‹ Recueil de poésies diversesChapitre 6 sur 100 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

jadis, à Vendôme : l'adolescent s'en serait pris, pour ses débuts, au gouverneur de la ville, M. de Rochambeau, et aurait même eu un duel avec lui.

M. de Vimeur de Rochambeau était un bien groâ personnage pour se mesurer sur le terrain avec un jouvenceau qui ne devait pas avoir atteint sa vingtième année! Il est plus loisible de supposer que Robbé quitta tout bonnement Vendôme, ses études chez les Oratoriens une fois terminées.

Quoi qu'il en soit, il rentra à Paris, où il ne tarda pas à se faire connaître par les poésies un peu osées et les contes assez polissons qu'il récitait dans les soupers. Il payait ainsi son écot.

Jeune, spirituel, bien fait de sa personne, si l'on se fie au pastel de Perronneau conservé au musée d'Orléans, Pierre-Fïonoré Robbé sut résoudre alors le délicat problème de mener une vie joyeuse et fertile en aventures, sans avoir à délier par trop, -— c'eût été souvent soin inutile, — les cordons de sa bourse.

Il joua un peu le rôle de poète parasite. Le xviii" siècle qui aimait l'esprit, et où la débauche se relevait volontiers d'une pointe d'ironie, se prêtait à merveille à cette existence légèrement «c en marge », que Robbé n'était pas seul à mener. Fort heureusement, l'homme éminemment moral dont nous avons subi longtemps la loi> ne sévissait pas encore. Non seulement le xviif siècle ignora ces vagues de pudeur qui reviennent périodiquement auxquelles nous devons la feuille de vigne, les pantalons tombant à mi-jambe dont M. Sosthène de La Rochefoucauld emprisonna les cuisses des danseuses de l'Opéra, l'éloquence de M* Albert Pinard,

Page 1