‹ Recueil de poésies diversesChapitre 34 sur 100 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

poème sur la vérole, qui n'est pas encore imprimé, mais qu'il a lu et relu si souvent que tout Paris en est imbu. Depuis quelques années, ce poète, revenu des égarements de sa vie licencieuse, s'est jeté dans la dévotion ; mais, étant d'un caractère ardent, il s'est attaché au jansénisme, a donné dans les convulsions, comme le genre de secte le plus propre à alimenter son imagination exaltée jusqu'au fanatisme. Dans cette effervescence de zèle, il a voulu tourner au profit de la religion un talent trop profané jusque-là ; il a entrepris depuis plusieurs années un poëme en cinq chants sur cette matière auguste. Cet ouvrage passe pour achevé et doit s'imprimer bientôt. Un caustique a fait en conséquence l'épigramme suivante ;

« Tu croyais, ô divin Sauveur,

Avoir bu jusques à la lie

Le calice de la douleur :

Il manquait à ton infamie

D'avoir Robbé pour défenseur. » (i)

Palissot va même plus loin. Robbé ne se serait pas contenté, à son dire, de côtoyer la folie, mais aurait été, pour tout de bon, enfermé aux petites maisons, où l'une des formes de sa vésanie aurait été d'annoncer la venue proche du prophète Élie.

Palissot est seul à parler de cet accident. Aucun contemporain n'y fait allusion, et l'on ne trouve dans l'existence de Robbé aucun « trou » permet-

(i) Bachaumont, op, cit., p. 386, (22 décembre 1769).

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