‹ Recueil de poésies diversesChapitre 21 sur 100 · XXVI LES ROBBE · texte numérisé non relu

XXVI LES ROBBE

« Le même archevêque, notait madame Du Hausset, fait une pension de douze cents livres au plus mauvais sujet de Paris : c'est un poète qui a fait des poèmes abominables ; la pension est donnée à condition que ses poèmes ne seront point imprimés, je tiens ce fait de M. de Marigny, à qui il les a récités un jour qu'il soupoit avec lui et quelques gens de la cour, pour leur débiter son horrible poème. Il fît sonner de l'or qui étoit dans sa poche ». — « C'est de mon bon archevêque, dit-il; je lui tiens parole : mon poème ne sera point imprimé pendant ma vie, mais je le lis... » Puis il se mit à rire. — « Que diroit ce bon prélat s'il savoit que j'eusse partagé mon quartier avec une charmante petite danseuse des Italiens ?» — « C'est donc l'archevêque qui m'entretient? m'a-t-elle dit, que cela est drôle ! » Le roi le sut et en fut scandalisé : « On est bien embarrassé pour faire bien, » dit-il (i).

A parler franc, Louis XV ne se scandalisait pas pour si peu et le souci de faire le bien l'importunait médiocrement.

Robbé ne songeait plus à se faire médecin. Des idées de se retirer en province vinrent, cependant, le hanter de nouveau, La crise janséniste était proche et son mariage avec Marie Fradelle sur le point de se conclure.

Cochin sentit le danger qu'il y avait pour l'artiste à aller s'exiler dans l'ennui et dans la solitude d'une

(i) Mémoires de Madame Dit Hausset, femme de chambre de Madame de Pompadour; édition Hippolyte Fournier, Paris, Librairie des Bibliophiles, 1891 ; in-12, p. 11 7-1 18.

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