‹ Recueil de poésies diversesChapitre 48 sur 100 · INTRODUCTION LIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LIX

pour eux que des questions théologiques inintelligibles (i) ».

Les € ouvrages sérieux » de Robbé, mon Dieu, qui intéresseraient-ils? Ses œuvres badines seules allaient au coeur du public. S'il avait écouté Cochin, il les aurait publiées depuis longtemps à l'étranger, à Lausanne, par exemple. Il eût été facile de les faire entrer en France sous le manteau, la librairie clandestine a, de tout temps, fait vivre son homme, et, leur succès une fois épuisé, eût-on songer à inquiéter l'auteur?

« Je conclus que, comme ce ne sont pas ses ouvrages sérieux que le public désire, il en retirera moins de gloire et peu de bénéfice. S'il eut eu le courage comme je le luy conseillay, il y a quinze ou vingt ans, de s'expatrier pour trois ans, de se retirer à Lausanne et d'y faire imprimer tous ses ouvrages, secouru alors par tous ses amis, il eut pu faire un bon coup ; et après la criaillerie passée, il fût revenu dans la suite tranquillement à Paris et l'on auroit pas songé à lui car il ne faut pas tant de temps pour faire oublier dans cette ville (perpétuellement agitée de nouveautés) les événements les plus importans (2) ».

Robbé avait enfin quitté Montargis et s'était rapproché de Paris, ayant obtenu, sans doute par

(i) Cochin, iS mal 17S2. — P. RaTOUÎS DE LiMAY, op. cit.,

(2) P. Ratouis de Limay, op. cit., p. 84.

LX LES ROBBE

la protection du duc d'Orléans, un logement dans les dépendances du château de Saint-Germain.

Il avait le toit assuré. Pour le manger, il ne cessait de crier misère et d'entretenir soigneusement le zèle de ses protecteurs. L'éducation de son fils lui avait coûté, disait-il, « les yeux de la tête »,

Marie Fradelle mourut à Saint-Germain le 5 août 1786. Comme Marie Leczinska, elle avait été toute sa vie une effacée.

Le veuf fit montre d'une convenable et vive affliction, — il devait bien cela à l'oncle Desfriches — , mais elle dura peu.

La succession réglée non sans peine avec son fils devenu grand garçon, qui tirait plus qu'il ne convenait la couverture à lui, il se fit une raison et ne tarda point à remplacer la défunte par sa cuisinière.

L'épousa-t-il?

Ses amis furent dans le doute, puis conclurent à la négative. Ils n'avaient probablement point été sans y contribuer. Le 22 janvier 1788, Trochereau de la Berlière écrivait à Aignan Desfriches :

« Il est difficile de répondre catégoriquement à vos questions, Robbé est-il marié ou ne l'est-il pas? C'est un problème que je ne puis résoudre. A en juger par les apparences, on pourrait penser qu'il le serait, par les attentions, les prévenances qu'il a pour sa gouvernante. Notre ami, avec ses talents sublimes, ses profondes connaissances, est un mixte qui échappe à l'examen ; tantôt dévot, tantôt libertin, tantôt enthousiaste, illuminé, il a toute la crédulité de l'enfance. Ami, prédicateur de la vertu, il semble excuser cependant la vie peu régulière de son fils et met en avant des prin-

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