exprès Sainct Mer etsaincte Claire Invoquer après, Laissant Dieu parfaict, Hari, hari, l'asne !
Laissant Dieu parfaict, Hari, bouriquet !
Un morceau de paste Il fait adorer, Le rompt de sa patte Pour le dévorer,
Le gourmand qu'il est, Hari, hari, l'asne !
Le gourmand qu'il est, Hari, bouriquet!
Le Dieu qu'il faict faire, La bouche le prend, Le cœur le digère, Le ventre le rend Au fond du retrait, Hari, hari, l'asne !
Au fond du retrait, Hari, bouriquet !
Puis chante et barbote Quelque chapelet, Puis souffle et puis rote Sus son goubelet (1), Puis à sec le met, Hari, hari, l'asne !
Puis à sec le met, Hari, bouriquet !
Le peuple regarde L'yvrongne pinter, Qui pourtant n'a garde De luy présenter A boire un seul traict, Hari, hari, l'asne !
A boire un seul trait, Hari, bouriquet !
(1) Le calice.
Quand Monsieur le presire A beu et mangé, Vous le verriez estre En un coing rangé, Gaillard et déhaict, Hari, hari, l'asne !
Gaillard et déhaict (1).
Hari, bouriquèt !
Achève et despouille Tous ses drapeaux blancs (2), En sa bourse fouille Et y met six blancs.
C'est de peur du froid, Hari, hari, Tasne !
C'est de peur du froid, Hari, bouriquèt (3) !
(1) Joyeux, à son aise.
(2) L'aube, le surplis. .
(3) Nous ne ferons pas de commentaire sur cette chanson ; nous ne voulons pas même la qualifier. — Elle fut publiée a Lyon, en 1562. L'édition originale, composée de quatre feuillets, est réduite à deux ou trois exemplaires. Elle a été réimprimée par M. L. de Lincy dans son recueil des Chants historiques français, deuxième partie, p20fi. — Aussi, le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français ne l'a pas oubliée.