‹ Recueil de poésies diversesChapitre 39 sur 100 · XLVI LES ROBBÉ · texte numérisé non relu

XLVI LES ROBBÉ

à votre neveu les postères en un état d'indécence qui vous feroit honte. »

Le portrait de Robbé figura, en effet, au salon de 1759, à côté de ceux de Vernet, de Cars et de Cochin.

Claude Jourdain, ou mieux dom Maur — il est plus connu sous ce nom — reproche à l'artiste, dans une de ses lettres à Desfriches, de n'avoir « sçu peindre l'âme, le feu et l'enthousiasme de ce poète célèbre ». (i)

Le jugement est sévère et le pastel de Perronneau semble mériter mieux.

Malgré mon serment de refuser sa carcasse à quiconque lui proposerait de la « manequiniser », Robbé devait cependant poser, quelques années plus tard, devant la selle du sculpteur Le Moyne, durant un de ses voyages à Paris.

« J'ai vu deux fois votre ami M. Le Moine depuis votre départ, écrivait-il en 1767 à Desfriches, mais je ne l'ai jamais rencontré qu'à son atelier de Saint- Louis, occupé à faire verser des larmes à la France (2)... Gerbier, qui est parti dimanche pour Aulnay, avoit été le matin chez Le Moine pour y voir réciter des vers à l'argile dont il m'a formé : malheureusement il n'y étoit pas. X*** (illisible) a été plus heureux : il est sorti enthousiaste de ce qu'il avoit vu (3). »

(i) P. Ratouis de Limay : op. cit., p. 117.

(2) La figure de la France appartenant au mausolée du cardinal Fleury, que Louis XV lui fit élever en l'église Saint-Louis du Louvre.

(3) Collection Ratouis de Limay : extrait emprunté aux archives du musée de peinture et de sculpture d'Orléans, communiqué par M. Jacques Soyer.

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