ARCHEVÊQUE DE REIMS
De fer, de feu, de sang, Mars, Vulcan, Tisy-
[phone, Bastit, forgea, remplit l'ame, le cœur,. la main Du meurtrier, embraseur, du tyran inhumain, Qui tue, brusle, perd la françoise couronne.
D'un Scythe, d'un Cyclope et d'un fier Les-
[trygone La cruauté, l'ardeur et la sanglante faim Qui l'anime, l'eschauffe et conduit son dessein, Rien que fer, rien que feu, rien que sang ne
[résonne.
Puisse-t-il par le fer cruellement mourir, Ou par le feu du ciel horriblement périr, Et voir du sang des siens la lerre estre arrousée !
Et soit rouillé, estaint, et séch^ par la paix,
Le fer, le feu, le sang cruel, ardent, espais, Qui tue, ard et rougit la France dissipée (1).
(li La Légende du cardinal Ch. de Lorraine. — Reims, J. Martin, 1576, fol. 114. — Ce violent sonnet fut publié à l'occasion de la guerre civile de 1570. On accusait le cardinal de fomenter la division des partis, pour les ruiner les uns par les autres et perpétuer son pouvoir. — Ces vers ne furent imprimés à Reims que deux ans après la mort du cardinal, qui mourut le 26 Décembre 1574.