‹ Recueil de poésies diversesChapitre 43 sur 100 · INTRODUCTION LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LI

blirait. Il n'en fut rien, ou plutôt, elle fut rétablie pour être aussitôt retirée. Il se serait, a-t-on dit, vengé par cette épigramme que cite Bachaumont et Grimm :

Midas avait des mains qui changeaient tout en or ; Que notre contrôleur n'en a-t-il de pareilles ! Pour l'État épuisé ce serait un trésor '. Mais, hélas I de Midas il n'a que les oreilles.

Malheureusement, ces quatre vers ne semblent point être de Robbé et visent non l'abbé Terray, mais M. Maynon d'invault, son prédécesseur (i). Eussent-ils, d'ailleurs, satisfait sa mauvaise humeur

(l) Bachaumont est sur ce point on ne peut plus explicite :

« Un caustique comme il s'en trouve beaucoup à Paris, mécontent des opérations de M. le contrôleur générgi}, que beaucoup de gens accusent d'ineptie, a rapproché ee caractère avec la conformation physique de la tête de M. Maynon, et en a formé l'épîgramme suiv^ante : ... {op. cit., p. 379.

Une question de date écarte au surplus la personnalité de l'abbé Terray. Bachaumont insère cette épigramme à la date du 14 octobre 1769 et la disgrâce de M. Maynon ne date que du mois de décembre suivant. On la sentait, il est vrai venir, car, <(; le 5 même mois » (de décembre), le roi étant venu chasser dans le bois de Boulogne, « le Parisien toujours fécond en bons mots ou en mauvaises plaisanteries, avait fait celle-ci : Le Roi chasse aujourd'hui le daim : dans huit jours S. M. chassera le veau ».

(Hardy, op. cit., p. 167).

Pauvre M. Maynon, on s'en prenait maintenant au vocable géographique — le dictionnaire des postes et télégraphes cite les 972 habitants d'une commune d'invault, dans le Loiret — qu'il avait cru devoir joindre à son nom pour en rehausser l'éclat.

Les épigrammes de Robbé comportent généralement plus d'un quatrain, puis, celle-ci ne figure ni dans le recueil imprimé de Londres (Paris), ni dans le manuscrit de Blojs.

LU LES ROBBE

et sa rancune, qu'ils auraient peu rempli son escarcelle.

Après avoir mis en campagne l'archevêque de Lyon et la maison de Noailles, il s'adressa, comme il eût dû commencer, à la favorite, non sans avoir eu à apprendre à son dam l'importance d'un accent aigu à la fin d'un nom propre. — L'habitude de la correction des épreuves a du bon.

La première fois où il se présenta chez la comtesse, le laquais chargé de l'introduire négligea l'accent et annonça M. Robbe. La Dubarry crut à un fâcheux qu'elle se souciait peu de recevoir : Robbé fut éconduit et, sans autre forme de procès, dut reprendre le chemin de Paris.

Huit jours après, il obtenait une nouvelle audience, et, dans l'antichambre, avait soin de bien articuler son nom. La favorite était encore couchée. Elle le reçut au lit, le plus galamment du monde.

« ...A travers les détours d'un labyrinthe de corridors et d'escaliers, j'arrive à l'appartement de la comtesse. Je trouve encore au suisse un air renfrogné et difficultueux qui me faisait trembler pour les autres pièces que j'avais encore à traverser. Cependant quand j'eus articulé distinctement mon nam et pesé de toutes mes forces sur l'accent, je fus introduit dans la quatrième pièce. Le valet de chambre, qui se confondit en excuses devant moi, se précipita dans la cinquième pour m'annoncer. La comtesse était au lit ; sa belle-soeur, mademoiselle du Barri, vint elle-même me prier d'attendre un instant et me tint compagnie jusqu'au moment de l'introduction. J'entrai enfin ; la dame était encore au lit; à côté d'elle était une femme de

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