DE FRANÇOIS, DUC DE GUYSE
Alors que Mars faisoit luyre parmy la
[France (1) Les harnoys sur le dos, et hors de leurs four-
[reaux, Entre une mesme gent, flamboyer les cousue aux, Qui contre soy armoit Festrangère puissance (2),
(1) Collection d"e Rasse de Noeux, t. IV; 2e partie, p. 38. — La ville de Paris, pendant toute cette guerre, fut dévouée sans réserve à l'autorité royale et à ses ministres, MM. de Lorraine. De là les insultes et les menaces adressées aux Parisiens par les poètes protestants dans cette pièce et dans quelques autres.
(2Ï Cette guerre nétait pas nationale : elle avait pour point de départ clés jalousies de princes, des haines de Cour : de là la nécessité pour les deux partis d'appeler sous leurs drapeaux des troupes étrangères. Les calvinistes comptaient dans leurs rangs des Allemands et des Suisses. Les catholiques avaient sous leurs drapeaux des Suisses, des Piémoutais et des Espagnols. Les puissances étrangères aimaient mieux entretenir en France la discorde civile , que de nous faire la guerre : c'était un moyen d'affaiblir la France, sans danger pour elles. — Mais qu'on n'oublie pas que les protestants avaient livré le Havre de Grâce aux Anglais .
Commun peuple, aveuglé et remply d'ignorance, En ton cerveau brutal faisois jugement faux ; Car tu jugeois Condé estre auteur de ces
[maux (1), Et Guyse de ton bien estimois la deffense.
Ains voicy où paroist ores la vérité : Si tost que Guyse fut, pour sa témérité, Puny par un soldat, qui mort Va mis par terre ;
Lorsque Condé fut en ses estais remis, Desquels auparavant Guyse l'avoit demis, S'est convertie en paix ceste cruelle guerre (2),
(1) Le prince de Condé, depuis la bataille de Dreux, n'était plus le chef des calvinistes: après s'être servis de lui pour commencar la guerre civile avec plus d'autorité, ils avaient mis à leur tète l'amiral de Coligny.
(2) C'est toujours le même thème, et, nous le répéterons, la reine et M. de Guise n'avaient cessé de négocier la paix depuis la bataille de Dreux : les pièces publiées par Le Laboureur, à la suite des Mémoire» de Castki.nait, ne laissent aucun doute à cet égard. Mais cette paix, à laquelle les poètes calvinistes ont l'air d'attacher tant de prix, n'était pas le but de leur parti : ce qu'il lui fallait, celait la chute des Lorrains ; c'est pourquoi M. de Guise fut tué, non pas par un soldat, mais par un assassin ; et comme sa mort ne changea r»eu dans 11 possession des portefeuilles ministériels, la guerre civile recommença bientôt.