LVIII LES ROBBE
Encore un fruit de l'inconduite.
Le bon Desfriches, toujours attentif à soigner les intérêts et la gloire de son ami, songeait plus que jamais à publier ses œuvres.
Cochin ne s'illusionnait guère sur les passions que ne réveillerait pas le poème sur les Bourniquettes. Les philosophes préoccupaient alors plus le clergé que les prétendues propositions de Jansénius. L'artiste était loin d'être un dévot — nous sommes à la fin du xviir siècle — • et il voyait surtout dans ces criailleries la « marmite » de ces messieurs à protéger.
« Vous m'avez marqué que vous étiez dans l'intention de donner une édition des œuvres de Robe qui ne sont pas trop libres et qui ne peuvent pas trop le compromettre. Ainsi soit-il, mais cela fera un bien petit volume et ce ne sera pas ce qu'il aura fait de vraiment excellent; son Odissée, sa Satire et quelques autres petits morceaux pourroient bien ne pas lui procurer beaucoup de lecteurs et par conséquent peu d'acheteurs. Son poëme des « Vierges d'Orléans » pourroit avoir plus de succès mais on ne le permettra pas; j'en espérois quelque chose parce qu'il y a encore un assez grand nombre de jansénistes; cependant, comme il n'y a pas de jésuites pour les harceler, il s'ensuit qu'ils tombent un peu dans l'oubli ; ils s'endorment dans le repos qu'on leur laisse. Pour mettre en jeu l'esprit de parti, il faut qu'il y ait un autre parti et bien acharné. Le clergé n'est à présent occupé qu'à criailler contre les philosophes, parce que ce sistème plus raisonnable, s'il se répandoit beaucoup, renverseroit leur marmitte et cela est plus sérieux