FUNÉRAILLES DU DUC DE GUISE
21 Mars 1563.
Qui veut ouïr chanson (1) ?
C'est du grand duc de Guise, Doub, don, doub, dons, don, don,
Don, don, don, Qu'est mort et enterré,
Qu'est mort et enterré (bis).
Aux quatr' coins de sa tombe, Doub, etc., Quatr' gentilshomm' y avoit,
Quatre gentilshomm' y avoit (bis), Dont l'un portoit le casque, Doub, etc., L'autre les pistolets,
(1) Instructions du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, AMri:ni:, 1853. — Cette chanson, peut être calquée sur une plus ancienne, est l'origineévidente de celle où l'on tourna plus tard en ridicule les funérailles de M. de Marlborou^. — Assassiner un ennemi, c'est commettre un crime ; mais insulter la juste douleur de sa femme, de ses jeunes enfants, c'est une odieuse lâcheté. — La femme était Anne d Este, comtesse de lîisors et dame de Montar^is. Elle ne se souvint que trop, et de la mort de son mari, et des chansons calvinistes. — Quant aux biaux enfans, l'aîné, Henry de ?,orraine, n'avait alors que douze
L'autre les pistolets (bis), Et l'autre son épée, Doub, etc., Qui tant d'hug'nots a tués,
Qui tant d'hug'nots a tués (bis).
Venoit le quatriesme, Doub, etc. : C'estoit le plus dolent,
C'estoit le plus dolent (bis).
Après venoient les pages, Doub, etc., Et les valets de pied,
Et les valets de pied (bis), Qui portoientde grands crêpes, Doub, etc. , Et des souliers cirés,
Et des souliers cirés (bis), Et de biaux bas d'estame, Doub, etc., Et des culott's de piau,
ans : on pouvait le railler impunément. Ce fut, onze ans plus tard, le vindicatif duc de Guise, l'homme de la Saint- Barthélémy. Ses frères furent Charles, duc de Mayenne • Louis, cardinal de Guise, archevêque de Reims ; Antoine, François et Maximilien, tous trois morts jeunes. Leur sœur Catherine fut la céièbre duchesse deMontpensier.
Le duc de Guise mourut le 24 Février. Le 20 Mars, on lui fit, dans l'église Notre-Dame de Paris, un service solennel, et le lendemain, ses restes furent conduits à Joinville, où ils furent inhumés. La cérémonie faite, ses parents et ses amis ne s'en furent pas précisément coucher ; ou, s'ils se couchèrent, ils eurent, onze ans après, un terrible réveil. En France, le ridicule et la calomnie tuent comme le poignard , et tôt ou tard malheur arrive à ceux qui s'en servent.
Et des culott's de piau (bis).
Après venoit la femme, Doub, etc., Et tous les biaux enfans,
Et tous les biaux enfans (bis).
La cérémonie faicte, Doub, etc., Chascun s'allit coucher,
Chacun s'allit coucher (bis) :
Les uns avec leurs femmes, Doub, etc., Et les autres tout seuls.