‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 7 sur 72 · XXX11J · texte numérisé non relu

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variations de Poltrot, et ne dissimule pas son antipathie contre le duc de Guise ; il reconnaît qu'il aurait employé pour le tuer tous les moyens permis par le droit des armes. — Cette déclaration signée par l'amiral portait la date du 5 Mai 1563.

Dès les premiers jours de l'interrogatoire, il avait prié la reine de faire suspendre la marche de la procédure, pour qu'on put le confronter avec son accusateur. La reine n'y voulut pas consentir, soit pour accélérer la satisfaction réclamée par la vindicte publique , soit dans la crainte d'augmenter le nombre des gens qu'on aurait dû punir. Si l'on en croit l'auteur de Ja Vie" de Coligny , son refus aurait eu pour base le désir d'être utile à l'amiral, que Poltrot n'aurait pas manqué d'accuser pour se sauver (1).

Vainement , comme le déclare Brantôme , on sut que Coligny avait une fois prévenu le duc de Guise qu'on conspirait contre lui ; vainement le mémoire de l'amiral fut répandu par toute la France ; vainement il opposait à ses accusateurs la loyauté de son caractère et sa vie tout entière; la Cour, Paris, les provinces ne furent jamais convaincus de son innocence. Sa franchise ne fit que lui nuire. Citons encore, sur ce point, quelques lignes de Pierre de Bourdeilles. — ( Il parle de l'assassinat du duc de Guise et des explications que donnait à ce sujet Coligny). — « Un mot aussy luy nuit fort, quand il disoit souvent : — « Je n'en suis point i'autheur nulle- » ment et ne l'y point fait faire ; et pour beaucoup ne » le voudrois avoir fait faire, mais je suis pourtant fort » aise de sa mort , car nous y avons perdu un très » dangereux ennemi de nostre religion. » — Plusieurs s'estonnoient comment lui qui estoit fort froid et modéré en paroles , il alla proférer celle là qui ne lui servoit à rien, et dont il s'en fut bien passé. »

« Pour fin , dit encore le chroniqueur , jamais ne se put il tant purger qu'il ne fut fort accusé et soupçonné : ce qui lui coula la vie par après, comme j'espère dire. »

Ci) Vie de Gaspard de Coligny. — Cologne, 1691,303.

Les imprudences littéraires des calvinistes, dont nous parlerons bientôt, aggravèrent celle de l'amiral ; leur jois était au comble ; elle éclatait dans leurs propos , dans les prêches , dans leurs chants, et des provocations de tous genres irritaient de mille manières les regrets des catholiques , exajtaient leur ressentiment et préparaient à la France de nouveaux malheurs.

La veuve, les frères de M. de Guise déposèrent officiellement leurs plaintes au pied du trône et réclamèrent le châtiment de tous les coupables. La reine les renvoya devant le parlement : puis le roi finit, pour étouffer cette affaire, par l'évoquer devant le conseil d'Etat, et les accusations de la famille de Lorraine furent ensevelies dans les cartons officiels. On crut bien faire : on se trompa. Si le procès eût été suivi, Théodore de Bèze, d'Aubeterre, d'autres, sans doute , auraient été condamnés ; mais l'amiral se fût justifié, mais on eût satisfait par une procédure complète et régulière à des plaintes soutenues par l'opinion publique , et l'on eût évité les terribles représailles d'Août 1572.

Le gouvernement se crut habile et heureux en obligeant les partis à se contenter d'explications. Un rapprochement momentané, gros de dissimulation et de ressentiment, fut obtenu, Puis, pour absorber les mauvaises passions , dans un élan de patriotisme , on conduisit catholiques et protestants sous le même drapeau, le drapeau des tleurs-delis, combattre les Anglais et les balayer du Havre.

La paix avait été signée sur les instances du duc de Guise et avant qu'il eût rendu le dernier soupir. L'édit, qui la déclarait, daté d'Amboise, fut enregistré au parlement de Paris, le -2") Mars ; mais il produisit l'effet des cendres jetées sur des charbons ardents. On ne voyait plus le feu , mais il couvait. La guerre à l'Anglais n'avait pu, ni d'un côté ni de l'autre, étouffer la colère et calmer la méfiance. Elles furent bientôt plus viv.iecs que jamais .

La Cour ne tarda pas à prévoir de nouveaux malheurs: Catherine de Médicis espéra reculer leur explosion, en

renonçant à la régence : elle fit proclamer la majorité de Charles IX ; mais ce ne fut qu'une cérémonie. La mère du roi gouverna sous son nom, et garda les mêmes ministres, et par suite. MM. de Condé et de Coligny, n'y gagnant rien, ne furent pas satisfaits.

L'inquiétude était générale, et partout de sourdes menées s'organisaient. Le gouvernement fut obligé de lever des troupes : les huguenots, dont les complots avaient provoqué ces mesures militaires, ne furent pas pris au dépourvu. La guerre civile recommença, la guerre des portefeuilles entre ceux qui les tenaient et ceux qui les convoitaient (1564- 1565).

On en revint au plan de la conjuration d'Amboise, et à Monceau en Brie, à la tête d'un corps de calvinistes, le prince de Condé tenta d'enlever aux Guises la personne du roi. C'était un moyen d'arriver au pouvoir. Ce nouvel attentat à l'autorité royale laissa dans l'esprit de Charles IX une impression, dont il ne se souvint que trop.

Le 10 Novembre 1565, se donna la bataille de Saint- Denys, et le dernier des triumvirs, le vieux connétable de Montmorency, atteint de huit blessures toutes mortelles, renversé par terre, fut tué d'un dernier coup que lui porta Robert Stuart, le meurtrier présumé du président Minard. Ainsi tombaient tour-à-tour sous le fer des protestants les trois hommes qui défendaient contre leurs attentats l'autel , le trône et l'unité nationale. Tous trois périssaient lâchement assassinés.

La nation était lasse de ces rivalités sanglantes ; aussi, vers Janvier 1566, les notables sont convoqués à Moulins : on les prend pour arbitres des différends qui divisent les Guise, les Montmorency, les Chàtillon. Là se trouvait la vraie, la seule difficulté. Pendant qu'on délibère, un nouvel assassinat, encore commis par les calvinistes, manque de faire échouer tous les efforts déjà tentés. D'Andelot, le frère de l'amiral, tour-à-tour privé et de nouvel investi du grade de colonel général de l'infanterie française, fait poignarder Jacques de Charry, capitaine des gardes du roi, qui refuse de prendre ses ordres. Néanmoins, les instances

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