‹ Recueil de poésies diversesChapitre 35 sur 100 · XLII LES ROBBE · texte numérisé non relu

XLII LES ROBBE

tant de croire à cet internement, si passager eût-il été.

Robbé, tel que le représente le pastel de Perronneau, conservé aujourd'hui au musée d'Orléans, était encore dans la force de l'âge : le front haut et les cheveux en désordre, la tête y émerge d'un habit bleu pâle d'une élégante simplicité. Le nez est fort, la bouche sensuelle, et le regard semble décocher l'épigramme.

Ce portrait avait été commencé dès 1752, et trois lettres du poète à Desfriches, auquel était destinée cette image de son neveu, font allusion au temps qu'il demeura sur le chevalet et aux longues et ennuyeuses séances de pose que le modèle dut fournir à l'artiste.

Ces lettres, appartenant à sa collection, ont été reproduites par M. Paul Ratouis de Limay dans son bel ouvrage sur Perronneau (i). Qu'il veuille bien, avec sa bonne grâce coutumière, nous permettre d'en citer quelques extraits.

La première est datée de 1757.

« Ah ! mon cher oncle, confesse Robbé, que c'est un cruel métier d'être mannequin. Ce diable de Peironneau exigea hier de ma complaisance que j'endossasse la casaque de soye de M. Cochin, qui, pendant ce tems-là, étoit aux noces de M"^ Jombert, dont, par parenthèse, je n'ay pas été prié. M. Jombert, jugeant apparamment qu'il y avoit assés de beaupères, il exigea, dis-je, en outre.

(i) J.-B. Perronneau (i-ji^-iy8y), sa vie et son œuvre, par Léandre Vaillat et Paul Ratouis de Limay. Ouvrage orné de 84 héliogravures. Paris, Frédéric Gittler, s. d., in-4, pp. 35-36.

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