INTRODUCTION XXXVII
Aignan Desfriches qui avait déjà fait les frais de Mon Odyssée, songeait à donner une édition des œuvres de son neveu. Cochin l'approuvait, non sans se montrer de bon conseil :
<< Le projet d'imprimer plusieurs de ses contes est très bon, mais comme vous dites, il faut bien les examiner auparavant. Je crois que je seroy du conseil des Réviseurs, nous lui sabrerons sans pitié tout ce qui frisera de près ou de loin l'impiété. Il y en a beaucoup où il n'y a que quelques vers à changer; ceux qui ne seront qu'un peu gros passeront à la foule.
« Le Parlement, comme vous dites, est à craindre mais il ne songe qu'à défendre une religion qu'il s'imagine apparemment avoir besoin de son concours. Je ne scay pas si cette opinion est fort juste, du moins ce n'étoit pas celle de Nicodème qui n'étoit pas si nicodème. Quoi qu'il en soit, nous tâcherons de mettre Robbé à l'abri de leur censure mais encore faut-il que son talent lui rapporte quelque chose. » (i)
La Sorbonne était, en effet, surtout à craindre. Les mœurs importaient beaucoup moins que la bulle Unigenitus et les deux amis savaient avec quel zèle Robbé avait pris parti contre elle.
Depuis 1722, à la porte d'Orléans, à Saint-Jeanle-Blanc, les Bourniquettes de Saint-Charles, de l'ordre de Sainte-Ursule, étaient en butte aux persécutions du haut clergé, coupables de ne s'être point soumises à la constitution Unigenitus et de
(1) P. Ratouis de Limay, op. cit., p. 63. Lettre du 30 septembre 1760.