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Rouen, comme d'un fait heureux pour les protestants. — ■ Ce n'est rien que cela, repartit Poltrot : il faut avoir le chien au grand collier. — De qui donc parlez-vous ? lui dit-on. — Du Guisard, du duc de Guise. — Puis, levant la main droite, il ajouta : — Voilà le bras qui fera le coup »
Poltrot était d'ailleurs un aventurier peu estimé, même dans son camp, un bavard inconsidéré, cependant brave, habile à jouer des armes à feu ; c'était un homme à tout risquer.
« Incapable de garder un secret, ainsi que le rapporte d'Aubigné, il disoit à qui vouloit i'oïr son dessein de tuer le Guisard, montrant des balles fondues exprès, et par là se rendoit ridicule. » Mais ce qui est plus grave, c'est qu'il répétait ses coupables propos devant les chefs du parti protestant, et personne n'essayait de le ramener à des idées plus chrétiennes.
Soubise, voyant dans Poltrot un homme d'action, l'envoya vers l'amiral de Coligny, pour quelques jours à Orléans. Celuici l'interrogea d'abord, accepta ses services, lui donna même de l'argent pour acheter un cheval, le laissa dans la place sous les ordres de d'Andelot, et partit pour aller réunir des troupes.
Comme nous l'avons dit, Guise avait mis le siège devant Orléans. Les calvinistes avaient jugé cette place imprenable; in umioins, au bout de quelques jours, ses faubourgs étaient enlevés d'assaut, et tout portait à croire que le corps de la place aurait la même destinée. Kien ne résistait à la valeur, au génie, à la fortune du duc de Guise. Lui seul pouvait écraser l'insurrection. Son arrêt de mort fut prononcé par les calvinistes, et Poltrot se chargea de l'exécuter-
Il sortit donc de la ville, gagna le camp des catholiques, et se lit présenter comme transfuge à François de Lorraine.
Après quelques questions, ce prince lui permit de rester sous
ISi drapeaux. Il ne pouvait supposer dans les autres une làeheté dont il était incapable : l'idée qui le dominait était le désir de mettre lin a la guerre civile, à defl misères qui ruinaient la France, et menaçaient de la livrer a l'étranger. Malgré ses premiers Mirées, et la certitude qu'il avait de se rendre maître d'Orléans par la force, il avait repris les