QUATRE TYRANS GAULOIS
Henry, François, Guise et Antoine (2) Ont mise la France en grand peine.
Guise, Antoine, Henry, François Ont fort travaillé les François.
François, Guise, Antoine, Henry Ont vu tout la France appauvry.
Henry, François, Antoine et Guise Ont tousjours tourmenté l'Eglise (3).
Mais tous quatre, pour leurs mefïaits, Par la mort ont été deffaits.
Henry, voulant voir la France ardre (4), Par les yeux sa vie on vit perdre.
(J) Mémoires de Castelwai', avec les additions de Le Laboureur, 1659, t. Il, p. 193.
(f) Henry IL — François H. — François de Lorraine, duc de (luise Antoine de Bourbon, roi de Navarre.
(3) C'est-à-dire l'Eglise calviniste.
(4) Henry II, dans le dernier tournoi donné au château des Toumelles , à Paris, reçut dans les yeux un coup de lance, dont il mourut le 10 Juillet 1660. Nous n'avons pu publier toutes les inv.cti\cs lancées contre ce prince, pendant sa Vie et après sa mort, par les protestants. C'était à
Puis François (oh ! quelle merveille ! ) Dieu le tua par une aureille (1).
Antoine, dissipant la Gaule, Mourut blessé en une espaulle ($|.
lui que MM. de Loi raine devaient leur élévation: ce fut sous son lègue que furent rendus les premiers édits centre le schisme qui tendait et qui réussit à décl în deux la
nation française : inde irœ. — Ce vers contient une allusion au supplice du feu que la législation api] il aux hérétiques.
(1) François II était d'une complexion oc t maladive : ne comprenant pas les intrigues qui s autour de lui, effrayé de la conjuration ù\ \ il s'écriait parfois : — « Quai-je fait à mon peu-) le . qu'il «i% veut tant de mal ?» — Il s'appuya sur la maison . e et dès lors fut en butte à la haine de leurs, ennemis. Les muses calvinistes ne 1'épargucrent pas. Il pé.'t ins, le 5 Décembre 1560, dès suites d'un abcès . Le Laboureur, dans ses additions aux Mémoire? au (1731), t. I, p. 622, rapporte quY
raine voulait que ce prince ait été le ses valets de. chambre, huguenot fa
que les protestants, coupables ou : oi-
gnèrent publiquement leur joie par es et des gravures injurieuses.
(2) Antoine de Bourbon, roi Te, prince b?ave,
mais d'un caractère inceri ; ceux
partis, et finit cependant pa e le t '-ôïe
qui convint à sa naissance: aussi les i-
taient-ils de renégat. Leurs pampl ose
ne le ménagent pas. Sous les murs .en, i int
à l'épaule d'un coup de moucqôet. Ses gaîl . u-
d on tes aggravèrent la blessuro et lui ce —
circonstance matérielle dont p: , . acte : elle fit le bonheur des calvinistes et leur inspira de nombreuses et fines plaisanteries.
Après Guise, leur boute feu(l), Tomba par jugement de Dieu.
Henry, au milieu du tournoys, A Paris rendit les aboys.
Antoine, les bons pourchassant, Devant Rouen mourut pissant.
François et Guise à Orléans, Guise dehors, François dedans.
Chacun deux sentirent la main De Dieu sur leur chef inhumain :
Car ils avoient fait entreprise De ruiner du tout l'Eglise.
Lors, contre humaine espérance, France recouvra délivrance, Et soudain en paix fut remise Du Fils de Dieu la pauvre Eglise.
Ainsi Dieu scait bien dissiper Ses ennemis et les frapper (2), En prenant des siens la defïence, Et les garde par sa puissance.
(1) Le duc de Guiso fut frappé par-derrière au-dessous de l'aisselle.
(£) Voilà comme on se tire d'affaire dans les causes dif riciles à défendre.